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Sous les feux des projecteurs, il n’y avait que lui. Et pourtant j’étais issue d’une bonne famille, le nom MAHIEL était bien connu et respecté. J’ai toujours obtenu de bon résultats scolaires. J’ai le même prestige en tant qu’avocate que toute ma lignée, je ne suis pas moindre, mais auprès de cet homme, tout ce que je transportais comme connaissances étaient complètement étouffées, je ne comprenais rien. J’étais l’épouse parfaite, je me devais de rester en retrait. Quand j’étais invitée sur les plateaux à confronter les épouses des autres parties politiques, la lumière était de courte durée. L’effervescence pour mon époux surgissait forcément quelque part. Je ne comprenais toujours pas. Etaient-ils sourds ou aveugles. C’était à se demander s’ils prenaient la peine à m’écouter. Ce baguage intellectuel que je transportais. Ce génie inné que je suis. Tous se bornaient à ne pas l’entendre.
Toute ma famille était tombée sous son charme, son charisme, si seulement il en avait un. (Elle fait grise mine)
Mon propre père pouvait réécouter les discours de cet homme que de suivre une émission à laquelle je participais qui ne faisait qu’une trentaine de minute.
Quand je pensais me réfugier auprès de lui en lui demandant qu’est- ce qu’il avait pensé de mon intervention sur telle ou telle sujet. Mon propre père me répondait de façon évasive, bien des fois j’étais obligée de changer de sujet pour éviter de le mettre mal à l’aise. Il fallait une brèche pour qu’il déferle toute son admiration pour mon cher époux. Lui, un MAHIEL éduqué, s’éprendre pour un personnage quelconque qui toute sa vie a été porté par la chance. Moi, je ne me suis pas reposée sur mes lauriers prétextant de la renommée de ma famille. J’ai étudié, j’ai travaillé avec acharnement. Tout ce que j’ai obtenu, n’est que le fruit d’un dur labeur.
J’étouffais, mon cercle d’ami(e)s, mon monde d’éclairés, tous étaient sous son emprise. Je me devais souvent de reprendre quelques lignes clés de ses discours ou pour les plus impertinents leurs raconter des anecdotes sur notre vie de couple. Ces rencontres devenaient de plus en plus déplaisantes.
Plus les jours se succédaient, plus "mon amour » pour mon cher époux grandissait. (Un bref sourire)
Je décidai de mettre toutes les cartes de mon côté et de changer mon jeu. Je devais le mimer, le répéter, pourquoi pas ? Qu’-est-ce que je perdais, rien.
« Donnez au peuple, ce qu’il vous réclame, ne cherchez pas à l’éduquer, à le transformer, à le parfaire ce serait, l’injurier. Faites vos premiers pas ensemble, tombez ensemble et vous vous relèverez ensemble. Vous aurez compris ensemble et appris ensemble ».
Tiré de l’un des discours les plus célèbres de mon cher époux, donné sur la place Oracle le vendredi 13 Janvier 2023, oh oui je me souviens de cette phrase et je m’en souviendrai d’ailleurs toute ma vie. Quand certains de ses adversaires ont tenté de s’en servir pour le faire tomber. Mon cher époux m’a donné toute une autre explication que celle qui a été livré par le parti. Il n’y a pas eu de réaction directe de sa part. Il disait juste de laisser le verre à moitié vide, se vider complètement. Pour dire que cette perche que ses détracteurs pensaient avoir ne seraient que de courte durée et ce fut le cas. En moins de deux jours, on était passé à autre chose. L’enthousiasme autour de lui, reprit de plus bel. Incontestablement, mon cher époux allait remporter ces élections présidentielles. On était si près du but que ma carrière d’avocate ne pouvait se heurter à cette nouvelle vie qui s’offrait à nous, du moins à moi. J’ouvris grand les bras pour la recevoir, j’étais faite pour elle, et elle faite pour moi. C’est incroyable, quand vous vous rendez-compte que vous avez poursuivi un rêve depuis des lustres et qu’en réalité ce rêve n’était pas le vôtre. Je me suis accommodée à la vie de ma lignée, en faisant fi de ce qui me convenait réellement, ou de mes rêves, je dirai de mon rêve. C’était comme une révélation. Tout était fin clair dans mon esprit, j’ai voyagé et navigué dans des eaux étrangères pendant tout ce temps. Fort heureusement, que la vie me souriait, j’en avais les larmes aux yeux, j’étais si émue, tout autour de moi s’illuminait. Mon monde est face à moi et n’attend plus que moi. Il me fallait juste embrasser ce nouveau départ. Les différents bains de foule, les poignées de main prenaient du sens à mes yeux, je n’y étais plus étrangère, je ne les exécutais plus de façon mécanique. Désormais, ils transportaient tous un message.
Ah, mon cher époux avait bien raison de dire, « donnez au peuple ce qu’il vous réclame ».
Monsieur mon époux, toujours dans la dynamique de faire les choses différemment me permis de débuter certains de ses discours, il avait toujours une anecdote qui passait bien avant qu’il ne reprenne le flambeau. Là encore nous faisions tâche. (Vive le peuple)