
<< La voie à suivre >> Chapitre 1
Write by Le Kpetoulogue
LA VOIE A SUIVRE
Chapitre 1
Le Cap – Afrique du sud
Assis sur le balcon de sa chambre, un jeune homme contemplait l’océan Atlantique. Le bruit des vagues se fracassant contre les rochers semblait l’apaiser. Après un moment, son regard se posa sur une mallette posée juste en face de lui. À l’intérieur, un masque.
C’était un masque singulier, presque irréel. Son fond blanc immaculé contrastait avec le noir intense qui cerclait les yeux, d’où coulaient deux larmes de sang, comme tracées au doigt. Sur le haut, deux cornes acérées d’une dizaine de centimètres se dressaient, menaçantes. Il avait tout de l’apparence d’un démon. Mais ce qui le rendait véritablement dérangeant, c’était son sourire. Un sourire d’enfant, innocent et doux, qui, dans ce contexte, le rendait d’autant plus terrifiant.
Le jeune homme perplexe se questionna : « Devrais-je te laisser ici ? »
Il n’eut pas le temps de poursuivre sa réflexion. La porte s’ouvrit brusquement. Instinctivement, il referma la mallette.
-Maa ?
Une dame bien plus âgée que lui entra dans la pièce et s'approcha de lui. Il se leva à son tour pour aller à sa rencontre. Derrière le léger sourire qu'elle affichait, se cachait comme un ton de tristesse
La dame : « Tu vas tellement me manquer Luqman… tu es sûr de toi ? »
Luqman : « Oui Maa… je sens que c'est nécessaire »
Sa mère : « Tu es ici chez toi, tu le sais très bien. Tu n'as pas besoin de faire cela, mon fils, ou tu n'es pas heureux avec nous ? »
Luqman : « … ce n'est pas ça Maa … j'ai juste besoin de trouver des réponses à mes questions. Je … sens que je dois le faire … »
Sa mère : « Si jamais tu changes d'avis, n'oublie pas que tu as un toit et une famille pour qui tu comptes énormément. Et s'il te plaît, donne-nous des nouvelles tout le temps, nourris-toi correctement aussi… et ne te laisse pas manipuler par les filles de là-bas. J’ai entendu dire que beaucoup sont des sorcières, et s'il te plaît, je veux vraiment que tu continues tes études »
Luqman : « Mais… »
Sa mère : « S'il te plaît, fais-le pour moi. Je t'ai même trouvé une université et mon mari s'occupera de tout, et essaie de te trouver des passe-temps et aussi… et … »
Plus elle s'efforçait de parler, plus les larmes lui montaient dans les yeux. Elle lui parlait comme si elle avait peur de ne plus le revoir. Luqman l'enlaça dans ses bras en lui promettant de revenir dès qu'il aurait trouvé les réponses à ses questions. Après qu'elle soit sortie de sa chambre, Luqman posa encore un regard vers la mallette et se dirigea vers elle
Après avoir saisi sa valise qui se trouvait sur le lit, Luqman sortit de sa chambre. Il descendit les escaliers, y laissa sa valise et se dirigea vers une pièce qui se trouvait tout au fond d'un couloir. Après avoir toqué à la porte, la voix d'un homme à l'intérieur lui dit d'entrer
Luqman : « Bonjour père »
Assis sur son bureau, un vieil homme était plongé dans des documents. Dès que Luqman entra, il déposa les documents pour le regarder
Son père : « Il n'y a vraiment rien que je puisse faire pour te retenir ? »
Luqman : « … »
Son père : « La dette que j'ai envers toi est colossale, et j'ai l'impression de ne pas avoir été à la hauteur… j'ai l'impression d'avoir échoué … avons-nous fait quelque chose de mal Luqman ? »
Luqman : « Non père … vous et Maa avez été … êtes des parents exceptionnels. Je ne pourrais jamais vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi. Pour moi ce n'est pas un adieu … ce n'est qu'un au revoir père »
