Episode 5

Ecrit par Mona Lys

5

 

 

***ALEXANDRA

 

Assise à la soirée gala avec toute ma famille, je gesticule sur ma chaise. Je ne me sens pas à mon aise. Je sens mon estomac se retourner et les plats devant moi ne m’aident pas. Ce matin, j’ai rendu tout mon petit déjeuner. De même pour mon déjeuner et maintenant c’est mon diner qui veut sortir. Pour ajouter à toutes ces nausées, j’ai d’horribles crampes d’estomac.

 

‒ Chérie, ça va ? S’inquiète ma mère en me voyant grimacer de douleur.

‒ J’ai des douleurs au ventre depuis ce matin.

‒ Et c’est maintenant que tu m’en parles ? As-tu pris des calmants ou es-tu allée voir un Docteur ?

‒ J’avais pris des calmants et ça s’est calmé. Mais depuis une quarantaine de minute ça a…

 

J’ai un haut le cœur. Oh punaise, je vais vomir. Je sors à toute vitesse de la salle, direction les toilettes. J’entends ma mère me suivre. Je vide tous mes boyaux dans le lavabo. Ma mère me tient les cheveux en arrière et me donne de légères tapes dans le dos.

 

‒ Doucement ma puce. Ça va aller !

 

Je me redresse croyant que j’ai fini mais c’est reparti pour un autre tour. Au bout d’un moment je crois que c’est bon, je n’ai plus rien dans l’estomac.

 

‒ Ça va ? C’est fini ? Demande ma mère.

 

Je fais oui de la tête. Elle m’aide à me rincer la bouche parce que je suis trop faible pour le faire.

 

‒ Depuis quand vomis-tu de la sorte ?

‒ Ce matin. Mais les jours précédents j’avais de fortes douleurs au bas-ventre. Comme si on me tiraillait de l’intérieur.

‒ As-tu fait un test de grossesse, me questionne-t-elle les sourcils plissés.

‒ Tu sais très bien que je ne peux pas tomber enceinte.

 

Elle m’aide à m’asseoir sur un siège posé devant les toilettes.

 

‒ On n’a pas dit que tu ne pouvais pas tomber enceinte. C’est le taux de chance qui est juste minime sinon tu peux encore devenir mère.

‒ Soit ! Mais pour ça il faudrait aussi que Spencer et moi ayons travaillé à cela. Nous nous protégeons et je peux te dire que nos derniers rapports remontent à je ne sais plus quand. L’hypothèse de la grossesse est donc exclue.

‒ Si tu le dis. N’empêche, il te faut voir un médecin. Demain s’il le faut.

‒ Non demain ça ne sera pas possible. Je dois accompagner Aurelle récupérer sa robe et faire des courses pour le bébé.

‒ Tu peux y aller avant ou après. Tu ne peux pas continuer à vomir ainsi sans rien faire.

‒ Je verrai maman.

‒ Ok. Allons, que je dise à Will de te raccompagner chez toi. Il s’apprêtait à rentrer.

 

*Mona

*LYS

 

Le lendemain matin comme prévu, Aurelle, Imelda et moi sommes dans la boutique de la styliste chargée de confectionner sa robe. Après près de deux mois d’attente pour permettre au père d’Aurelle de bien se rétablir, le mariage aura enfin lieu dans cinq jours. Elle sort de la cabine d’essayage vêtue de sa robe de couleur beige. Elle a voulu casser un peu les codes.

 

‒ Waouh !! Aurelle !!!! Tu es… à couper le souffle.

‒ Merci ! Répond-t-elle toute émue.

 

Imelda l’aide à se positionner sur l’estrade tout en la complimentant.

 

‒ Tu es magnifique ma chérie. Will tombera encore plus amoureux de toi en te voyant.

‒ Merci !

