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Chapitre 1
Il restait quelques jours avant Noël.
La soirée avait été longue, bruyante, arrosée. Steven Kendry venait de terminer son dernier long-courrier du mois. Le corps encore un peu engourdi par le décalage horaire, il avait pourtant accepté de raccompagner sa sœur et Daeris. Il conduisait d’une main nonchalante, l’autre posée sur le volant, le regard fixé sur la route sombre des Îles de Fer.
Après avoir déposé Sybelle devant la maison de leur mère, il était resté quelques secondes moteur tournant. Sa sœur s’était penchée vers la vitre ouverte.
— T’es sûr que tu peux la ramener, toi ?
Steven avait haussé un sourcil, un sourire en coin.
— Je viens de poser un A350 avec trois cent cinquante âmes à bord. Je pense que je peux déposer ta pote sans crash.
Sybelle avait roulé des yeux.
— Fais gaffe. Elle est avec Joffrey, tu te souviens ?
— Je sais.
— Et elle t’a toujours trouvé… trop.
Steven n’avait rien répondu. Il avait juste fait un signe de la main.
— Va te coucher, Sybelle.
La portière s’était refermée. Daeris était restée seule sur le siège passager, les genoux joints, le manteau encore fermé jusqu’au menton. L’odeur de whisky et de parfum masculin flottait dans l’habitacle. Steven avait redémarré sans un mot.
Le trajet jusqu’à son immeuble n’avait pas duré plus de dix minutes. Quand il s’était garé devant l’entrée, il n’avait pas coupé le moteur tout de suite. Il avait juste tourné légèrement la tête vers elle.
— On est arrivés.
Daeris avait posé la main sur la poignée.
— Merci pour…
Elle n’avait pas fini sa phrase. Steven avait posé sa main sur la sienne, l’empêchant d’ouvrir. Son regard était plus sombre, plus direct.
— T’as bu ce soir.
— Un peu.
— Pas assez pour ne pas comprendre ce que je vais te dire.
Elle avait froncé les sourcils, surprise.
— Steven…
Il s’était penché un peu plus près. Sa voix était basse, rauque, celle d’un homme qui n’avait plus envie de jouer.
— Je te regarde depuis des années, Daeris. Depuis que tu trainais dans le salon avec Sybelle en jupe trop courte et que tu baissais les yeux dès que je rentrais. Tu me désirais. Je le savais. Et maintenant que tu es en couple, tu fais comme si ça n’avait jamais existé.
Elle avait avalé sa salive.
— C’est du passé.
— Non. C’est juste enfoui.
Sa main avait quitté la sienne pour remonter le long de son bras, sous le manteau, jusqu’à son épaule. Ses doigts avaient glissé sur la peau nue de sa clavicule. Daeris avait sursauté.
— Arrête…
— Pourquoi ? Parce que Joffrey existe ?
Il s’était penché encore. Son souffle chaud avait effleuré sa joue.
— Tu trembles.
Elle avait voulu reculer, mais le siège l’empêchait. Steven avait posé sa main derrière sa nuque et l’avait attirée vers lui. Ses lèvres avaient trouvé les siennes.
Le baiser avait été sec, possessif. Daeris avait poussé contre sa poitrine, d’abord avec force, puis avec moins de conviction. Ses lèvres s’étaient entrouvertes malgré elle. Steven en avait profité pour glisser sa langue, pour approfondir, pour la goûter. Une main était restée derrière sa nuque, l’autre avait glissé le long de sa taille, sous le manteau, puis plus bas, jusqu’à saisir sa hanche avec fermeté.
Daeris avait gémi contre sa bouche. Un petit son étouffé, presque honteux. Ses doigts s’étaient crispés sur le col de sa veste. Elle avait essayé de tourner la tête, mais il l’avait suivie, ses lèvres ne la lâchant pas. Sa main avait remonté le long de sa cuisse, sous la jupe, caressant la peau douce jusqu’à l’intérieur de sa cuisse. Ses doigts avaient frôlé la dentelle de sa culotte.
— Steven… on peut pas…
Sa voix était cassée.
Il avait murmuré contre ses lèvres :
— Dis-moi d’arrêter. Vraiment.
Elle n’avait rien dit.
Ses doigts avaient glissé sous le tissu, trouvant la chaleur déjà humide entre ses cuisses. Il avait caressé lentement, précisément, là où elle était la plus sensible. Daeris avait écarté légèrement les jambes malgré elle, un frisson violent lui parcourant le dos. Son bassin avait bougé d’un mouvement involontaire vers sa main. Steven avait souri contre sa bouche en sentant à quel point elle était déjà mouillée.
Il avait continué, deux doigts glissant le long de ses plis, s’attardant sur son clitoris avec une pression lente, insistante. Elle avait agrippé son bras, les ongles enfoncés dans le tissu de sa veste. Sa respiration était devenue courte, irrégulière. Un autre gémissement lui avait échappé quand il avait poussé un peu plus loin, un doigt s’enfonçant en elle.
— Putain… tu es déjà tellement prête, avait-il murmuré.
Elle avait fermé les yeux. Ses hanches bougeaient maintenant au rythme de ses doigts. Steven avait accéléré légèrement, son pouce continuant de caresser son clitoris pendant que son doigt allait et venait en elle. La chaleur de l’habitacle, l’odeur de lui, la pression de sa main… tout était trop. Daeris avait senti la tension monter trop vite, trop fort.
Puis, brusquement, il s’était arrêté.
Il avait retiré sa main, l’avait regardée droit dans les yeux, le regard sombre, les lèvres encore brillantes de leur baiser. Il avait porté ses doigts à sa bouche et les avait léchés lentement, sans détourner le regard.
— Va...rentre , Daeris.
Elle était restée figée une seconde, le souffle court, les joues brûlantes, le corps encore tremblant. Puis elle avait ouvert la portière d’un geste maladroit et état sortie. Elle n’avait pas regardé derrière elle en montant les marches de son immeuble.
Dans l’ascenseur, elle s’était appuyée contre le miroir, les yeux fermés.
Son cœur battait trop fort.
Ses cuisses étaient encore humides.
Et dans sa tête, une seule question tournait en boucle :
Qu’est-ce que je viens de faire… ?