Son père : « J'essaie de te comprendre… enfin disons que je te comprends, un homme se doit de trouver les réponses qui le hante et tu fais bien … mais c'est juste que … hum … j'espère de tout cœur que le destin t'apportera les réponses que tu cherches »
Son père lui tendit ensuite une enveloppe en lui disant que cela contenait tout ce dont il aurait besoin pour cette aventure qu'il entreprend. Luqman fut surpris par le contenu de l'enveloppe
Luqman : « C'est un peu trop… vous ne trouvez pas ? Vous n'aviez pas à faire cela… j'ai suffisamment de quoi … »
Son père : « S'il te plaît Luqman … accepte ou j'aurai des problèmes avec ta mère… tu sais comment elle est … c'est la moindre des choses que je puisse faire. Pars maintenant, tu as notre bénédiction »
Luqman : « Merci père »
Une fois hors de la maison, Luqman se retourna pour jeter encore un coup d'œil à cette immense demeure qui l’avait accueilli il y a de cela de nombreuses années. Il ressentait déjà une certaine nostalgie l'envahir pendant que des souvenirs se succédaient au fur et à mesure dans sa tête. Après avoir rangé sa valise dans le coffre du taxi, il demanda au conducteur de l'attendre durant un instant. Luqman se dirigea à l'arrière de la maison où se trouvait un jardin. Un râteau à la main, un homme était en train de rassembler les feuilles mortes. Luqman s'approcha de lui
Luqman : « C’est l’heure Mr Ibhavu … je dois y aller »
L'homme semblait être le jardinier de cet endroit. Son physique imposant ne correspondait pas vraiment à l'emploi qu'il effectuait. Il resta silencieux et continua durant plusieurs minutes à rassembler les feuilles mortes. Il semblait mécontent, contrarié. Luqman silencieux, resta sur place. Il ne parlait pas, il se contentait d'attendre. Patient et inflexible comme s'il aurait pu attendre toute une vie.
Mr Ibhavu : « Petit… Tu es un enfant pénible, tu sais ? »
Luqman : « … »
Mr Ibhavu : « Si tu … si tu l’emportes avec toi, ne l’utilise pas … compris ? »
Luqman : « … Oui monsieur … »
Mr Ibhavu : « Parfait … Fais-moi signe si tu as besoin de quoi que ce soit »
Luqman : « D'accord Monsieur, prenez bien soin de vous et merci pour tout »
Mr Ibhavu : « Vas-y maintenant »
D'un pas déterminé, Luqman monta dans la voiture qui le conduisit à l'aéroport. Son vol pour Abidjan l'attendait
Abidjan – Côte D’Ivoire
On était lundi et aux environs de 8h30 du matin, une Ducati Streetfighter roulait à toute vitesse sur une autoroute d'Abidjan. Luqman, quoique pressé, faisait quand même attention à respecter le code de la route. Il était en retard parce qu'il avait eu du souci à sortir avec sa moto, à cause de deux personnes qui bloquaient la voie de sortie parce qu'ils étaient en train de se chamailler pour savoir qui devrait laisser le passage à l'autre. Il était quasiment 9h quand sa moto s'approcha d'un institut universitaire
Luqman : « Hum… je crois que je suis au bon endroit »
La moto de Luqman attirait beaucoup les regards tant elle semblait furieuse et tout droit sortie d'un film d'action. Il ne prêtait pas attention aux regards et cherchait plutôt un endroit où se garer. En se dirigeant vers le parking, il y vit quelques places libres, alors qu'il cherchait à se garer, il entendit quelqu'un klaxonner derrière lui. C'était une Range Rover. Le conducteur de la range rover s'adressa à lui en des termes peu courtois
Le conducteur : « Eeeh !!! Dégage ton truc là de ma place »
À lui non plus, Luqman ne prêta pas attention. Il se contenta de se garer, de baisser la visière de son casque et d'avancer vers la voiture
Le conducteur en colère : « OOHH CONNARD ??? JE TE PARLE, NON ??? »
Luqman : « Et je vous entends, mais il n'y avait nul nom sur la place de parking que j'ai occupée. Et en plus, juste à côté, il y a des places libres »