 

Nous sommes en extase devant sa robe qui est trop belle, surtout avec cette touche de paillettes tout le long du buste. J’ai subitement envie d’être à sa place. De me marier à l’homme que j’aime. La tristesse m’envahit subitement. Le seul homme avec qui j’ai envie de me marier fait partie des ennemis de ma famille donc je vis un amour impossible. Une douleur me vrille le bas-ventre. Je me retiens de hurler de peur d’effrayer les filles. Nous aidons la styliste à faire les ajustements qu’il faut et nous nous en allons pour les courses du bébé à venir. Aurelle, espérant que ce serait un garçon a acheté presque tout en bleu. Donc maintenant que c’est confirmé que c’est une fille, elle doit tout acheter de nouveau.

 

Je suis éblouie par tous ces effets de bébé que je vois. J’en ai déjà vu mais être là, au milieu de tout ceci décuple mon envie d’en avoir un. JE VEUX AVOIR MON BEBE, PUTAIN !!! Je rencontre un petit garçon qui pleure derrière sa mère en réclamant un jouet que visiblement celle-ci ne peut acheter à cause de son coût. De ce que j’observe, je crois que sa mère est une nounou et qu’elle est là avec sa patronne qui n’en a rien à foutre de tout ce qui se passe. Le genre de patronne sans cœur que je déteste. Je me baisse au niveau du petit garçon.

 

‒ Tu veux ça ? Lui demandé-je en pointant le jouet.

‒ Oui, répond-t-il faiblement de sa petite voix si mignonne qui fait fondre mon cœur.

 

Je prends le jouet et le lui donne. Sa mère accourt vers nous.

 

‒ Oh mon Dieu, Karim, combien de fois vais-je te dire d’arrêter de demander des choses à des étrangers ? (A moi) Désolée Madame. Il ne vous importunera plus.

 

Elle me tend le jouet.

 

‒ Non, gardez-le. Ça me fait plaisir.

‒ Non je ne peux pas. Je…

 

La voix de celle qui est sa patronne retentit derrière elle. Elle se met à trembler.

 

‒ Aïcha, combien de fois vais-je te dire que j’ai horreur que tu t’occupes d’autres choses que moi et mes enfants.

‒ Désolée Madame.

 

La femme s’approche de nous.

 

‒ Veuillez m’excuser Madame, lui dis-je. C’est moi qui l’ai retenue. Je tenais juste à offrir un cadeau au petit.

‒ Encore ce garçon qui voit plus gros que le bout de son nez, éructe la femme avec dégout. A son âge, il est déjà envieux. Pff, ces nègres et leurs ambitions démesurées.

‒ Pardon ? M’offusqué-je. Vous vous rendez compte que vous parlez d’un gosse qui n’a même pas encore cinq ans ? C’est de son âge de vouloir tous les jouets du monde.

‒ Dans ce cas qu’il attende que je ne sois pas dans les parages. Faudrait pas qu’il infecte mes enfants avec son comportement.

 

Cette femme est sérieuse ? J’ai bien envie de la baffer. Elle tourne les talons comme si de rien n’était. Je regarde la mère du petit qui m’a l’air embarrassé. Elle semble même pétrifiée. Imelda et Aurelle qui ont suivi la scène de loin me rejoignent, toutes deux autant choquées que moi.

 

‒ Je me demande comment Dieu a pu donner des enfants à une femme comme vous, lancé-je prise au vif.

‒ Pardon ? Fait-elle en revenant sur ses pas.

‒ Vous ne méritez pas d’être mère.

‒ Comment osez-vous ? Tremble-t-elle de tout son corps. Savez-vous qui je suis ?

 

La mère du petit me fait des signes de supplication pour que je me taise. Ce doit être une de ces immigrées sans papiers qui acceptent de subir toutes sortes d’humiliation rien que pour échapper au rapatriement.

 

‒ Aïcha, tu vois ce que ton morpion et toi aviez créé ? Par votre faute, une gamine ose me manquer de respect.

‒ Je vous demande pardon Madame.

‒ Ce ne sont pas tes excuses qui effaceront les insultes de cette… peste.

 

Je veux bondir sur elle mais Aurelle me retient.

 

‒ Mais je vois, continue la femme, tu as fait appel à toutes les négresses de ce pays pour me manquer de respect. C’est bien. Tu es renvoyée et dès demain j’irai te signaler aux autorités. On verra bien où tu resteras avec ton avorton.

