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Kaël et Maya sortirent du tunnel par une bouche d'évacuation située derrière un immeuble abandonné. La pluie avait diminué, mais la ville restait plongée dans une atmosphère lourde.
Kaël s'appuya contre un mur pour reprendre son souffle.
— Maintenant, tu vas tout m'expliquer.
La jeune femme regarda autour d'elle.
— Ici, ce n'est pas sûr.
— Je viens de me faire poursuivre par trois hommes armés. Je pense que j'ai dépassé le stade où je peux être inquiet.
Elle soupira.
— Je m'appelle Maya.
— Et tu travailles pour qui ?
— Pour personne.
— Je ne te crois pas.
Maya sortit le pendentif du corbeau.
— Ton père m'a demandé de protéger cet objet.
Kaël regarda le pendentif.
— Tu l'as connu ?
— Oui.
— Quand ?
— Quelques semaines avant sa disparition.
Kaël serra les poings.
— Pourquoi ne m'avoir jamais contacté ?
Maya baissa les yeux.
— Parce que je devais attendre.
— Attendre quoi ?
— Que tu sois prêt.
Kaël eut un rire nerveux.
— Prêt à quoi ?
Maya le fixa.
— À découvrir qui tu es réellement.
Elle lui tendit le pendentif. Kaël hésita avant de le prendre. Au moment où ses doigts touchèrent le métal, une douleur traversa son bras.
Il lâcha l'objet.
— Qu'est-ce que c'était ?
Maya sembla surprise.
— Il réagit à toi.
— Ça ne veut rien dire.
— Ton père avait raison.
Avant que Kaël puisse répondre, un bruit de voiture retentit.
Maya regarda la rue.
— Ils sont là.
— Encore ?
— Ils ne vont pas abandonner.
Ils se mirent à courir.
Deux véhicules noirs apparurent au coin de la rue. Maya entra dans une petite ruelle. Kaël la suivit. Ils traversèrent plusieurs passages étroits avant d'arriver devant une vieille porte.
Maya frappa trois fois.
La porte s'ouvrit.
Un homme âgé apparut.
— Entrez.
Ils pénétrèrent dans une pièce remplie de cartes, d'ordinateurs et de vieux dossiers.
L'homme s'appelait Soren.
Il regarda Kaël pendant quelques secondes.
— Tu ressembles à ton père.
— Vous le connaissiez aussi ?
— Je l'ai connu assez longtemps pour savoir qu'il n'était pas un traître.
Soren posa une carte sur la table.
— La Confrérie cherche une relique appelée le Cœur d'Aube. Ton père l'avait découverte avant de disparaître.
— Et pourquoi moi ?
Soren répondit :
— Parce qu'il a laissé la clé à son fils.
Kaël sentit le pendentif chauffer dans sa main.
Un symbole lumineux apparut brièvement sur sa surface.
Maya recula.
— Il s'est activé.
Soren pâlit.
— Alors ils savent maintenant que tu es vivant.
Un bruit de verre brisé retentit au rez-de-chaussée.
Soren attrapa une arme non létale et se dirigea vers la porte.
— Vous avez combien d'hommes ? demanda Kaël.
— Assez pour nous faire perdre du temps. Pas assez pour gagner.
La porte vola soudain en éclats.
Maya entraîna Kaël vers un escalier secret.
— Descends !
Ils coururent tandis que Soren restait derrière.
Des bruits de lutte résonnèrent au-dessus d'eux.
Kaël voulut remonter.
— On ne peut pas le laisser !
Maya le retint.
— S'il nous a demandé de partir, c'est qu'il sait ce qu'il fait.
Ils atteignirent un tunnel souterrain.
Kaël regarda le pendentif.
— Je veux savoir ce que mon père m'a laissé.
Maya hocha la tête.
— Alors nous allons devoir trouver le Cœur d'Aube avant la Confrérie.
Au-dessus d'eux, la ville semblait calme.
Mais une guerre invisible venait de commencer.
Soren les conduisit dans une pièce souterraine éclairée par une seule lampe. Sur une table reposaient plusieurs dossiers portant le même symbole que le pendentif.
Kaël en ouvrit un.
Il y trouva une photographie de son père, beaucoup plus jeune, accompagné de Maya et de Soren.
— Pourquoi ne m'avez-vous jamais parlé de lui ? demanda Kaël.
Soren prit une profonde inspiration.
— Parce que ton père avait demandé que ton enfance reste normale.
— Tout le monde décide pour moi !
Sa voix résonna contre les murs.
Maya s'approcha.
— Tu as raison d'être en colère.
Kaël referma le dossier.
— Alors donnez-moi au moins une vérité.
Soren désigna une grande carte.
— Il y a douze ans, ton père découvrit que la Confrérie cherchait une source d'énergie ancienne. Cette source pouvait alimenter une ville entière pendant des décennies. Mais elle possédait également une autre fonction.
— Laquelle ?
— Elle pouvait réveiller un réseau de machines cachées sous Koran.
Kaël regarda le pendentif.
— Et le symbole du corbeau ?
— C'est une clé.
Soudain, un voyant rouge s'alluma.
Soren se précipita vers un ordinateur.
— Ils ont localisé le signal.
Maya attrapa Kaël.
— Il faut partir.
— Et vous ?
Soren sourit.
— Je connais ces tunnels mieux qu'eux.
Il ouvrit une porte métallique.
— Prenez le passage nord. Il vous conduira vers l'ancien atelier de ton père.
Kaël hésita.
— Venez avec nous.
— Non. Quelqu'un doit leur faire croire que vous êtes encore ici.
Des bruits de pas résonnèrent au loin.
Kaël comprit qu'ils n'avaient plus de temps.
Ils partirent.
Après plusieurs minutes de marche, ils entendirent une explosion derrière eux.
Kaël se retourna.
— Soren...
Maya posa une main sur son épaule.
— Il savait ce qu'il faisait.
Ils continuèrent jusqu'à une sortie cachée derrière une ancienne grille.
À l'extérieur, le ciel commençait à s'éclaircir.
Kaël regarda la ville.
Il avait encore mille questions, mais une certitude apparaissait : son père avait préparé un chemin pour lui.
Au fond de sa poche, le pendentif se remit à vibrer.
Une petite lumière dessina brièvement une flèche.
Maya la vit.
— Il nous indique une direction.
Kaël suivit la flèche du regard.
Elle pointait vers l'ouest.
— L'atelier, dit-il.
Ils se mirent en route.
Derrière eux, dans les profondeurs, Soren observait les écrans de surveillance. Une porte venait de s'ouvrir dans le complexe.
Un homme de la Confrérie entra.
— Où sont-ils ?
Soren répondit calmement :
— Trop loin pour que vous les rattrapiez.
L'homme sourit.
— Alors nous les attendrons à leur prochaine destination.
Soren comprit que leur fuite ne faisait que commencer.