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Chapitre 1
Je regarde cette femme et mon cœur est en émoi de l'intérieur, je ne saurais dire quand est-ce qu'elle a su comment je me prénomme étant donné que Madame AKAKPO m'a toujours appelé, Toi, ou la blanche
Je respire un bon coup puis je lui serre la main, mieux je joue à l'amnésique devant elle, de tout évidence je lui ai laissé son fils chéri qui est papa d'un enfant qui doit avoir trois ans aujourd'hui
-Bonjour dis-je souriante je suis Leïla NDONG représentante de la diaspora touristique gabonaise pour une éventuelle collaboration avec le Togo dans les jours à venir avec ce pays, après les quinze jours de visite dans votre pays
Elle regarde ma main puis miraculeusement la sert dans la sienne et me renvoie mes salutations à nouveau
Elle m'invite à m'asseoir et me demande si je veux quelque chose, je réponds par un non de la tête, elle appelle la serveuse et commande une bouteille d'eau.
Au départ de cette dernière elle commence;
-Bien, je suis Madame Angeline AKAKPO j'ai gardé le nom de feu mon époux, et je suis la représentante de votre événement mais pour le Togo à cet effet nous allons donc devoir nous côtoyer pendant une quinzaine de jours afin de mettre en évidence comme vous l'avez mentionné tout à l'heure un éventuel contrat touristique Gabon-Togo
Étant une grande compatriote de mon État et une excellente cadre dans mon domaine, j'ai été sélectionnée pour être votre binôme afin de mieux gérer ce travail et de donner mon appréciation sur votre état des lieux qui seront visités à l'avenir, pendant ses quinze jours nous allons visiter des endroits togolais, qui s'ils vous conviennent je devrais les notifier selon vos expressions corporelles, c'est à dire le sourire, la joie dans les yeux, l'émerveillement à travers l'expression de votre corps et bien d'autres.
Elle prend une pause, prend une gorgée d'eau et reprend
-Je serai avec vous partout pour tout et en tout, sauf quand vous serez en parfaite intimité, chacune aura sa chambre sauf cas exceptionnel dans les endroits où l'on devra cohabiter dans la même chambre mais sans plus, jusqu'à ce que les quinze jours s'achèvent et que vous rentriez chez vous en attendant mon rapport et la suite des évènements qui selon ma bonne volonté se feront ce quinzième jour et je peux vous assurer que le quinzième jour tout sera dans les normes, elle dit cette phrase en me regardant droit dans les yeux comme pour me transmettre un message.
Je fais fie, de cette expression et me concentre pour le reste de l'entrevue
À la fin chacune se lève, on se salue à nouveau, je vais vers la sortie quand j'entends
-Leila!!!!
Je me retourne, Madame AKAKPO me fixe, j'en fais de même puis je lui réponds d'un ton neutre
-c'est Mademoiselle NDONG
Elle me regarde à nouveau, sourit puis s'en va
Argh cette femme, et dire que je devrais la supporter pendant quinze jours, que Dieu me vienne en aide
Dans ma suite, je fais un planning sur un travail pour un projet puis mes pensées se tournent vers le restaurant, en dehors de son arrogance et sa méchanceté on peut dire qu'elle excelle dans son travail.
Je pousse un soupir, je me rappelle de la première fois que je l'ai rencontré, j'étais tellement nerveuse que j'en tremblais
Je ferme les yeux et me remémore ce jour
5 ans plus tôt
Je vérifie encore une fois si la table est bien dressée, la salle de séjour équipée comme il se doit, la température dans la maison, la cuisson du repas, j'avais opté pour quelque chose de simple du Moyo qui est un plat popoh avec du foufou garis, en dessert un yaourt au fruit, je peux être bébé de la famille mais je suis passée par une énorme formation tenue par ma mère et mes belles sœurs sur comment entretenir un foyer, alors je sais me tenir.
Je regarde encore une fois les assiettes, tout en lorgnant la porte d'entrée
Charles est parti chercher sa mère qui reste dans un quartier voisin, il lui a dit qu'il souhaitait lui montrer une énorme surprise pour qui la rendra heureuse.
J'entends le vrombissement de la voiture, et je me tiens dans un coin de la maison où j'attendrai le signalement de Charles avant d'apparaître, je plisse ma robe pagne version portefeuille, je passe les mains dans mes cheveux que j'ai lissé bouclé
Puis j'entends la porte d'entrée s'ouvrir
-Charles!!! Mais cette maison brille, enfin tu m'as écouté, elle est beaucoup plus féminine et non garçonnière comme à son habitude, en plus elle sent hyper bon dit elle avec son accent togolais
-mais non maman, je range mais pas comme tu veux lui répond
-la c'est rangé comme j'aime, propre et cadré, en plus il y a ... Attends donc ta surprise c'est un dîner au chandelle pour nous deux !? Mais pourquoi il y a trois couverts reprend elle avec ironie
Charles me fait signe de ses yeux d'approcher, vient vers moi et me cache dans son dos
-Bah maman si la maison est si bien rangée, c'est grâce à la surprise dont je t'ai parlé, il me tire un peu sur le côté quand ma belle mère se retourne souriante elle se fige, et arrête de sourire
-Maman je te présente ma dulcinée, Leïla, Leïla voici ma maman
Sûrement dû à ma nervosité je sais que mes iris ont changé de couleur et qu'elle a du le remarquer car quand je veux m'approcher elle recule, elle me regarde encore de la tête au pied, puis son fils, avant de sortir de la maison en trombe
Charles l'a rattrapé mais elle n'a pas voulu se trouver dans la même pièce que moi
J'ai cru que c'était l'émotion, ou autre mais je me trompais, chaque fois que l'on se croisait c'était à base de Toi là ou la blanche de je ne sais où, et pire elle mangeait mes repas en critiquant, c'est pas bien fait mais elle vidait l'assiette, ma chambre n'est pas bien rangée donc je rangeais deux voir trois.
La goutte de trop fut quand elle a appris les fiançailles et qu'elle m'a regardé droit dans les yeux pour me dire que si moi la blanche j'espère épouser un jour son fils je me mets le doigt dans l'œil car dans leur tradition on épouse pas les étrangères et de surcroît les blanches, je me rappelle avoir vu tout le mépris qu'elle me portait, si elle faisait les choses en semblant devant son fils j'allais quand même comprendre mais devant lui elle montrait très bien qu'elle ne me voulait pas et le pire de tout c'est le silence de ce dernier qui me demandait de supporter car c'est lui qui m'aimait pas sa mère
Retour au présent
Je secoue la tête pour chasser cette pensée et me concentre sur mon travail.
Angéline AKAKPO
Je regarde le jardin à travers la baie vitrée, à vrai dire c'est mon fils que je regarde nager à cette heure de la nuit, quand il finit il sort de la piscine, et vient vers la maison, il ouvre la baie, quand il remarque ma présence, il me regarde deux secondes puis continue son chemin, c'est devenu ainsi depuis quelques mois après qu'il ait su ce que j'avais fait il y a trois ans.
Mon cœur de mère se serre, mon fils unique ne m'adresse plus la parole, on va dire qu'il accepte ma présence par respect mais notre complicité n'est plus.
Je ferme les yeux et soupire Seigneur j'espère que tout ira bien après ça.