Rencontre

Ecrit par Sassygirl

« Car la parole est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à double tranchants, pénétrant jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; Elle juge les sentiments et les pensée du cœur » Hébreux 4 verset 12….. Personnage de référence : Saul de Tarse devenu Paul.

   

Prologue

 

Je foule des pieds la porte de ce restaurant. Je viens ici chaque fois que je le peux, mais comme toujours, je suis émerveillé par la classe, le luxe des lieux.

Je ne cherche pas longtemps avant de retrouver mon pote et ami de longue date. C'est devenu une routine pour nous, chaque jeudi, nous déjeunons tous les deux.

 

Il est déjà là, une minette l'accompagne. Celle-ci ne doit pas avoir plus de quinze ou seize ans. Je souris un peu, nous aimons les belles choses et la fraîcheur des corps que nous souillons. Je fais du tac au tac, je ne mâche pas mes mots et je ne fais pas non plus dans l'hypocrisie. Je n'aime pas ce genre de personne, je les ai en horreur.

 

J'arrive finalement à notre table. Je donne une tape dans le dos d'Axel. Il me remarque enfin, pourtant sa bouche est collée à celle de la petite fille. Elle lui dévore la bouche.

 

Je me racle la gorge. Les gamines, c'est le crush de mon ami. Moi je les aime certes jeunes, mais bien au dessus de dix-huit ans.

 

Je prends place devant eux. L'autre me regarde comme si je sortais d'un magazine de mode masculin. Je ne fais pas cas de son impertinence à mon égard et fais un signe de tête à mon ami. Il comprend le message.

Je ne sais pas ce qu'il raconte à sa vide couille( c'est ce qu'elle est, ne nous trompons pas), elle se lève immédiatement. Axel, vêtu d'un boubou deux pièces de couleur violette, fourre sa main gauche dans l'une des poches de son pantalon. Il en sort je ne sais combien qu'il donne à la fille. Les yeux de cette dernière brille de mille feux.

 

Qui a dit que l'argent n'achète pas femme ?

 

L'argent achète tout, même l'âme des gens.

 

J'en connais plusieurs qui vendraient leurs âmes pour de l'argent.

 

Axel sait comment je fonctionne. De deux ans son aîné, il me voue une admiration totale et sans limite. Son attitude vis à vis de moi me procure une telle puissance que j'en jouis à chaque fois que je le peux.

 

Axel : bonne arrivée mon frère

 

Moi : merci, comment vas-tu Axel ?

 

 Lui : je vais bien et toi?

 

Moi: bien aussi

 

Notre serveur habituel vient vers nous. Il prend nos commandes et s'éclipse comme il était venu.

En attendant de voir apparaître la nourriture, une bouteille de vin blanc, coûteux en plus nous est offert.

Je discute affaire avec mon ami quand je crois reconnaître quelqu'un.......des gens plutôt. Oui c'est sûr, ce sont eux.

 

Moi: putain de merde!!

 

Axel : que se passe-t-il?

 

Moi: regarde qui viennent de faire leur entrée !!

 

Lui: deux de tes plans culs?

 

Je le tchippppppp lourdement, ce qui le fait éclater de rire. On parle des choses sérieuses, lui il blague. Je tremble c'est vrai, mais de joie, d'une grande joie.

 

Je me lève et comme un villageois, je tonne le nom de celui qui était jadis mon meilleur ami. Le temps nous avait séparer. Je suis surpris qu'il ait pu garder contact avec les autres.

 

Moi: Josh !!!

 

Il se tourne vers moi. C'est confirmé, c'est bien Josh SIVA.

Lorsqu'il m'aperçois, il saute sur ses pas et là contre tout attente, il effectue une danse, notre danse lorsque nous étions à l'université.

Les éclats de rire, les accolades...... De sacrées retrouvailles !!

Quinze ans , quinze longues années et aujourd'hui en 2020, nous nous retrouvons.

 

Nous avons passés les vingt dernières minutes à nous embrasser et à faire un grabuge comme pas possible dans le restaurant. À terre COVID-19…….

 

En dépit de notre place habituelle, Josh nous invite à le suivre. C'est lorsqu'on pénètre dans l'espace VIP du restaurant que je me rends compte que les gens sont vachement riche. Ils chient l'argent.

 

Moi: merde!! Je n'ai jamais su qu'il y avait un salon VIP dans ce restaurant.

 

Josh: je ne savais pas non plus que tu étais un client de l'établissement.

 

Moi: si tu l'avais.......que......non ne me dis pas que tu es le propriétaire de ce chef-d'œuvre ?

 

Lui: si, j'en suis le propriétaire.

 

Je me tourne vers notre ami Rachid, il sourit.

Je ne parle plus, je fais juste la révérence. C'est de nouveau l'éclat de rire.

 

Josh: tu es bête...... Tu m'as trop manqué mon pote. Et Axel....mon petit Axel, tu es un homme maintenant.

