
Chapitre 8 : Le restaurant de l’espoir
Write by Ellie chou
Les jours s’écoulaient, rythmés par la poussière du charbon et les rires d’enfants qui revenaient de l’école avec des cahiers remplis de promesses.
Marguerite Kouassi tenait bon.
Chaque sac de charbon vendu était un pas de plus vers un avenir meilleur pour ses enfants.
Mais au fond d’elle, elle savait que ce n’était pas suffisant.
La vente de charbon rapportait peu, et l’épuisement gagnait son corps.
Il lui fallait une autre voie.
Un soir, alors qu’elle comptait ses maigres gains sous la lumière vacillante de sa lampe tempête, une idée germa dans son esprit. La cuisine.
Depuis toujours, elle avait un talent pour préparer des plats savoureux avec presque rien. Pourquoi ne pas en faire son métier ?
Un nouveau départ
Au village, il y avait un petit restaurant, un « maquis » comme on les appelait, tenu par une femme nommée Tata Joséphine.
C’était une dame généreuse qui, depuis longtemps, observait Marguerite avec admiration.
Un matin, après avoir préparé le petit-déjeuner de ses enfants, Marguerite prit son courage à deux mains et se rendit chez Joséphine.
« Tantie, je veux apprendre à cuisiner pour les autres. À travailler ici, si tu veux bien de moi. »
Joséphine la regarda un moment, puis un sourire bienveillant se dessina sur ses lèvres.
« Ma fille, tu as toujours été une battante. Viens demain à l’aube, on verra ce que tu sais faire. »
Le lendemain, Marguerite était là, avant même que le soleil ne se lève.
Elle retroussa ses manches et se mit au travail. Elle pétrissait, faisait frire, assaisonnait… Chaque plat qu’elle préparait rappelait l’amour d’une mère, la chaleur d’un foyer.
Très vite, les clients remarquèrent la différence. Son attiéké poisson était plus savoureux, son foutou bien plus moelleux, son kedjenou parfumé comme nul autre.
Joséphine, impressionnée, lui proposa bientôt un véritable poste. Fini le charbon. Désormais, elle cuisinerait.
Avec ses premiers vrais salaires, Marguerite put souffler un peu.
Elle pouvait enfin offrir à ses enfants des repas plus consistants, acheter de nouveaux cahiers, et même rêver.
Un jour, alors qu’elle servait un groupe de clients, elle aperçut Élise, qui venait de l’école, courir vers elle avec un grand sourire.
« Maman, tu es belle dans ton pagne ! On dirait une vraie patronne ! »
Marguerite rit et la souleva dans ses bras. Patronne ? Pas encore. Mais un jour, peut-être…
Elle jeta un regard autour d’elle, observant le petit restaurant qui bourdonnait de vie.
C’était peut-être ici que tout recommençait.
Un avenir nouveau prenait forme, dans la chaleur de sa cuisine, dans la fumée des marmites et dans l’amour qu’elle mettait dans chaque plat.