 

Là, c’est Imelda qui perd son calme et administre une claque à la femme. La mère du petit, toute en pleurs, nous supplie d’arrêter et supplie sa patronne de ne pas la renvoyer.

 

‒ Aïcha, l’appelé-je. Relève-toi. Moi je t’embauche chez moi. J’avais de toute façon besoin d’une aide.

 

Aïcha semble surprise et heureuse à la fois. Imelda demande à la sécurité de faire sortir la femme. Je rassure Aïcha de ma bonne volonté en lui confirmant que je l’ai vraiment engagée pour travailler chez moi. J’appuie qu’elle peut même vivre chez moi avec son fils. Elle nous remercie sans cesse avant de se décider à nous aider avec nos effets. En marchant vers notre voiture, je ressens une autre douleur qui cette fois m’oblige à pousser un cri. Les filles accourent en panique.

 

‒ Que t’arrive-t-il Xandra, s’affole Imelda.

‒ J’ai des douleurs au bas-ventre.

 

Un autre cri les fait paniquer encore plus. Elles me font monter dans la voiture où je tombe dans les pommes.

 

Les filles sont à mon chevet ainsi que Aïcha et son fils. Aïcha semble prier. Je me sens lourde.

 

‒ Que s’est-il passé ? Demandé-je faiblement.

‒ Tu t’es évanouie, répond Imelda.

‒ Qu’a dit le Docteur ?

‒ Toujours pas de nouvelle. C’est pourtant lui que j’attends avant d’informer les parents. Ta mère risquait de piquer une crise si je lui disais seulement que tu t’étais évanouie. J’espère qu’il n’y a rien de grave.

 

La porte s’ouvre sur le Docteur. Il demande à tout le monde de sortir pour m’examiner encore une fois. Il me touche çà et là en me posant des questions sur ce que je ressentais. Il finit et sort une fiche d’une enveloppe kaki.

 

‒ Bon d’après tous les examens faits, un seul et même résultat ressort.

‒ Qu’ai-je ?

‒ Vous êtes enceinte.

‒ Hum ? Qu’est-ce que vous avez dit ?

‒ Que vous êtes enceinte. De huit semaines.

‒ Vous êtes sérieux ? Je n’ai qu’une…

‒ Seule trompe, oui je sais. C’est ce qui d’ailleurs est la base de vos douleurs au bas-ventre. Mais ce n’est pas un souci. Nous allons vous mettre sous un traitement afin de vous soulager et sécuriser le bébé.

 

Il m’explique certaines choses que je ne prends pas la peine d’écouter parce que mon esprit est déjà très loin. D’abord je n’arrive pas à croire que je sois enceinte. Ensuite je me demande comment cela peut être possible vu qu’avec Spencer nous n’avons plus couché ensemble depuis mon retour de… Oh punaise !

 

‒ Docteur, pouvez-vous me déterminer la date exacte de la conception ?

‒ Si vous le voulez. Nous allons donc vous faire une échographie afin d’avoir plus de détails.

 

Il sort et revient avec ce qu’il faut pour l’échographie. Un autre Docteur le rejoint et ensemble ils m’expliquent tout ce que je dois comprendre de mon état. Quand ils me montrent mon bébé, qui n’est encore que tout minuscule, je fonds en larme. Mon Dieu je suis enceinte. Je n’arrive pas à le croire. Ma joie retombe lorsqu’on me communique la date exacte de la conception.

 

‒ Oh putain, chuchoté-je en fermant les yeux.

 

Ma mère va me tuer. La date correspond à mon séjour en Suisse et là-bas je n’ai couché qu’avec une seule personne. Samy ! Pourquoi cela n’arrive-t-il qu’à moi ?

 

***MURIMA

 

‒ Sais-tu pourquoi elle veut nous voir ? Demandé-je à Derrick.

‒ Je n’en sais rien. Elle m’avait l’air inquiète cependant au téléphone.

