Chapitre 10 : Les premières épreuves de l’adolescence

Ecrit par Ellie chou

Les années passèrent, et dans la petite maison de Marguerite Kouassi, les rires innocents de l’enfance laissèrent peu à peu place aux tourments de l’adolescence.

Julien avait maintenant seize ans, Isabelle quatorze, et Élise douze. Leurs corps changeaient, leurs rêves grandissaient, mais avec eux naissaient aussi de nouvelles difficultés.

Julien, l’aîné, était un garçon intelligent et travailleur, mais il portait sur ses épaules un fardeau invisible.

Il voyait les sacrifices de sa mère, la fatigue qui creusait son visage, les longues journées passées dans la chaleur du restaurant.

Un jour, après les cours, il rentra plus tard que d’habitude. Marguerite, inquiète, l’attendait à la porte.

« Julien, où étais-tu ? »

Il baissa les yeux avant de répondre :

« Je voulais trouver un petit travail après l’école pour t’aider, maman. »

Marguerite sentit son cœur se serrer.

« Mon fils, ton travail, c’est l’école. Pas le restaurant, pas les petits boulots.

Si tu veux m’aider, réussis. Ne gâche pas ton avenir. »

Mais Julien était tiraillé entre son désir d’être un soutien pour sa mère et celui de répondre à ses attentes.

Il se sentait pris au piège entre l’amour qu’il lui portait et le besoin de se construire un avenir.

Isabelle, elle, vivait ses propres tourments. 

Belle et vive d’esprit, elle attirait les regards.

Mais dans un monde où les jeunes filles de son âge étaient souvent convoitées pour de mauvaises raisons, elle devait se montrer prudente.

Un jour, une amie lui présenta un jeune homme plus âgé, qui lui offrit des compliments, des cadeaux et des promesses d’une vie facile.

« Tu es trop belle pour te fatiguer à étudier. Je peux prendre soin de toi. » lui disait-il avec un sourire charmeur.

Isabelle, flattée mais méfiante, hésitait. Elle savait ce que sa mère avait traversé.

Elle savait que la vie ne donnait rien sans effort.

Mais parfois, l’illusion d’une vie plus simple était tentante…

Un soir, alors qu’elle rentrait du marché, elle trouva sa mère assise devant le restaurant, le regard perdu dans le vide.

« Maman, à quoi tu penses ? »

Marguerite soupira avant de répondre :

« À toi, ma fille. À votre avenir.

Ne te laisse jamais distraire par des promesses vides. Tout ce que nous avons aujourd’hui, je l’ai construit avec mes mains.

Ne laisse personne t’offrir quelque chose que tu n’as pas mérité par ton travail. »

Ces mots résonnèrent en Isabelle.

Elle comprit alors que le vrai chemin vers la réussite ne passait pas par les raccourcis, mais par l’effort et la patience.

Élise, la benjamine, était la plus studieuse des trois. Elle rêvait de devenir une grandedame de ce pays.

Mais à l’école, elle commença à ressentir la pression du regard des autres.

« Tu parles trop bien, on dirait que tu veux te croire meilleure que nous ! » lui lança un jour une camarade jalouse.

Peu à peu, Élise se renferma sur elle-même, de peur d’être rejetée.

Elle qui aimait tant l’école commença à douter d’elle-même.

Un soir, alors qu’elle était assise dans un coin, silencieuse, Marguerite la prit dans ses bras.

« Ma fille, brille sans crainte.

Ceux qui t’aiment vraiment ne chercheront jamais à éteindre ta lumière. »

Ces paroles lui redonnèrent confiance.

Elle comprit que sa place était là où ses rêves la mèneraient, et non là où les autres voulaient la confiner.

L’amour d’une mère face aux tempêtes de l’adolescence

Les jours passèrent, et Marguerite dut faire face aux doutes, aux erreurs et aux choix de ses enfants.

Elle savait que l’adolescence était une mer agitée, mais elle était prête à être le phare qui les guiderait.

Elle avait déjà tant sacrifié pour eux… Elle ne les laisserait pas se perdre maintenant.

A bientôt. 

Le combat d'une vie...