Le soleil de Kinshasa brillait déjà sur la commune de Gombe lorsque Kimia entra dans l’enceinte du Lycée Bosangani. C’était la rentrée pour l’année académique 2026-2027, et chaque élève semblait pressé, bavardant avec ses amis ou appelant leurs parents pour se repérer.
Kimia, elle, marchait lentement, le sac légèrement en travers de l’épaule. Ses yeux, grands et curieux, observaient les couloirs bondés, mais son cœur battait la chamade à chaque regard échangé. Personne ne lui adressait la parole ; elle savait que dans sa classe, elle passerait inaperçue… ou pire, qu’on la jugerait bizarre.
Elle se détourna d’un groupe qui riait bruyamment et continua vers la cour, où elle aperçut un banc isolé sous un arbre. Avec un soupir, elle s’assit et sortit son carnet de dessin, le seul refuge où elle se sentait elle-même.
Pendant ce temps, Haruto, un garçon japonais aux cheveux noirs et aux yeux profonds, venait d’arriver au lycée. Son père avait choisi ce lycée pour la qualité de l’enseignement et sa réputation pour accueillir les élèves internationaux. Alors qu’il explorait les couloirs, il aperçut Kimia, assise seule dans la cour, concentrée sur son dessin.
— Wow… elle dessine super bien…, pensa-t-il, intrigué.
Il s’approcha doucement, prenant soin de ne pas la surprendre. Ses yeux descendaient sur le carnet ouvert, fasciné par la précision des traits. Mais au même moment, Kimia, plongée dans son monde, leva brusquement la tête pour regarder quelque chose derrière elle.
Leurs fronts se cognèrent avec un « toc » sonore, et les deux reculent d’un pas, surpris.
— Aïe ! s’exclama Kimia, tenant son front.
— Désolé… vraiment désolé ! murmura Haruto, les joues légèrement rouges.
Ils restèrent un instant à se regarder, le souffle coupé par l’instant et par la surprise. Kimia se recula un peu, serrant son carnet contre elle.
— Tu… tu vas bien ? demanda timidement Haruto.
— Oui… ça va… répondit Kimia, la voix tremblante.
Un silence court s’installa, puis Haruto osa un petit sourire :
— Je m’appelle Haruto… Et toi ?
— Kimia… répondit-elle, presque un murmure.
Ils échangèrent un regard. Pour la première fois depuis longtemps, Kimia ne se sentit pas jugée. Et pour Haruto, le mystère de cette fille silencieuse mais concentrée sur son art éveillait une curiosité douce et inattendue.
Le reste de la matinée passa, et même si chacun continua sa visite du lycée dans des couloirs différents, un lien invisible venait de se créer, fragile mais prometteur. La rentrée venait à peine de commencer… et déjà, quelque chose avait changé dans le monde silencieux de Kimia.