 

Xandra est sortie de l’hôpital il y a trois jours et elle s’est enfermée chez elle tout ce temps. Ce matin elle m’a appelé me disant qu’elle souhaitait nous parler, à son père et à moi, en privé. Nous l’attendons donc dans mon bureau. Elle se pointe enfin, la mine toute défaite.

 

‒ Que t’arrive-t-il poussin ? S’inquiète son père. Pourquoi es-tu dans cet état ?

 

Il l’aide à s’asseoir avant de reprendre sa place près de moi.

 

‒ Nous t’écoutons donc, dis-je. Qu’avais-tu de si important à nous dire qui mérite une telle audience.

 

Elle garde la tête baissée et se triture les doigts.

 

‒ Je… suis… enceinte.

 

Ai-je bien entendu ?

 

‒ Qu’est-ce que tu as dit ? Lui demandé-je pour être sûre d’avoir bien entendu.

‒ Que je suis enceinte.

‒ Oh mon Dieu, mais c’est merveilleux !!!

 

Je l’enlace en exprimant toute ma joie.

 

‒ Je te l’avais bien dit que tu pouvais tomber enceinte. Mon Dieu, comme je suis heureuse pour toi mon amour. Il faut qu’on célèbre ça.

 

Je cède la place à Derrick qui à son tour enlace et félicite sa fille. Je marche vers le téléphone de mon bureau pour demander à mon assistante de nous apporter du champagne non alcoolisé.

 

‒ Spencer doit donc entamer le processus pour officialiser votre relation, dis-je en regagnant mon bureau. Je veux que tous mes petits-enfants naissent dans une famille officielle. Je veux éviter ces histoires de mère et père célibataire à mes enfants.

‒ Maman il y a autre chose, me dit doucement la voix de Xandra alors que j’appuie sur le bouton destiné à mon assistante.

‒ Quoi ma puce ?

‒ Ce n’est pas Spencer le père.

 

Je raccroche l’appel avant même d’avoir parlé. Je regarde ma fille qui baisse les yeux.

 

‒ Comment ça ? C’est pourtant lui ton petit ami non ? Tu as eu une autre aventure ? Ou tu as fait une insémination ?

‒ J’ai eu une autre aventure.

 

Derrick plisse les yeux.

 

‒ Poussin, s’il te plaît, ne me dis pas que tu étais trop saoule et que tu as couché avec un inconnu dont tu as oublié le visage ?

‒ Je n’étais pas saoule et je connais l’auteur. Vous aussi d’ailleurs.

‒ Qui s’est ? Demandé-je en revenant devant elle.

 

Elle ne répond pas.

 

‒ Xandra qui est le père ? Insisté-je.

‒ Samy !

 

Derrick et moi échangeons un regard.

 

‒ Quoi tu blagues ? S’écrie-t-il en regardant sa fille qui s’est mise à pleurer.

‒ Je suis désolée !

‒ Tu es donc sérieuse ? Demandé-je à mon tour. Xandra !

‒ Je suis désolée maman, éclate-t-elle en sanglots.

‒ Tu es désolée ? De tous les hommes sur terre, il fallait que tu repartes vers lui ?

‒ C’est arrivé comme ça. Nous nous sommes rencontrés en Suisse et les choses se sont enchainées sans que je ne puisse rien maitriser. Je ne pensais pas que cette seule fois porterait du fruit. Je vous demande pardon.

‒ Bah ce n’est pas ça qui changera l’ADN de l’enfant que tu portes. Merde ! A quoi tu pensais ? Je n’ai rien contre Samuel, mais son père, son père est le diable en personne et tu n’as pas idée de ce que porter son petit-fils peut engendrer. Il peut passer par Samy pour te faire du mal, ou je ne sais pas moi. Il peut faire tout ce qui lui passera par la tête. En redonnant de nouveau accès à Samy à ta vie, tu te remets en danger. Tu nous remets tous en danger. Et qu’est-ce qui prouve d’ailleurs que sa réapparition dans ta vie n’est pas un coup monté avec son père pour nous approcher de nouveau ? Non mais merde !!