Le conducteur était plutôt jeune, et vu sa tenue, c'était aussi un étudiant dans cette université. À ses côtés se trouvait une demoiselle qui essayait du mieux qu'elle pouvait le calmer
La demoiselle : « Jules, faut te garer à côté, ça fait quoi ? »
Jules : « Oorrh, ferme ta gueule Leila. Qui t'a parlé ? Et toi, je dis qu'ici là c'est ma place, donc prends ta moto et dégage »
Luqman : « Lol »
Jules : « LOL ??? Attend… c'est avec moi que tu veux faire le guignol ? »
Jules semblait être quelqu'un de très colérique, parce que le < Lol > de Luqman suffit à faire bouillir son sang tout d'un coup. Il ouvrit la portière de sa voiture pour en découdre avec Luqman, mais ce dernier saisit la poignée et d’un coup, referma la portière avec une telle force que cela eut l’effet de surprendre Jules. Luqman retira ensuite son casque et, avec un léger sourire, il se rapprocha de Jules
Luqman : « Il vaut mieux pour toi de rester dans cette voiture et te garer tranquillement ailleurs … mon ami »
Le ton de la voix de Luqman était menaçant, mais ce n'était pas ce genre de menace qu'on pourrait négliger. Que ce soit son léger sourire ou son regard, c'était froid et glacial au point où cela avait suffi à donner la chair de poule à Jules durant un instant. Jules voulait s'emporter, mais son instinct s'efforçait de lui envoyer comme des signaux d'alerte. Comme pour le prévenir d'un danger imminent. Leila, qui était juste à côté, remarqua cela. C'était la première fois pour elle de voir Jules craindre quelqu'un ne serait-ce que l'espace d'une seconde
Un censeur qui semblait avoir été alerté par la scène s'approcha d'eux et questionna pour savoir s'il y avait un souci
Leila : « Non monsieur Bathily, on voulait juste se garer »
M. Bathily : « Dépêchez-vous, vous êtes déjà en retard … et vous, vous êtes ? Il semblerait que ce soit la première fois que je vous vois »
Luqman : « Bonjour monsieur, en fait je viens pour mon inscription un peu tardive. Je m'appelle Doumbia Luqman »
M. Bathily : « Ha c'est toi l'étudiant qui nous vient du Cap ? »
Luqman : « Oui oui monsieur »
M. Bathily : « Mais tu es en retard. Allez suis-moi, je vais t'indiquer où finir ton inscription et tout. Tu as presque un mois de retard sur les élèves de ta classe, donc évite de perdre encore plus de temps »
Luqman : « D'accord monsieur »
M. Bathily : « Monsieur Jules, Mademoiselle Leila, veuillez-vous dépêcher également de vous rendre dans vos différents cours »
Jules : « Euh… oui oui monsieur »
Jules fut obligé de se garer sur la place d'à côté. Il semblait toujours en colère, donc Leila essaya de le calmer en lui caressant le bras
Leila : « Calme-toi, non bébé ? Ce n'est pas si grave »
Jules : « Tu racontes quoi même toi là ? d'ailleurs, descends »
Leila : « Ahi ?? »
Jules : « JE DIS DE DESCENDRE !! TU N'ENTENDS PAS AUSSI ?? OU DE TE GIFLER ??? »
Leila : « Hum, tu veux me taper à cause de petit truc là ? »
*** BAAAFFFF ***
La main lourde de Jules s'abattit en un éclair sur la joue de Leila. Elle n'avait même pas vu venir le coup. C'était une gifle si violente qu'elle s'était mordu la lèvre et en saignait. Il l'a saisie ensuite par son cou
Jules : « Quand je te dis quelque chose, tu obéis, point final, c'est compris ?? »
Leila : « O-oui… excuse moi … pardon »
Jules : « Descend, j'ai dit »
Leila s'exécuta et descendit aussitôt de la voiture. Elle prit un instant pour inspirer, histoire de calmer ses émotions. Elle sortit un mouchoir pour nettoyer sa larme à l'œil et aussi le sang sur le côté de sa bouche, et ensuite elle s'empressa de rejoindre sa classe.
