Chapitre 10 : Le Retour aux Sources

Ecrit par Ellie chou

L’air était chargé d’une douce fraîcheur automnale lorsque Mariana posa enfin le pied sur le sol parisien. 

Après des mois passés à New York, elle revenait dans cette ville où tant de souvenirs l’attendaient.

 Mais cette fois, ce n’était pas pour Jean-Philippe qu’elle revenait.

Du moins, c’était ce qu’elle se répétait.

Son taxi longea la Seine, lui offrant une vue familière sur Notre-Dame, puis sur les ruelles pavées du Marais.

 Son cœur battait plus vite que d’ordinaire. 

Son exposition personnelle allait être inaugurée le soir même dans une prestigieuse galerie, une consécration après des années de travail acharné. 

Mais au-delà de l’excitation, un trouble profond l’habitait.

Elle allait revoir Jean-Philippe.

---

Jean-Philippe, quant à lui, n’avait pas prévu d’aller à l’exposition. 

Depuis leur dernier échange, il avait tenté de se convaincre que c’était mieux ainsi. 

Qu’ils s’étaient aimés, puis perdus, et qu’il était temps d’aller de l’avant.

Mais lorsqu’un ami lui parla de l’événement, il se surprit à vouloir y être.

Alors, le soir venu, il enfila une veste sobre et se rendit à la galerie.

---

Lorsque Mariana entra dans la salle d’exposition, une vague de fierté l’envahit. 

Ses toiles étaient suspendues avec une élégance rare, et les invités s’attardaient devant ses œuvres, échangeant des murmures admiratifs.

Puis, son regard balaya la salle, et elle le vit.

Jean-Philippe était là, debout près d’une de ses toiles, fixant la peinture avec intensité. 

Son cœur manqua un battement. Il n’avait presque pas changé, si ce n’était cette lueur dans son regard, un mélange de nostalgie et d’interrogation.

Elle s’approcha lentement, hésitante.

— Je vois que tu es toujours aussi captivé par mes toiles.

Il se retourna brusquement. 

Leur regard se croisa, et pendant un instant, le bruit de la salle sembla disparaître.

— Comment ne pas l’être ? répondit-il doucement.

Ils échangèrent un sourire timide, puis un silence s’installa. 

Pas un silence gênant, mais un silence lourd de tout ce qu’ils avaient vécu.

— Tu es revenu à Paris pour de bon ? demanda-t-il finalement.

Elle secoua la tête.

— Non. Juste pour l’exposition. 

Après ça, je repars à New York.

Un pincement serra le cœur de Jean-Philippe.

 Il avait espéré, inconsciemment, qu’elle reviendrait pour de bon.

— Tu as changé, Mariana.

Elle haussa légèrement les épaules.

— Toi aussi.

Leur conversation fut interrompue par un groupe

 de galeristes qui venaient la féliciter. 

Jean-Philippe recula légèrement, la regardant s’animer dans son élément, rayonnante.

C’était là qu’il comprit.

Ils s’étaient aimés passionnément, mais leurs chemins avaient pris des directions différentes. 

Ils avaient évolué, grandi, et peut-être que l’amour qu’ils avaient connu appartenait désormais au passé.

Lorsque Mariana se retourna vers lui, il lui adressa un sourire sincère.

— Je suis fier de toi.

Elle sentit une chaleur douce l’envahir.

— Merci.

Un long regard s’échangea entre eux, comme un adieu silencieux. 

Mais un adieu empli de respect, de tendresse.

Parfois, l’amour ne signifie pas s’accrocher. 

Parfois, aimer, c’est aussi savoir laisser partir.


A bientôt

Destins Entrelacés