‒ Rima calme-toi s’il te plaît, intervient Derrick qui parait compatir pour sa fille dont le visage est inondé de larmes. Je crois qu’on va suspendre cette discussion pour le moment. Demain c’est le mariage de William. Nous devons d’abord nous y concentrer et après reparler de tout ceci. D’ici là, les esprits se seront calmés et chacun aura trouvé une solution. C’est d’accord ?

 

Je lui tourne dos et marche vers les fenêtres sans répondre.

 

‒ Mon poussin, rentre à la maison te reposer. N’oublie pas que tu es la demoiselle d’honneur d’Aurelle.

 

J’entends des pas sortir de la pièce. Je crois qu’elle est partie. Je sens Derrick se rapprocher de moi.

 

‒ Rima !

‒ Tu te rends compte des dégâts que cela peut engendre ?

‒ Oui. Mais le bébé est déjà conçu. Nous devons trouver comment éviter les dégâts. Peut-être devrions nous donner une chance à Samy.

 

Je fais volte-face.

 

‒ Et si son père l’utilisait pour atteindre notre famille. Tu y as pensé ? Je n’arrive vraiment pas à y croire.

‒ Je sais. Tout va s’arranger.

 

Il me tire dans ses bras et pose un baiser dans mes cheveux.

 

‒ Il n’arrivera rien de bien grave.

‒ Je l’espère. Bon, je crois que je vais rentrer maintenant.

‒ Moi aussi. On y va donc.

 

Lorsque j’arrive à la maison, je suis surprise de constater que Clinton est déjà là. Il rentre toujours après moi. En plus, je suis rentrée deux heures plus tôt. Je monte dans notre chambre sans l’y trouver. Je retire mes talons aiguilles et redescends. Il doit être dans son bureau. J’entends sa voix en m’approchant de la porte de son bureau. Je l’ouvre sans faire de bruit. Il est dos à la porte, le portable collé à l’oreille.

 

‒ J’avais arrêté le traitement pour ne pas mettre la puce à l’oreille à ma femme. Mais bon je trouverais bien un moyen de le reprendre.

 

De quoi parle-t-il ? Il se retourne et raccroche lorsqu’il me voit.

 

‒ Tu es déjà rentrée ? Dit-il en venant m’embrasser.

‒ Oui. De quel traitement parlais-tu ?

‒ Rien de bien grave. Je faisais un peu de gastro-entérite et le Docteur m’avait donné un traitement que je n’ai pas vraiment pris parce que je pensais que c’était juste la fatigue et qu’il ne fallait pas t’inquiéter pour rien.

‒ Mais maintenant ça va ?

‒ Oui. J’ai fait un peu de fièvre ce matin alors le Docteur a demandé que je prenne cette fois-ci le traitement. Bref, conte-moi ta journée. Tu rentres vite aujourd’hui.

 

Il s’assoit sur le rebord de son bureau en bois massif. Moi je reste debout devant lui.

 

‒ Ma journée se déroulait bien jusqu’à ce que ma fille vienne tout gâcher.

‒ Qu’a-t-elle fait ?

 

Rien que d’y penser, la colère me remonte à la gorge. Je me mets à faire des tours sur moi-même.

 

‒ Elle est enceinte.

‒ Mais c’est une bonne nouvelle ça.

‒ De Samy.

‒ Samy ?

‒ Oui Samy. Le fils de Daniel. Le même Daniel qui avait brisé notre famille et failli tous nous tuer. Tu te rends compte de sa bêtise ? Comment a-t-elle pu se permettre une telle chose après tout ce que nous avons subi par la faute de cette famille ? J’ai pourtant cru qu’elle était devenue plus mature, plus responsable mais apparemment non, je me suis leurrée.

 

Je passe des minutes et des minutes à parler non-stop. Clinton m’écoute sans parler, puis fatigué de me regarder tourner en rond, il m’arrête.

 

‒ Assez de tours pour aujourd’hui.

‒ J’en ai besoin pour évacuer cette boule sur mon cœur.

