
Chapitre 10 : JE décide !
Write by Les Histoires de Laya
Chapitre 10 : JE décide !
***Emilie OKINDA***
Je sens Gracien bouger énormément dans son sommeil, c’est devenu de plus en plus récurrent et quand je lui demande ce qui se passe, je n’ai pas forcément de réponse.
Si j’étais une femme aimante j’aurais insisté mais en ai-je juste quelque chose à foutre ? Absolument pas.
Bref, je sais oh combien je vous ai manqué, mais ce n’est qu’une parenthèse.
Je descends du lit en prenant bien soin de ne pas me faire entendre par mon mari. Je regarde rapidement l’horloge, 4h25, c’est déjà le matin non ? Evidemment.
Je rejoins la salle de bain à pas de chat, récupère le test au fond du placard, l’ouvre, urine, et j’attends.
J’attends encore et encore, deux barres s’affichent, eh merde !
Je sais d’ores et déjà que je perdrai cet enfant… pas besoin de me poser de questions.
Je retourne m’allonger, je tourne dans ce grand lit qui nous a couté pas moins de 2 Ms FCFA mais le sommeil ne semble pas être intéressé par moi.
Mes pensées convergent vers Martial et Ethan…
Combien d’années écoulées mes bébés ? Sachez juste que maman n’avait pas le choix…
***
Gracien (souriant) : Penses-tu que Xénia pourra venir ces vacances ?
Moi : et puis quoi encore ?
Lui : Emilie OKINDA, je vous pose une simple question, pas besoin de vous offusquer.
Moi : Ne parle plus jamais de MA fille.
Lui (pouffant) : comme si tu t’en souciais… Ne me fais pas rire Emilie, stp. Ne fais pas croire à ces gens qui nous lisent que dans la suite du récit de notre vie, tu as changé. Tu n’en avais rien à foutre de cet enfant quand tu m’as offert sa…
Moi : Gracien OKINDA, je n’ai ni le temps, ni la patience de vous écouter, allez vaquer à vos occupations, allez mentir aux gabonais mais collez-moi la paix.
Lui (après un long silence) : Mon amour, nous sommes faits du même bois tu sais, alors ne crois pas que tes crises m’éloigneront, je ne te quitterai pas Emilie, jamais. (Tout sourire) au fait, ce bébé (brandissant mon test de grossesse) il ne verra pas le jour non plus. J’ai trop d’années à passer à la tête du Gabon pour accepter de renoncer à un sacrifice aussi important. Alors, cesse tes conneries ! Je te redemande, quand est-ce que Xénia viendra ? As-tu envoyé tout son argent cette année ? Que dit Eden MAYE ?
Moi (le regardant) : je te déteste Gracien, du plus profond de mon être.
Lui (me fusillant du regard) : Alors laisse à Alice le palais et va t’installer dans une de tes résidences !
Moi : plutôt crever Gracien, ta salope ne sera JAMAIS dans ce bâtiment doré. Salopard !
***Xénia MAYE***
Moi (entrant) : Hello.
Maman Marianne (se retournant) : Hey baby girl. Tu ne m’embrasses pas ?
Moi : si si maman…
Je m’abaisse et me blottis contre elle, respirant sa si douce odeur.
Moi : Tu sens toujours aussi bon
Elle : Merci prunelle. Ta journée s’est bien déroulée ?
Moi: Mouais. Where is daddy?
Elle: Bedroom.
Moi: okay… Calista?
Elle : the same.
Moi : Je reviens.
Elle : Sûre que ça va ?
Moi : Mouais…
Elle : Tu me dirais si c’était pas le cas ?
Moi (silence) :
Elle : Je te laisse te poser, peut-être es-tu juste fatiguée…
Je sors de la cuisine sans rien rajouter, je marche jusqu’à la chambre de Calista dans laquelle je trouve Lucas.
Lui : HEYYYYY
Moi (sourire léger) : Hey bro
Lui : Ça c’est ma sœur !
Il tente de me prendre dans ses bras comme avant mais je grimace légèrement sans qu’il ne s’en aperçoive.
Finis les salutations, je me jette dans les draps de Calista, je me coince contre elle, comme une petite fille à la recherche de chaleur.
Calista (caressant ma joue) : As-tu mangé quelque chose ?
Moi : Non, je n’ai pas faim.
Calista (me fixant) : Tu peux me dire ce qui t’arrive ?
Moi : Rien darling, rien…
Calista : Fine.