 

Axel saute de nouveau dans les bras de notre ami. C'était le seul qui le défendait même dans ses bêtises à l'époque.

 

Au lieu d'une heure de temps de pause, aucun de nous ne voulait partir. Au dire de chacun, nous avons ce que nous avions toujours voulu : être riche.

 

Moi, Stéphane NOUMONDJI, je suis propriétaire de dix grands magasins spécialisés dans la vente de matériaux de construction. J'ai deux hôtels en mon nom au Bénin et trois autres au Ghana.

J'ai un partenaire sud africain, une bonne connaissance à moi qui est dans le trafic d'or et de pétrole.

 

Tout ça réunit fait que aujourd'hui je ne manque de rien du tout. Je cherche toujours de l'argent, j'en veux plus, toujours plus.

 

Rachid, lui a une ribambelle de boîte de nuit au Nigeria, deux au Ghana et trois à New-York aux Etats-Unis.

Il est aussi dans la construction, il construit des immeubles à louer et des maisons. Il s'est converti en architecture.

Il avait été  fiancé à Sofiane, la fille dont il était amoureux depuis l'université. Il avait bien réussi sa vie on dirait, mais malheureusement pour lui, rien ne s’est passé comme il l’avait prévu.

 

Axel est dans le domaine de l'import-export. Ses contenaires arrivent au port au moins cinquante fois par mois. Les bonnes dames du grand marché, en tout cas celles qui ont l'argent prennent leurs marchandises chez lui.

Il  a aussi une entreprise de lavage automatique. Il n'y a que les voitures de luxe et les camions  poids lourds qui peuvent s'offrir ses services.

Il a beaucoup d'autres choses qu'il me cache, au moment venu, il m'en parlera.

 

Notre quatrième, Charles, d'après ce qu'il nous dit, est un homme d'église. Il est marié et a deux enfants. Il a ses propres églises à Lomé et au Nigeria.

En dehors de ça, il a une concession de voiture. Ça lui rapporte beaucoup, vu le standing de vie qu'il mène.

 

Enfin le grand Josh, je crois que de nous tous, c'est lui le plus riche d'entre nous. Il a ce même restaurant dans cinq différents pays. Un à Bruxelles, un autre dans le sud de Paris.....un autre à Londres, un autre en Jamaïque, un autre à Dubaï et le dernier à Los Angeles.

Ça m'aurait étonné qu'il saute les États-Unis.

 

Moi: mec t'es balaise, comment tu as fait ?

 

Lui: j'ai un guide, quelqu'un sur qui me reposer. Il est mon pilier et ma forteresse, mon meilleur ami sans t'offenser bien-sûr......en gros, j'ai plus confiance en lui qu'en moi même. Et pour couronner le tout, il m'a donné une femme attentive, patiente, aimante , adorable comme tout et surtout pieuse. J'ai quatre adorables enfants qui me regarde comme si je suis le roi du monde. J'ai de l'harmonie dans ma famille, ma vie va comme sur des roulettes, mes finances s'améliorent au jour le jour. Mec, je suis comblé.

 

Moi: whaoooo!! C'est un marabout ? Un féticheur ?? C'est qui ? donne moi son nom pour que j'aille moi aussi le consulter pour la prospérité de mes affaires.

 

Lui: tu es fou Stéphane, vraiment!! L'homme dont je te parle se nomme Jésus-Christ. J'ai prié mon Dieu et il m'a mit entre les mains de son fils qui me conduit.

 

Moi( fronçant les sourcils):  c'est une blague n'est-ce-pas ?

 

Lui: non pourquoi ?? Je te parle sérieusement. Tu me connais Stéphane, comment tu es directe dans tes paroles et dans tes actions, c'est de cette même manière que moi aussi je suis véridique. J’ai au Saint Esprit à avoir la sagesse, l'intelligence, le discernement et la piété. Il m'a tout accordé, il m'a donné plus que je ne l'espérait. C'est ce qu'on appelle la grâce divine.

 

Moi: bon tu sais quoi? Arrêtons de parler de ton Jésus là et de ton......

  

Lui: ahhhh!! Tu peux parler mal de Dieu, de Jésus-Christ, mais s'il te plaît ne t'aventure pas sur ce terrain avec le Saint-Esprit, tu vas signer ton arrêt de mort.

 

Sur le coup, j'ai tiqué. Je suis resté sans voix pendant de longues minutes. Pour me donner une certaine contenance, j'éclate de rire. Les autres sauf Josh aussi éclatent de rire. Seul notre hôte sourit, il me fixe au point où je n'ai pas eu d'autres choix que de baisser les yeux.

 

Qu'est-ce-qui m'arrive ? Je ne suis pas le genre d'homme à baisser la tête devant autrui encore moins devant mon meilleur ami.

 

Notre retrouvaille s'est prolongée jusqu'à dix-huit heures. Au lieu d'une heure de pause comme c'était prévu avec Axel, notre rencontre s’est éternisée. Le mec est en admiration devant Josh, nous tous ici d'ailleurs. Il a une telle prestance, il a un charisme fou.  L'argent est bon, vraiment bon.