‒ Viens, asseyons-nous.

 

Il me tire vers le canapé et me fais asseoir sur une de ses jambes.

 

‒ Qu’est-ce qui te fait tant peur ? Me questionne-t-il ? Que Daniel s’en prenne de nouveau à elle ?

‒ Bien évidement. Ou bien ne vois-tu pas cette possibilité ?

‒ Mais tu as oublié que beaucoup de choses ont changé. Tu n’es plus aussi vulnérable qu’avant et donc tu peux protéger tes enfants, envers et contre tous.

‒ Je sais mais on ne sait jamais. Une sécurité n’est jamais fiable à 100%. Porter l’enfant de Samy peut donner une chance à Daniel de refaire surface dans nos vies et ça, je ne le veux pas.

‒ Je suppose que tu étais dans cet état devant Xandra ?

‒ Oui. Je n’ai pas pu m’en empêcher, dis-je d’une voix empreinte de tristesse.

‒ Pourtant dans son état elle a besoin de ton soutien, même si tu n’approuves pas le père. Tu devrais te réjouir avec elle qu’elle soit tombée enceinte, elle qui n’avait pourtant pas assez de chance.

‒ Je le sais. C’est juste que…

‒ Tu as peur. Je le sais. Mais réjouis-toi d’abord de la bonne nouvelle et après on verra la suite. Les mauvaises nouvelles minent beaucoup plus le monde de nos jours, alors apprendre que ta fille, qui était déclarée presque stérile, va enfin avoir un bébé doit te pousser à te réjouir. Profite de cette bonne nouvelle car tu ne sais de quoi demain est fait. Et si elle partait se faire avorter pour ne plus te décevoir et que le pire arrivait ?

‒ Non je refuse ça. Elle ne fera jamais une telle chose.

‒ Nous savons tous ce qu’elle peut faire lorsqu’elle est désespérée.

 

Clinton a raison. Tout ceci doit être stressant pour elle et dans son état ce n’est pas bon.

 

‒ Demain au mariage je lui parlerais. Pour l’instant j’ai besoin d’un bon massage de mon mari.

 

Je capture les lèvres de mon homme. Il ne se fait pas prier pour me soulever telle une nouvelle mariée et nous conduire dans notre chambre.

 

*Mona

*LYS

 

Si j’avais le pouvoir de me multiplier je le ferais. C’est le mariage de mon fils, le premier d’un de mes enfants auquel j’assiste et je tiens à ce que tout soit parfait. Il sera bientôt l’heure de la cérémonie et la mariée a des douleurs au ventre. Le Docteur de la famille est présentement avec elle. Will, ayant eu vent de cette nouvelle, est dans tous ces états. Je dois donc le rassurer, être au chevet de la mariée qui malgré la présence de sa mère me réclame et je dois aussi m’assurer que les invités soient disposés comme prévu. Je vais de nouveau jeter un coup chez la mariée. Je rencontre le Docteur qui ressort de la pièce qui lui a été attribuée.

 

‒ Alors comment va-t-elle ?

‒ Bien. C’était juste le stress surement dû au mariage.

‒ Dieu merci ! Encore merci à vous Docteur de vous êtes déplacé malgré les urgences à la Clinique.

‒ Pas de quoi. Bonne fête à vous.

‒ Merci !

 

Bon puisque la mariée est prête, je vais faire signe qu’on peut enfin commencer la cérémonie. Le Pasteur s’impatientait déjà. Il a d’autres mariages à célébrer après celui-ci. Je croise Xandra qui est toute magnifique dans sa robe. Elle sourit à cette nouvelle fille qu’elle a prise sous son aile. Mais ce sourire disparait pour laisser place à la tristesse lorsqu’elle me voit.

 

‒ Aïcha, tu peux nous laisser s’il te plaît ?

‒ Oui Tantine.

 

Xandra baisse la tête de honte.

 

‒ Viens-là ma chérie !

 

Elle parait surprise que je lui dise ça alors qu’hier j’étais très en colère. Elle me tombe presque dans les bras.

 

‒ Je suis désolée maman !