Calista n’insiste jamais quand elle sent que tu ne veux pas répondre, c’est pour ça que je l’aime autant, elle est tendre, douce et disponible. Là par exemple, elle caresse mes cheveux, ah ces cheveux, vous ne savez pas oh combien je veux les coupes. Peut-être que si je les avais coupés, personne n’aurait pu les attraper…
Je soupire, je ferme les yeux, une larme s’écrase sur ma joue et je l’essuie discrètement.
Lucas (me sortant de mes pensées) : as-tu vu Grazi durant ce séjour ?
Moi : Oui, elle y était… Différente, différente de la Grazi calme et effacée que tu m’as décrit.
Lucas (faisant une grimace) : je l’ai constaté, de la pire manière. Elle a rompu le contact, j’avais l’impression d’être en face d’une personne manipulée, bref, c’est un horrible souvenir. Papa et Maman Marianne me disent d’être patient, qu’elle reviendra, mais j’en doute fort. Elle aime beaucoup trop M. Gracien Okinda, beaucoup trop.
Calista : Hum, je ne saurais quoi vous dire.
Moi : Hum, bref.
Je remets le drap sur moi, un vide complet dans ma tête, enfin pas autant que je le voudrais car…
***quelques mois plus tôt
Papa (me faisant un bisou sur le front) : Au moindre problème, tu m’appelles et tu prends l’avion retour.
Moi (les larmes dans les yeux) : Snif, d’accord.
Maman Marianne : alleeez mon bébé, tu es une grande fille, tout se passera bien.
Calista (me serrant fort) : Je t’aime prunelle !
Je les embrasse très fort, et je monte dans l’avion avec le cœur qui bat à 1000, non pas d’excitation mais de peur. Je ne connais véritablement ces gens qu’à travers le téléphone. Oui tante Emilie a repris contact avec moi depuis quelques années mais pour moi, elle n’est pas ma mère, je n’en ai qu’une, celle qui a toujours voulu de moi.
Je reçois des messages de mamans Cloé et Maély qui me souhaitent un bon séjour au Gabon et qu’en cas de, maman Cloé frappera tout le monde. Ça m’arrache un sourire, elle n’a pas changé !
Je réussis tout de même à dormir durant le vol, je suis en business class.
C’est à 17h30 que j’atterris à Libreville, douane, bagages, je sors et je n’ai même pas le temps de souffler que je vois au loin tante Emilie et sa garde rapprochée.
Les quelques gabonais qui réalisent que c’est bien elle, scandent son nom « Maman Emilie, notre première dame, seule et unique ».
Je remets mes lunettes de soleil, agacée d’être au milieu de ce grabuge.
Tante Emilie (tout sourire) : Bonne arrivée ma puce
Moi (rétissante) : merci tata.
Je l’ai vu grimacer mais sans plus, elle sait que je ne peux pas faire plus, non, elle ne me demandera pas de faire plus que ça.
Elle demande à sa sécurité de me débarrasser de tout et nous conduire à la maison.
Quand on y arrive, sur le perron, M. OKINDA, mes sœurs, et le personnel de maison nous attendent.
Tapis rouge déroulé, je ne comprends pas pourquoi tout ce superflu, après tout, je ne suis que la fille de sa femme.
Je laisse tata Emilie marcher sur ce tapis et je me décale, insupportable.
Elle : voyons ma chérie, c’est pour toi tout ça.
Moi : Vas-y, je t’en prie.
Dans ma tête, j’ai une seule hâte, allumer mon téléphone, appeler Calista et mes parents.
M. OKINDA : eh beh, après toutes années (chaleureux) bienvenue Xénia.
Moi (le fixant) : merci tonton.
Lui : appelle moi papa.
Moi (ignorant sa phrase) : je peux me présenter aux filles ?
Lui (souriant) : ah, elles te connaissent toutes. Tu as de gauche à droite : Grazi, Grace et Mélanie.
Moi : enchantée.
Grâce me saute presque dessus en me prenant dans ses bras, Mélanie n’a aucune réaction, Grazi a quant à elle un regard que je ne saurai qualifier. Dans ma tête j’hausse les épaules, qu’elle ne s’inquiète pas, je ne prendrai pas son papa à elle toute seule (Lucas m’a un peu expliqué la situation).
M. OKINDA ne me lâche pas du regard et ça me met mal à l’aise.
Grace me tient la main et elle ne l’a plus jamais lâché cette main.
