
<< La voie à suivre >> Chapitre 3
Write by Le Kpetoulogue
Chapitre 3
Jules avait accompagné Leila jusqu'à chez elle. Au moment où elle s'apprêtait à descendre
Jules : « Toi, je ne veux plus te voir t'approcher de ce Luqman »
Leila : « Mais on est dans la même classe »
Jules : « Tu as très bien compris ce que je voulais dire »
Leila : « D'accord »
Alors qu'elle descendait de la voiture, la mère de Leila ouvrit au meme moment la portière de leur villa, et reconnut Jules et sa voiture
La maman de Leila : « Oh bonne arrivée ma fille, ça a été les cours ? »
Leila : « Oui oui maman »
Jules : « Bonsoir Mme Touré, j'espère que vous allez bien »
Mme Touré : « Ah Jules, tu vas bien mon fils ? »
Jules : « Oui oui ça va, je suis venu la déposer »
Mme Touré : « Tu ne rentres pas ? Entrez, vous allez boire au moins un verre d'eau quand même »
Jules : « Ha une prochaine fois madame, je dois sortir avec mes parents ce soir en fait »
Mme Touré : « Ha d'accord, tu les salues de ma part »
Jules : « D'accord madame, passez une bonne soirée. Je t'appelle après Leila »
Leila : « D'accord »
Une fois à l'intérieur de la villa, la maman de Leila remarqua sa légère blessure à la bouche et lui demanda comment est-ce qu'elle s'était fait cela. Leila inventa une excuse
Mme Touré : « Ha d'accord, faut faire attention à toi hein et faut bien prendre soin de Jules. Si lui, il t'a épousée, ta vie est gagnée comme ça. Je ne veux pas aller te voir faire des bêtises, hein, faut bien prendre soin de ta relation avec lui. Surtout que ton père travaille pour son père, donc si votre relation évolue bien, ton père aura des promotions et tout, donc sois sage et bienveillante avec lui, c'est compris ? »
Leila : « Oui oui maman, j'ai compris »
Une fois seule dans sa chambre, Leila se coucha sur son lit. Elle saisit son oreiller et y posa son visage. Des cris sourds sortaient de sa gorge, tandis qu'à chaude larme, elle pleura encore et encore en maudissant cette vie qui était la sienne
La semaine touchait à sa fin et Luqman se rappela qu'il devait aller faire signer des documents à son tuteur, le colonel major Arthur. C'était un vieil ami de son père et ce dernier s'est tout de suite proposé comme tuteur quand il a appris que Luqman revenait au pays. Depuis son retour, Luqman n'avait pas encore eu l'occasion de le rencontrer. Et la dernière fois que le colonel avait rendu visite à Luqman en Afrique du Sud, c'était il y a quasiment 7 ans. Après l'avoir contacté, le colonel lui fit savoir qu'il n'était pas présentement à Abidjan, mais qu'il pourrait se voir le lendemain en fin de soirée.
Vu qu'il n'avait pas particulièrement grand-chose à faire de sa journée, Luqman décida de contacter Yohan. Il avait besoin de mieux s'acclimater à Abidjan et pour cela Yohan semblait être la personne idéale.