‒ Chut !!! C’est moi qui suis désolée de ma réaction. C’est plutôt une bonne nouvelle que tu sois enceinte et j’ai mal réagi.

 

Nous nous tenons les mains.

 

‒ Nous trouverons bien une solution à tout ceci. L’as-tu déjà dit à Spencer ?

‒ Pas encore. De toutes les façons je ne m’attends pas à ce qu’il reste encore avec moi.

‒ Tu ne l’as jamais aimé n’est-ce pas ?

‒ Pas vraiment, reconnait-elle honteuse.

‒ Bien. On en reparlera une fois le mariage terminé. Mais je pense que Samy doit être informé. Tu ne dois pas vivre ça toute seule.

‒ Je n’ai pas besoin de lui maman.

‒ On a toujours besoin du père son enfant. Bon, on garde ça pour plus tard. Pas de sujet triste pour l’heure. Il est temps de faire entrer la mariée.

‒ D’accord. Je pars la chercher.

 

Elle m’embrasse la joue et court vers la pièce de la mariée. Je fais signe à tous que tout est ok et je pars à mon tour chercher le marié pour le conduire à l’hôtel.

 

‒ Chéri ça va ?

‒ Ça ira quand je verrai ma femme, répond-t-il tout stressé.

‒ Elle va bien. Viens, il est temps de faire ton entrée.

 

L’entrée du marié se fait sous les regards des invités et des flashs des appareils photo. Une fois le marié devant l’homme de Dieu, je vais m’asseoir entre Clinton et Derrick. La trompette annonce l’entrée de la mariée. D’abord les pages et enfin elle apparait au bras de son père qui, grâce à Dieu, a été autorisé à voyager. Will en voyant sa femme devient tout rouge. Je crois même qu’il lutte avec ses larmes. Il finit par craquer. Il communique son émotion à tout le monde, moi en premier. Le père donne la main de sa fille au marié comme pour dire qu’il est d’accord. Il lui chuchote même quelque chose à l’oreille avant de rejoindre sa place. Le Pasteur peut enfin commencer l’office. Il commence par donner quelques passages de la Bible qui parlent du mariage puis vient la question fatidique.

 

‒ Si quelqu’un dans cette salle a des raisons de s’opposer à l’union de ces deux âmes, qu’il parle ou se taise à jamais.

 

Nous sommes tous sereins car nous connaissons toutes les personnes présentes dans cette salle et savons qu’elles n’ont aucune raison de gâcher ce mariage. Ayant été répondu par le silence, le Pasteur s’apprête à poursuivre.

 

‒ Bien ! Puisque…

 

« JE M’OPPOSE A CE MARIAGE »

 

Tous, comme un seul homme, tournons nos têtes vers l’entrée de la salle. Je manque de faire un infarctus en voyant qui vient de faire cette entrée magistrale. Je me lève d’un bond.

 

‒ Pétra ?

‒ Oui ma chère, c’est moi. En chair et en os.

 

Elle s’avance toute souriante et avec détermination. Je remarque une enveloppe dans sa main. Elle marche vers l’autel mais je lui barre le passage.

 

‒ Ça tombe bien que tu sois là, lui dis-je. Tu facilites son travail à la police. (Hurlant) Derrick, appelle la police et dis-leur que la garce qui avait ruiné notre famille est de retour.

 

Elle sourit.

 

‒ En attendant que la police ne se pointe, laisse-moi faire mon show. Ou bien ne veux-tu pas connaitre les raisons de mon opposition à ce mariage ?

‒ Tout ce que tu diras ne sera que mensonge.

‒ Oui j’ai beaucoup menti dans ma vie. Mais de nos jours il est impossible de mentir sur une grossesse.

 

Je plisse les yeux.

 

‒ Oui, je suis enceinte. De ton fils.

 

Les voix s’élèvent dans des murmures.

 

‒ OUI, JE PORTE L’ENFANT DE WILLIAM ET J’AI TOUTES LES PREUVES.

 

C’est encore quoi cette histoire ?


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Murima Tome 2