Grâce à l'aide de Mr Bathily, l'inscription de Luqman fut assez rapide. Après en avoir fini avec la paperasse, M. Bathily s'est entretenu avec Luqman quelques instants
M. Bathily : « Selon ton dossier, tes parents sont décédés quand tu étais jeune et c'est le Colonel Major N'Da Arthur qui est ton tuteur légal sur le territoire ivoirien, c'est bien cela ? »
Luqman : « Oui monsieur »
M. Bathily : « Je l'ai rencontré il y a une semaine quand il est venu nous faire part de son désir de vouloir t'inscrire dans cette université. Fais-lui signer ces quelques documents et apporte-les-moi d'ici la semaine prochaine »
Luqman : « D'accord monsieur »
M. Bathily : « C'est écrit ici que tu as obtenu le bac à 14 ans… félicitations »
Luqman : « Merci monsieur »
M. Bathily : « Mais juste après il n'y a plus rien. Qu'est-ce que tu as fait durant ces 5 dernières années ? Et pourquoi est-ce que maintenant que tu décides de reprendre tes études ? »
Luqman : « Disons que j'ai eu ma période d'inconscience et c'est maintenant que je m'éveille »
M. Bathily perplexe : « Hum… je vois. Et pourquoi avoir quitté le Cap ? Ce n'est pas pour cracher sur l'éducation ivoirienne mais bon, il y a clairement de meilleures universités en Afrique du Sud, alors pourquoi ce choix ? »
Luqman : « Je suis né ici monsieur mais j'ai vécu la majeure partie de ma vie en Afrique du Sud, je voulais juste connaître la terre qui m'a vu naître »
M. Bathily : « Hum… ok je vois. Tâche de rester sage et de ne pas te créer des embrouilles comme ce qui a failli arriver ce matin. Concentre-toi que sur tes études »
Luqman : « D'accord monsieur »
M. Bathily : « Tu veux que je t'accompagne pour t'annoncer à ta classe ? »
Luqman : « Euh… non. Ça ira, j'ai juste besoin de savoir où c'est et je vais me débrouiller »
M. Bathily : « D'accord »
Après lui avoir indiqué où se trouvait sa salle de classe, Luqman prit congé du censeur Bathily et se rendit vers sa salle de classe. Le bâtiment dans lequel se trouvait sa salle était assez grand. Un grand bâtiment de plusieurs étages. Sa classe se trouvait au troisième étage selon les indications de Mr Bathily. En s'y rendant, un étudiant qui était aussi très en retard et qui courait faillit lui rentrer dedans. Luqman s'écarta in extrémis, mais l'étudiant tomba à terre
Luqman : « Euh … ça va ?? »
L'étudiant : « Eeeh Madame Kouassi va me tuer aujourd'hui là, moi-même je sens déjà l'odeur de ma tombe comme ça. Qu'est-ce qui m'a pris de dormir à 4h du matin même ? Eeeh seigneur »
Luqman : « Bon, on dirait que oui »
L'étudiant : « Ehh mon frère, pardon. Je ne t'ai pas blessé hein ? Pardon, je ne t'avais pas vu »
Luqman : « Non t'inquiète, ça va »
L'étudiant : « Ha c'est cool »
Après s'être relevé, l'étudiant pressa le pas pour aller dans une salle de classe. Et c'était aussi là que se rendait Luqman. Une fois devant la salle, alors que l'autre étudiant arrangeait sa tenue avant d'y entrer, il remarqua que Luqman l'avait suivi
L'étudiant surpris : « Ahii ? Tu es perdu ou bien ? »
Luqman : « Non, en fait je suis nouveau et il semble que c'est aussi ma salle de classe ici »
L'étudiant : « Han han… bienvenue le nouveau »
Alors que Luqman s'apprêtait à entrer, l'autre étudiant l'arrêta net
Luqman : « Un souci ?? »
L'étudiant : « Mon ami, est-ce que tu sais que c'est Dieu même qui t'a envoyé pour me sauver ce matin-là ?? »
Luqman : « Euh… je ne te suis pas »
L'étudiant : « Moi c'est Yohan. Ici là c'est moi je gère tout ce qui est logistique, maintenance, etc… genre tu vois non, sans moi l'école marche sur un pied »
Luqman avait quelque peu de mal à comprendre tout le charabia qui sortait de la bouche de Yohan. Il n'était clairement pas familier avec le jargon ivoirien même s'il en avait entendu parler à plusieurs reprises. Il faut dire qu'en Afrique, les ivoiriens sont un peuple qui savent se faire remarquer et tout le monde parle tant de leur manière de s'exprimer
Luqman : « Ok moi c'est Luqman »
Yohan : « Donc tu es nouveau hein ? Tu t'es inscrit aujourd'hui même ? »
Luqman : « Oui c’est cela »
Yohan : « Ok mon frère, tu vois cette classe-là, c'est moi le chef. Je vais t'annoncer propre, propre. Je vais meme te trouver une place chap chap »
Luqman : « Oui mais je peux me débrouiller… »