Luqman : « Yo, comment tu vas ? C'est Luqman »
Yohan : « Je suis kalé man, et de ton coté ? Quoi de neuf ?? »
Luqman : « En fait je voulais savoir si tu pouvais m'aider, j'ai besoin de m'acclimater assez rapidement avec la ville donc… »
Yohan : « Mon frère, tu m'as pris pour un guide touristique ? Je sais que je ressemble à un vagabond mais moi je travaille hein, faut pas tu vas… »
Luqman : « Ne t'en fais pas, tu seras payé pour ta journée »
Yohan : « Fallait commencer par-là, boss. Même si tu veux visiter la chambre du président, y'ai géré ça. Je peux te montrer où vit la maîtresse du génie de la forêt du banco même mon booooosssss !!! »
Luqman : « Haha parfait. Je passe te chercher alors, envoie ta localisation »
Le lendemain dans l'après-midi, Leila se trouvait en compagnie de ses meilleures amies, Natasha et Prisca. Elles se connaissaient depuis la classe de terminale et avaient choisi la meme université pour poursuivre leurs études. La plupart des filles de l'école jalousaient un peu Leila, pas seulement à cause de son incroyable beauté mais surtout parce qu'elle sortait avec Jules, qui était très clairement un bon parti pour n'importe quelle fille de leur âge. Il était le fils d'un riche homme d'affaires très connu dans le pays, en plus d'être lui-même plutôt bel homme. Alors qu'elles étaient en train de bavarder, la mère de Leila vint lui rappeler qu'ils avaient un dîner ce soir à la demeure du père de Jules. Elle voulait donc que sa fille se fasse belle et parfaite pour l'occasion
Natasha : « Pouaaa tu as la chance des copines, eeeeh si seulement on pouvait venir aussi à cette soirée »
Leila : « Les soirées comme ça, c'est sur invitation, donc je ne pense pas que je pourrais vous inviter, mais vu que Jules aime beaucoup organiser des fêtes tout le temps, une prochaine fois alors »
Prisca : « Tu ne vas pas plutôt nous brancher à certains de ses amis qui sont debouts comme lui ? (Riches comme lui) »
Leila : « Haha… j'aimerais bien mais vous savez très bien que Jules ne veut pas que j'aie la moindre affinité avec un quelconque mec »
Natasha : « Hum, lui aussi sa jalousie est exagérée hein »
Leila ne disait pas totalement faux, mais ce n'était pas la raison principale pour laquelle, elle ne voulait brancher ses amies à aucune des connaissances de Jules. C'est surtout qu'elle ne voulait pas pour elles, cette vie qu'elle a, elle. En apparence on pourrait croire que c'est un conte de fée, mais tous les contes de fées ne sont pas plaisants à vivre et cache de profondes obscurités
Prisca : « Bon allons on va te choisir une robe ou bien ?? »
Leila : « Toi, quand tu dis ça, c'est que tu veux me piquer des tenues »
Prisca : « Ha toi aussi faut pas gâter mon nom, mais faut reconnaître aussi que tu as beaucoup de vêtements que tu ne portes même pas »
Natasha : « Attend, je vais contacter une maquilleuse là, elle va grave te faire belle pour ce soir »
L'heure de la soirée approcha assez rapidement, la maquilleuse ayant eu du retard, Leila prit un peu trop de temps pour être prête, ce qui agaça un peu son père qui l'attendait déjà depuis un bon moment dans la voiture avec sa mère. Il s’apprêtait à aller la chercher quand elle sortit enfin de la maison
Mr Touré : « Dépêche-toi, à cause de toi on va être en retard. Je ne veux pas qu'on donne mauvaise impression »
Mme Touré : « Fais vite chérie »
Leila : « Oui oui, j'arrive »
La soirée avait déjà commencé quand finalement Leila et ses parents arrivèrent à la demeure de la famille de Jules. Ils furent d'ailleurs accueillis par sa mère
La mère de Jules : « Ha la famille Touré, vous allez bien ?? »
Mr Touré : « Oui, et vous Mme Tano ? »
Mme Touré : « Vous êtes de plus en plus resplendissante, Mme Tano »
Mme Tano : « Oh pas autant que vous, Mme Touré… mais entrez donc »
La mère de Jules fit un signe à une de ses domestiques d'indiquer leur table à la famille Touré. À peine furent-ils installés que Jules, qui était en compagnie de son père, les aperçut. Après que le père de Jules lui fit une recommandation, ce dernier se dirigea vers eux
Jules : « Bonsoir Mr Touré, Bonsoir Mme Touré »
Mme Touré : « Bonsoir mon fils »
Mr Touré : « Oh Jules mon garçon, tu vas bien ? »
Jules : « Oui oui je vais bien, il y a mon père qui vous demande »
Mr Touré : « Ha d'accord »
Jules : « Tu viens avec moi Leila ? »
Leila : « Euh je viens tout juste d'arriver, et je ne veux pas laisser ma mère seule »
Mme Touré : « Ne t'en fais pas pour moi ma fille, je vais aller discuter sous peu avec Mme Tano, j'attends juste mon verre pour me désaltérer »
Leila : « … »
Jules : « Allez viens »
Leila n'avait vraiment pas envie d'être en compagnie de Jules, mais elle le suivit quand même. La fête avait lieu dans le jardin de leur demeure. Tout un décor avait été aménagé autour de la piscine. Des artistes de renom avaient même été invités et parmi les invités, nombre d'hommes politiques et de directeurs de grandes sociétés.
