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Les collines de Napata, en Nubie antique (vers 800 av. J.-C.), portaient les cicatrices du soleil. La reine Amanirenas, descendante des pharaos noirs de Koush, trônait dans son palais de grès rouge. Sa peau d’ébène luisait comme l’ivoire poli des éléphants du Darfour. Autour d’elle, des prêtres en plumes d’autruche psalmodiaient pour Apédemak, le lion divin.
La Pierre d’Amon, obélisque gravé de hiéroglyphes pré-dynastiques, avait perdu son éclat. Sans elle, les crues du Nil faiblissaient, menaçant les récoltes de mil et de doura. “Kweku, fils des Blemmyes”, tonna Amanirenas, “le scribe Senen l’a volée à Meroë. Ramène-la, ou Koush périra.”
Kweku, forgeron aux muscles ciselés par le feu des hauts-fourneaux, saisit sa lance en fer météorique – secret des Nubiens, premiers maîtres du métal en Afrique subsaharienne. “Sur les ancêtres du Baobab, je jure”, répondit-il. Il partit avec une escouade d’archers, traversant savanes où gazelles et hyènes dansaient sous les étoiles dogons.