Elle me fait visiter quelques pièces et m’explique que d’autres sont strictement réservées à M. le président et ses collaborateurs. Je n’ai pas insisté, je suis dans un haut lieu de ce pays, ils ont leurs secrets et je ne compte pas les découvrir, je veux juste retourner auprès de ma famille.
C’est à 22h, après avoir diné avec eux que je rentre dans ma chambre.
Je laisse des messages à ma famille et je m’endors après avoir tourné longtemps dans mon lit.
***de retour au présent
Moi (intérieurement): non non, pas ces souvenirs.
*** quelques mois plus tôt
***Gracien***
Enfin elle est là, elle est enfin là.
Moi (la fixant) : Emilie ?
Elle : Tout sauf ça Gracien, tout sauf ça. Eden me tuera de ses mains.
Moi : qui le laissera arriver au Gabon ?
Elle : tu comptes l’en empêche ?
Moi : je suis président de ce pays au cas où tu aurais oublié.
Elle : Gracien, laisse cette petite tranquille, laisse la retourner chez elle en paix.
Moi : Cesse Emilie, ça ne te ressemble pas. Tu me donnerais même toute ta famille si mon pouvoir en dépendait. Alors, ferme là et exécute toi.
Un silence a envahit la pièce et on en a plus reparlé.
Je la voyais dans ma maison, elle était très discrète, mais pleine d’une étoile brillante.
Elle était pure, intelligente, raffinée, éduquée, elle était bien élevée.
Sous ses vêtements amples, ses formes étaient développées, normal, elle a la vingtaine.
***
Les problèmes du pays s’intensifiaient mais moi quoi OKINDA ? Je continuais à leur vendre du rêve et de me remplir les poches.
***
Moi (étouffant un cri) : ferme là
Emilie (me regardant) : je te hais Gracien
Je ne l’écoute pas, je termine ce que j’ai à faire, je me rhabille.
Moi (lui jetant un sac) : Argent, clé et papiers de ta maison, clé d’une voiture, c’est à toi tout ça ma chérie, rien qu’à toi.
Elle (les larmes dans les yeux) : snif snif
Moi : mais si tu parles, crois-moi, ta vie sera un enfer.
Je suis ressortie de là et durant un mois, j’ai répété sans cesse le même schéma.
Qui pourrait m’en empêcher ? Aucun vivant, aucun mort, aucune loi, aucun dieu, je suis un Dieu.
***
Assis dans mon bureau, ma secrétaire m’annonce un appel, Eden MAYE, tiens donc !
Moi (décrochant) : Président du Gabon, bonjour !
Lui : Bonjour Gracien. Je souhaite que ma fille rentre.
Moi : Je te pensais plus poli que ça Eden MAYE, je vais bien et j’espère qu’il en est de même pour toi. Tu veux dire NOTRE fille ?
Lui : Je ne débattrai pas encore sur ce sujet.
Moi : Mais dis moi Eden, pourquoi ta femme, enfin, ta concubine serait la mère de Xénia et moi je ne pourrai pas être le père de celle-ci sachant que nous sommes dans la même situation ?
Lui : Gracien OKINDA, je ne sais pas pour qui vous vous prenez, si vous pensez une seule seconde que votre argent entretient mon enfant, vous vous gourez lamentablement. Qu’avez-vous apporté à cette petite ?
Moi : pardon ?
Lui : vous m’avez bien entendu, avez-vous apporté quelque chose à cette petite ? Et même si vous auriez voulu, je ne vous aurais pas permis, car vous ne mettrez pas sur mon enfant l’argent du contribuable.
Moi (agacé) : et si je ne permets pas qu’elle quitte le territoire, que feras-tu Eden ? D’ailleurs, je t’apprends qu’elle passera à minima 3 mois de vacances au Gabon chaque année.
Lui (pouffant) : Elle a deux ans ?
Moi : La vingtaine Eden, la vingtaine (souriant), mais si tu ne me crois pas, j’ai bien peur que tu aies très mal d’ici quelques mois.
Lui : Gracien OKINDA, vous dirigez ce pays, vous ne me contrôlez pas. Ma fille est de retour samedi matin.
Il a coupé, et j’ai pouffé, de rire ou d’agacement, faut reconnaitre qu’il est sacrément culotté.
Moi (décrochant le combiné) : Appelez pour moi mon épouse, qu’elle me rejoigne urgemment au bureau avant mon vol de ce soir.
Mon assistante : Laquelle M. le président ?