 

Nous avons échangé nos numéros et pour ce week-end, nous avons prévu de nous retrouver chez Josh. Il veut nous présenter sa famille.

 

Après cette rencontre riche en émotions, plus la peine d'aller au bureau. Je rentre immédiatement chez moi. Avant, mon domicile était mon havre de paix, mais ce soir, je sens qu'il me manque quelque chose. J'ai beau penser, je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui s'est réellement passé. Un lit froid, un décor à faire pâlir une femme normalement constituée et bien dans sa tête. Ma maison est plus froide que l'Antarctique. Ça fait bientôt cinq ans que je commence par me poser des questions sur comment j'en étais arrivé là où j’en suis aujourd'hui. J'ai de l'argent, le luxe est mon quotidien, mais personne avec qui le partager. Au début lorsque je m'engageais sur cette voie, j'étais obnubilé par le fait de pouvoir avoir tout ce que je voulais, mais aujourd'hui le vide qui s'est créé est tellement grand que plus jamais, il ne sera comblé.

 

La décoration est sinistre, presque effrayante.  Les rideaux, les draps..... Il sont en noir. Il n'y a rien de blanc chez moi, même mes couvercles sont de la même couleur. C'est la consigne, ma mise en garde à moi.

Je me suis enfoncé dans un monde que je croyais pouvoir maîtriser, mais aujourd'hui je doute fort que je sois capable de l'affronter.

 

Avec mes amis d'enfance réunis autour de moi, je pense que je pourrais moins supporter la pression et tout ce qui va avec.

J'avais connu Josh au primaire. Nous fréquentions un école public de rien du tout. Nous étions pauvres, moi déjà j'avais les yeux plus gros que le ventre, je ne voulais pas de cette vie. Josh quand à lui, se complaisait là dedans. Il était ambitieux, plus que moi. La différence c'est que j'aimais l'argent facile, lui aimait le fruit de son labeur.

Nous en avons fait des choses, des pas mal et des biens aussi. Nous avons fait la rencontre de Charles au collège.

Nous trois avions continué jusqu'à l'université, c'est là bas que nous avons fait la rencontre de Rachid. Axel est venu rejoindre le groupe un an plus tard. Il était en première année de droit. Nous nous sommes perdu de vue lors de ma troisième année, je ne l'ai même pas terminé. Le seul qui est allé jusqu'au master, c'est Josh. Je suis parti avec Axel au Nigeria, Rachid est retourné au Sénégal et Charles est allé au Ghana pour des études en théologie.

Seul Josh a continuer malgré les nombreuses difficultés qu'il a eu à connaître.

 

Je tombe de sommeil. Il est rare que je dorme à 20h, aujourd'hui c'est une exception.

Demain est un autre jour.

J'espère affronter mes cauchemars, mes regrets demain, cette nuit je n'ai pas la force de continuer avec eux.

 

Le lendemain

 

Je me réveille en sursaut. Comme toujours, il n'est que deux heures du matin. Depuis maintenant un an et demi, mon temps de sommeil s'est considérablement réduit. Je suis passé de huit heures de temps à deux heures par nuit.

J'avais cru pouvoir dormir tôt, mais je me suis fourvoyé. J'ai fermé les yeux à minuit et en ce moment précis, ils sont de nouveau ouvert.

 

Je me lève du lit, la lampe de chevet allumée fait de la lumière dans cette chambre qui est aussi froide qu'un frigo à viande. Je me dirige vers les toilettes, il faut que je me soulage. Assis sur le pot, je repense à nos retrouvailles d'hier et à ce que mon ami m'a révélé. Je suis resté sur ma faim, j'ai envie de savoir un peu plus sur lui et sur comment il a réussi sa vie. Ça se voit que Josh a réellement bien réussi. Il est marié avec quatre enfants, ses affaires prospèrent plus que celles de nous tous réunis.

Il dort très bien, seul un homme ayant un sommeil doux et reposant peut s'offrir le luxe de paraître aussi beau et frais. J'ai essayé par tous les moyens de cacher mes cernes, mes sauts d'humeur, mais ils paraissent sur mon visage.

Je reviens dans la chambre, je tourne en rond pendant des minutes avant de me décider à aller à la salle de sport qui est attenante à ma salle de billard. Pour tuer le temps avant que le jour ne se lève, je préfère me tuer au sport. Le sexe c'est bon pour moi, mais il n'y a pas que ça dans cette vie.

Avant je voyais ma vie comme pleine et entière, depuis hier, j'ai pris conscience qu'il y avait de gros trous, des vides énormes que j'ai comblé avec des choses sans importance. Je me fourvoyais en me disant ou en faisant croire aux autres que j'avais réussi, que j'avais tout ce dont j'avais besoin et que je ne manquais de rien. C'est tout le contraire, il me manque beaucoup de choses pour que cette dernière soit complète.

 
Redemption