Leila : « Ton père fête quelque chose de spécial ? »
Jules : « Il a conclu un très gros contrat avec une grande banque du continent, c'est tout ce que je sais. Tu sais très bien que je trouve ces affaires soulantes, je n'y comprends rien du tout et ça ne m'intéresse pas »
Jules ne s'intéressait à rien du tout, si ce n'est qu'à sa petite personne. Un peu à l'écart de tous ses débats politiques et ses courtoisies entre personnes riches, se trouvait dans un coin de la réception, certains enfants de ces personnes. Jules était ami avec la majorité d'entre eux et comptait bien en profiter pour faire le beau devant eux, se vantant du succès de son père face à eux. Leila ne parlait quasiment pas du tout, si ce n'est que pour répondre à certaines salutations. Elle ne se faisait pas de fausses idées. Là présentement Jules se servait d'elle que comme un trophée. Il se vantait d'avoir pour lui la plus belle femme de la soirée. Il savait à quel point les autres bavaient sur sa petite amie, certains parmi eux avaient même essayé de la séduire mais sans succès. Il faut dire que Leila était une femme qui sortait du lot, une de ces rares personnes qui, dès qu’elles entrent dans une pièce, captivent tous les regards sans même le vouloir. Ce soir-là, elle était resplendissante, comme si la lumière elle-même avait décidé de danser autour d’elle.
Son maquillage, subtil mais parfaitement exécuté, accentuait ses traits sans les masquer. Un léger fard à paupières doré faisait scintiller ses yeux, tandis qu’un rouge à lèvres nude mettait en valeur son sourire naturel. Elle n’avait pas besoin d’en faire trop pour être la plus belle de la soirée. Sa beauté n’était pas agressive, mais douce, presque enveloppante, comme une mélodie qui vous touche sans que vous compreniez pourquoi.
Sa démarche était gracieuse, chaque pas semblant défier la gravité. Elle portait une robe longue, d’un bleu profond qui rappelait le ciel juste avant la nuit. La soie épousait ses formes avec élégance, soulignant ses courbes sans jamais tomber dans la provocation. Les détails de la robe… des broderies discrètes qui scintillaient à la lumière, ajoutaient une touche de magie à son allure.
Les traits de son visage étaient d’une harmonie parfaite : des pommettes hautes et bien définies, un nez fin et droit, des lèvres pleines et légèrement ourlées qui semblaient toujours prêtes à esquisser un sourire. Sa peau, d’un brun chaud et lumineux, semblait absorber la lumière pour la rediffuser avec une douceur envoûtante.
Mais ce qui frappait le plus, c’était son regard. Ses yeux, en amande et d’un noir profond, semblaient contenir toute la douceur du monde. Ils attiraient, non pas par un désir ardent, mais par une curiosité bienveillante, comme si elle voyait au-delà des apparences.
Ce soir-là, elle était sans conteste la plus belle de la soirée. Pas seulement à cause de son apparence, mais à cause de cette aura qu’elle dégageait… une aura de sincérité, de gentillesse, et d’une innocence qui contrastait avec la sophistication de sa tenue.
Les gens se retournaient sur son passage, par envie mais aussi par admiration. Elle ne cherchait pas à attirer l’attention, et pourtant, elle la capturait sans effort. C’était une beauté qui ne tuait pas, mais qui apaisait. Une beauté dont on ne voulait pas mourir, mais dont on voulait se rapprocher, juste pour sentir un peu de sa lumière.
Voyant tous les regards qu'elle récoltait de la part des autres hommes de la soirée, Jules voulut affirmer son territoire. Il s'approcha de Leila et commença à l'embrasser tout en ayant les mains baladeuses.
Leila : « Mmh s'il te plaît »
Jules : « Laisse-toi faire »
Jules essaya de passer sa main sous sa robe alors que tous les autres les regardaient, cela gênait terriblement Leila qui l'en empêcha
Leila : « Pas ici s'il te plaît, nos parents sont là »
Jules : « Hum… tu as raison. Les gars, et si on bougeait à l'autre fête ? On va juste s'ennuyer ici »
Leila : « Quelle autre fête ? »
Jules : « C'est un truc qu'on a organisé vu qu'aujourd'hui on savait qu'on n'aurait pas nos parents sur le dos vu qu'ils seraient concentrés sur la fête de mon vieux. Un petit after bien chill et tout »
Leila : « Ha… je ne suis pas sûr que mes parents soient d'accord hein »
Jules : « T'inquiète, je m'en occupe »
Un peu plus loin de là, Luqman venait d'arriver au rendez-vous de son tuteur, le colonel Arthur. Ce dernier, étant surchargé de boulot, avait simplement demandé à Luqman de passer le voir à son bureau. C'était dans un camp militaire, mais Luqman ayant déjà été annoncé, il se fit guidé jusqu’au bureau de son tuteur par un soldat.