J’ai coupé sans lui répondre, je ne supporte pas les questions idiotes quand on sait que seule Emilie est mon épouse légitime.
J’ai desserré mon nœud de cravate, mon envie d’exploser était d’une immensité incontrôlable.
Quand Emilie est rentrée dans mon bureau, pleine de manières et qu’elle a refermé cette porte, c’est ma main qui a atterrit la première sur son cou.
Elle (toussotant) : Lâche moi, lâche moi, keuf keuf
Moi (serrant plus fort) : Où est passé l’argent de Xénia, Emilie ????? Où est mon argent que je te remettais chaque fin de mois pour notre fille ? Où est-il ?
Elle (plus sereine) : pfff, c’est pour ça que tu serres mon cou Gracien ? Aïe merde, lâche moi.
J’ai serré plus fort, toujours plus, si nous étions dans notre maison, j’aurais cogné son crane sur le mur.
Je l’ai relâché, mes yeux étaient rouges de colère. J’ai un seul code d’honneur, nos enfants ne devront jamais souffrir, jamais. Surtout pas quand je remets à Emilie 20 Ms FCFA (tarif fixé par elle-même) par an depuis des années pour sa fille, oh que non.
Elle (massant son cou) : J’ai investi dans un compte bloqué pour Mélanie et Grace.
Moi : Emilie, tu vas rapidement calculer ce qui devait revenir à Xénia toutes ces années, faire un virement à cette dernière, et si tu penses me contourner, sache que le DG de BGF est à ma merci. Tente moi !
Elle sait, très bien, beaucoup trop bien qu’à cet instant, le Gracien qui parle est le méchant loup qui élimine tout sur son passage.
Moi : Touche à tout, mais pas à ce qui revient à nos enfants.
Emilie : tu es pathétique Gracien , un sale chien tu es, un démon en liberté, qui passe son temps à vi….
Moi : ferme là Emilie, je m’apprête à faire pire. Et je te rappelle que tu as signé pour le pire.
Suite à ça, j’ai renvoyé Xénia chez son père deux semaines après la date indiquée et après de multiples appels. Il pensait vraiment qu’un simple cancrelat comme lui pouvait me faire trembler, il ne me connait pas mais il ne tardera pas à me découvrir.
En parlant de me connaitre ou non, Stéphane OTONDO me connait t-il ?
Et cet homme qui sort avec ma fille, me connait-il ?
*** retour au présent
***Grazi***
Au réveil je prends mon téléphone, un message d’Olivier m’arrache un sourire, il est enfin sur Abuja.
Je lance l’appel, deux sonneries et il décroche.
Moi : mamour
Lui : baby, comment vas-tu ?
Moi : super maintenant que je t’entends.
Lui (amusé) : ah oui ?
Moi : tellement babe. Tu m’as manqué…
Lui : toi aussi darling. Et ces vacances ?
Moi : oh super, auprès de mon père.
Lui : il va bien ?
Moi : je ne l’ai jamais vu aussi en forme en tout cas.
Lui : fine ! Ma mère te salut.
Moi (gênée) : moi de même.
Il me parle vaguement de son séjour, de son retour aux sources auprès des anciens, bref, il s’est amusé.
Moi : c’est le plus important. J’ai tellement envie de toi !
Lui : je donnerai tout pour me glisser en toi.
Moi : viens à Libreville.
Lui : Babe, il ne nous reste que quelques jours, sois patiente.
Moi : alors tu ne donnes pas tout.
Lui (éclatant de rire) : 1-0. Je t’aime Grazi.
Moi : moi aussi trésor.
Lui : tu accepterais de t’installer définitivement à Abuja ?
Moi : loin de papa ?
Lui : logiquement.
Moi (hésitante) : je ne sais pas.
Lui : on en reparlera.
Moi : ok.
On échange sur tout et rien à la fois, mais cette pensée de vivre loin de mon père perturbe mon esprit fortement.
Je reçois un double appel.
Moi : babe, je te rappelle.
Lui : laisse-moi te rappeler sweet, je dois manger avec Titina.
Moi : bisous.
Je décroche sans dire un mot.
Au bout du fil : Graziella Iniva OKINDA
Moi : oui, à qui ai-je l’honneur ?
Lui : Ton futur mari. Restaurant Roma, samedi 21h30, tenue blanche exigée.
Moi : pardon mais qui êtes-vous pour me donner des ordres ?
Lui : Je ne me répéterai pas, à samedi Iniva ! clic
Quel culot, n’importe quoi