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Chapitre 2 — L’Enfant de Chair
Une autre nuit.
Lourde. Oppressante.
Le ciel était couvert de nuages noirs, et la lune avait disparu derrière cette épaisse obscurité. Le vent frappait les murs de la maison d’Alfa, faisant trembler les fenêtres.
Puis, soudain…
Un cri retentit dans la maison.
— AAAAAH !
Alfa se redressa brusquement.
Il était assis près de la porte, incapable de dormir depuis plusieurs heures. Depuis le pacte, quelque chose en lui avait changé. Il sentait qu’un événement approchait, quelque chose qu’il ne pouvait empêcher.
Un nouveau cri traversa la maison.
Alfa se précipita vers la chambre.
— Tiens bon !
À l’intérieur, sa femme était allongée, épuisée, tandis qu’une vieille femme s’occupait d’elle.
— Alfa… murmura-t-elle.
Il s’approcha immédiatement.
— Je suis là.
Elle lui attrapa la main.
— J’ai peur…
Alfa serra ses doigts.
— N’aie pas peur. Je suis avec toi.
Un autre cri retentit.
Puis le silence.
Quelques secondes seulement.
Mais elles semblèrent durer une éternité.
Et enfin…
Un faible cri de nouveau-né remplit la pièce.
La vieille femme sourit.
— C’est un garçon.
Alfa resta immobile.
Un garçon…
Son regard se posa sur l’enfant.
Il s’approcha lentement.
Le nouveau-né ouvrit les yeux.
Alfa sentit son cœur se serrer.
Il le prit délicatement dans ses bras.
— Mon fils…
Pour la première fois depuis longtemps, un véritable sourire apparut sur son visage.
Mais au même instant…
La marque du pacte apparut sur son bras.
Elle brûla.
Alfa pâlit.
La vieille femme recula.
— Qu’est-ce que c’est ?
Alfa regarda la marque.
Elle brillait d’une faible lueur rouge.
Puis elle disparut.
Personne ne parla.
Alfa regarda son enfant.
— Il n’est pas comme les autres…
Sa femme, trop faible pour comprendre, murmura :
— Qu’est-ce que tu racontes ?
Alfa secoua la tête.
— Rien.
Il ne pouvait pas lui dire.
Pas maintenant.
Car il se souvenait des paroles prononcées lors du pacte.
« Le sang sera versé. Le destin sera scellé. »
Et soudain, Alfa comprit quelque chose.
Le pacte n’avait peut-être jamais été destiné à lui.
Il avait simplement retardé l’échéance.
L’enfant qu’il tenait dans ses bras venait de naître…
Mais son destin, lui, avait peut-être été décidé bien avant sa naissance.
Alfa baissa les yeux vers son fils.
— Je te protégerai.
Il ignorait encore que cette promesse allait déclencher une guerre.
Une guerre qui changerait le destin de leur peuple à jamais.