Une fois à l'intérieur du bureau, Luqman le vit entouré d'une tonne de paperasse. Il semblait vraiment occupé mais déposa le tout quand il vit Luqman. Il se leva de son siège mais alors qu'il s'avançait vers Luqman, ce dernier sentit que son tuteur était nerveux
Luqman : « Je suis désolé de prendre votre temps, je ne m'attendais pas à ce que vous soyez autant occupé, mon oncle »
Colonel Arthur : « Oh… ce n'est rien, enfin ne t'en fais pas. Ça me fait vraiment plaisir de te voir, tu as tellement grandi, tu es devenu un homme »
Luqman : « Haha je suis content de vous savoir en bonne santé aussi mon oncle »
Colonel Arthur : « Tu as vraiment beaucoup grandi, la dernière fois que je t'avais vu, tu étais petit comme ça hahaha… encore un peu et tu auras la même taille que ton père. Mais viens donc t'asseoir, on a beaucoup de choses à se dire »
Luqman n'était venu que pour faire signer ses documents et aussi prendre brièvement des nouvelles du colonel Arthur, mais ce dernier voulait rattraper le temps perdu. Le colonel lui raconta tout un tas d'anecdotes au sujet de son père. Et c'était un sujet qui intéressait beaucoup Luqman. Le colonel et son père étaient de vieux amis. Ils se connaissaient depuis les bancs de l'école militaire et avaient pratiquement évolué ensemble. Durant près de deux heures, le colonel parla et raconta tellement de choses à Luqman qui était captivé par toutes ses histoires qu'il racontait sur son père. Mais au bout d'un moment, l'atmosphère commença à devenir lourd, à devenir triste
Colonel Arthur : « J'espère que tu ne m'en veux pas de ne pas avoir pu prendre soin de toi. J'aurais vraiment voulu, mais les circonstances ne me le permettaient pas… et ton père adoptif Mr Mhlongo ne m'a pas vraiment laissé le choix … »
Le colonel Arthur se rappelait de ce passé, il sentait une certaine pression sur son cœur. Son amitié avec le père de Luqman était une de ces amitiés où chacun aurait donné sa vie pour l'autre. Mais ce jour-là, il s'est senti faible et impuissant de n'avoir pas pu prendre la charge de s'occuper du seul et unique fils de son meilleur ami.
Luqman : « Vous n'avez pas à vous inquiéter, mon oncle. Vous avez pris la bonne décision, je vous l'assure et je vous en remercie pour cela. Avec du recul, j'ai compris que vous n'auriez pas pu empêcher Mr Mhlongo de m'adopter… »
Colonel Arthur : « Oui … Il a meme fait pression sur l’ambassadeur dont nous étions les gardes rapprochés ton père et moi ... j’ai du mérite mais je sais que je lui dois en partie cette place que j’occupe en ce moment »
Luqman : « … »
Colonel Arthur : « As-tu eu une enfance heureuse ? J'avais souvent des nouvelles de toi et on me disait que tu allais bien, en tout cas physiquement. Mais il est des blessures de l'âme qui prennent du temps à guérir… Est-ce que tu te sens heureux Luqman ? »
Le bonheur, qu'est-ce que c'est ? Luqman avait entendu ce mot à tellement de reprises et il avait vu d'autres personnes qui disaient le vivre. Mais sa définition changeait d'un individu à un autre. Et dans la plupart des cas cela semblait éphémère, cela semblait difficile à obtenir et encore plus difficile à garder. Lui, il ne se souvenait pas avoir connu un tel état. Pourquoi est-ce que tout le monde courrait après cela ? Était-ce quelque chose de si vital ? Jusqu'à présent, c'est quelque chose que Luqman avait profondément du mal à comprendre.
Luqman : « … Au moins je vais bien mon oncle et je pense que c'est déjà le plus important »
Colonel Arthur : « … Oui tu as certainement raison »
A Suivre …