Yohan : « Hum mon frère, je dis que je m'en charge non ? Calme-toi »
Luqman : « Euh … D'accord »
Luqman assista à tout un cérémonial. Yohan se vêtit correctement, se coiffa proprement. Sorti même un spray de bouche pour avoir meilleure haleine et finalement il tapa à la porte. Après être entrés dans la salle, Luqman et Yohan firent face au professeur de Math. Madame Kouassi
Mme Kouassi : « Qu'avons-nous là ? Encore toi Amani Yohan Jean Claude… alors qu’elle est ton excuse du jour ?? »
Yohan : « Ha Madame, aujourd'hui là ce n'est pas de ma faute hein. En fait non j'allais arriver à l'heure, mais tout ça c'est à cause du changement d'heure »
Madame Kouassi : « Il n'y a pas de changement d'heure en Côte d'Ivoire »
Yohan : « En fait, comme moi je prévois d'aller à Bingué (en occident) un jour, je m'habitue en même temps quoi, donc je mets mon horloge en… »
Plus il parlait, plus le professeur de Math semblait agacé par ses propos. Elle en était même exaspérée, comme si elle en avait l'habitude avec lui
Madame Kouassi : « EEEHH STOOOOP !!! Tu m'arrêtes ça, tout de suite… et c'est qui avec toi ?? »
Depuis qu'il était entré dans la classe, il y avait beaucoup de chuchotements dans la classe. Surtout venant des filles. Luqman était un homme qui ne passait pas inaperçu. Dès qu’il entra dans la salle de classe, tous les regards se tournèrent vers lui, comme attirés par une présence à la fois imposante et mystérieuse. Avec ses 1,90 mètre, il dominait la plupart des gens dans la pièce, sa silhouette athlétique suggérant une force contenue, comme s’il était prêt à bondir à tout moment. Mais ce qui captivait vraiment l’attention, c’était sa coupe de cheveux. Ses longs locks, soyeux et bien entretenus, étaient attachés en une queue de cheval avec un élastique noir. Ils lui donnaient une apparence à la fois sauvage et raffinée, comme s’il incarnait un équilibre parfait entre la nature brute et la discipline.
Madame Kouassi : « Eeeh taisez-vous… donc qui es-tu jeune homme ? »
Luqman : « Bonjour Madame, je m'appelle… »
Yohan : « Voilà même tchoor ! Madame c'est à cause de ça même que je suis en retard. En fait c'est un nouvel élève, et ya le censeur qui m'a dit de le guider, pour son inscription, et ensuite j'étais en train de lui montrer les trucs, trucs quoi, les coins importants de l'université »
Madame Kouassi : « Hum… vraiment ? »
Luqman compris que Yohan se servait de lui pour s'en sortir de son pétrin. Vu ces clins d'oeil insistants qui semblaient crier au secours, Luqman accepta de jouer le jeu
Luqman : « Oui madame, c'est vrai. Voici mon billet d'inscription »
Madame Kouassi jeta un œil rapide au papier que lui tendit Luqman et vit qu'il venait effectivement de s'inscrire aujourd'hui. Néanmoins, elle ne voulait pas laisser Yohan s'en tirer aussi simplement
Madame Kouassi : « Yohan résout moi le probleme au tableau »
Yohan : « Ahi madame ? Matin bonheur la ? Je sais meme pas si mon cerveau est bien au complet d’abord et vous parlez de résoudre problème ?? »
Madame Kouassi : « -2 »
Yohan : « Aaaaah Maaadaaame … »
Madame Kouassi : « À ta place tout de suite… et toi Luqman ? Peux-tu me résoudre ce problème ? »
Luqman jeta un coup d'œil au tableau, il connaissait le résultat de cette équation. Il pouvait la résoudre de plusieurs manières différentes, mais vu comment les autres élèves le regardaient, il ne voulait pas s'attirer plus d'attention qu'il ne l'avait déjà fait
Luqman : « Euh non madame, je ne connais pas »
Madame Kouassi : « Encore un autre cancre dans ma classe, bon Dieu, qu'est-ce que je t'ai fait ?? Trouve-toi une place et assieds-toi »
Yohan lui fit signe de venir un peu vers le fond de la salle, il lui avait trouvé une place juste à côté de la fenêtre. En se dirigeant vers sa place, Luqman sentait un regard vraiment insistant sur lui. En tournant son regard sur la gauche, il croisa celui de Leila. La demoiselle qui était dans la rangée rover ce matin avec le conducteur colérique. Elle avait une blessure sur le côté de ses lèvres qu'il n'avait pas tout à l'heure. Elle lui fit un sourire qu'il ignora tout simplement. Une fois à sa place, Luqman se contenta de suivre calmement les différents cours jusqu'à ce que la pause arrive.
A Suivre …