
Chapitre 11 : Les Doutes
Ecrit par Ellie chou
Le soleil de Paris se levait lentement, peignant le ciel de nuances dorées. Dans un appartement du Quartier Latin, Jean-Philippe ouvrit les yeux et se tourna vers Mariana, endormie à ses côtés.
Son souffle régulier, la façon dont une mèche de cheveux retombait sur son visage… Il se surprit à sourire.
Contre toute attente, après l’exposition, ils s’étaient retrouvés. La passion qui les avait toujours animés s’était ravivée avec une intensité nouvelle.
Chaque moment ensemble était un feu d’artifice, chaque nuit une évasion où ils oubliaient tout le reste.
Mais au-delà des étreintes brûlantes et des promesses murmurées sous la lune, une ombre grandissait.
Jean-Philippe l’observa un instant avant de se lever, enfilant un t-shirt et se dirigeant vers la cuisine.
Il alluma la cafetière et s’appuya contre le comptoir, le regard perdu dans le vide.
Il ne pouvait nier qu’une tension s’était installée.
Il se sentait parfois invisible.
Mariana vivait pour son art, pour son succès. Il la voyait enchaîner les entrevues, répondre aux appels tardifs, s’immerger dans son travail au point d’oublier qu’il était là.
Quand ils étaient ensemble, c’était incandescent. Mais il se demandait si, lorsqu’elle partait, elle pensait encore à lui.
— Pourquoi tu es déjà debout ?
La voix endormie de Mariana le tira de ses pensées. Il se retourna et la vit, debout dans l’embrasure de la porte, drapée dans un peignoir.
— Juste besoin de réfléchir.
Elle s’approcha, passa ses bras autour de sa taille et posa son front contre son torse.
— Tu penses trop, Jean.
Il embrassa le sommet de son crâne, mais son regard restait troublé.
— Mariana… parfois, j’ai l’impression que je fais partie de ton monde uniquement quand ça t’arrange.
Elle releva la tête, légèrement blessée.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— Tu es toujours en mouvement, toujours entre deux destinations, deux projets. Et moi, je reste ici. J’ai l’impression d’être ton point d’ancrage… mais que tu n’as jamais vraiment besoin de t’ancrer.
Un silence s’installa. Mariana soupira et s’éloigna légèrement.
— Tu savais qui j’étais, Jean. Je t’ai toujours dit que mon indépendance était essentielle.
— Et moi ?
Il la regarda intensément.
Est-ce que j’ai une place dans cet équilibre ? Ou suis-je juste une parenthèse entre deux expositions ?
Mariana resta figée.
Elle l’aimait, elle le savait.
Mais la peur de perdre son indépendance lui serrait la gorge.
— Tu veux que je choisisse entre toi et ma carrière ? demanda-t-elle d’une voix plus basse.
Il secoua la tête.
— Non, jamais. Je veux juste savoir si je fais vraiment partie de ta vie… ou si je suis seulement un bel interlude.
Elle le regarda, incapable de répondre tout de suite.
La passion les unissait, mais était-ce suffisant ?
Jean-Philippe soupira et se passa une main dans les cheveux.
— Je t’aime, Mariana.
Mais parfois, j’ai peur que ton amour soit un feu trop intense, qui consume tout avant de disparaître.
Elle s’approcha, prit son visage entre ses mains et murmura contre ses lèvres :
— Alors restons dans le feu encore un peu.
Et ce matin-là, dans les bras l’un de l’autre, ils choisirent de ne pas laisser les doutes les séparer.
Pas encore.
A bientôt