Chapitre 11

Ecrit par Ellie chou

Les mois passèrent, et petit à petit, Ornela sentit un changement profond s’opérer en elle. Son passé, autrefois une chaîne qui l’oppressait, perdait son emprise. Elle n’était plus cette femme brisée qui se haïssait en silence.

Mais la guérison intérieure était un chemin long et sinueux.

Un soir, alors qu’elle priait dans sa chambre, une vague d’émotions l’envahit. Elle repensait à toutes ces années perdues, aux hommes qui l’avaient utilisée, aux regards méprisants de ceux qui connaissaient son passé.

"Seigneur, comment puis-je vraiment guérir ? Comment puis-je oublier tout ce mal ?" murmura-t-elle, les larmes coulant sur ses joues.

Elle ouvrit sa Bible et tomba sur ce passage :

"Je panserai leur plaie et je les guérirai ; je leur donnerai abondance de paix et de vérité." (Jérémie 33:6)

Ces mots résonnèrent en elle. Dieu lui promettait la paix, mais pour la recevoir pleinement, elle devait lâcher prise.

La première personne qu’elle devait pardonner, c’était elle-même.

Pendant trop longtemps, elle s’était vue comme une femme impure, indigne de l’amour et du respect. Mais Dieu l’avait restaurée.

Un jour, au groupe de prière, elle confia ses luttes à Sœur Béatrice.

"Je sais que Dieu m’a pardonnée, mais moi, je n’y arrive pas."

Béatrice lui prit les mains.

"Ornela, quand Dieu pardonne, Il efface. Qui es-tu pour garder contre toi-même ce que Dieu a déjà oublié ?"

Ces paroles la frappèrent de plein fouet. Elle comprit alors que s’accrocher à la culpabilité revenait à douter du pardon de Dieu.

Elle décida donc d’écrire une lettre… Une lettre à la femme qu’elle avait été.

"Ornela, je te pardonne pour toutes les fois où tu t’es abandonnée aux ténèbres, où tu as cru que tu ne valais rien. Je te pardonne d’avoir cherché l’amour au mauvais endroit. Mais aujourd’hui, je t’annonce que tu es libre. Libre en Christ."

En écrivant ces mots, elle se sentit plus légère, comme si un poids immense venait de tomber de ses épaules.

Mais il y avait encore une autre étape difficile : pardonner ceux qui lui avaient fait du mal.

Un après-midi, alors qu’elle sortait d’une réunion de l’église, elle aperçut Synthia de l’autre côté de la rue.

Elles ne s’étaient pas revues depuis leur dernière altercation, où Synthia lui avait craché au visage qu’elle ne changerait jamais. Mais cette fois, quelque chose était différent.

Synthia semblait fatiguée, amaigrie, le regard fuyant.

Ornela hésita un instant, puis traversa la rue.

"Synthia."

La jeune femme leva la tête, surprise.

"Qu’est-ce que tu veux ?" lança-t-elle, méfiante.

Ornela prit une profonde inspiration.

"Je voulais juste te dire… que je ne t’en veux plus. Je te pardonne."

Synthia eut un rire amer.

"Tu es vraiment devenue une bonne chrétienne, hein ?"

"Non, je suis juste une femme qui a compris que la haine ne mène nulle part."

Un silence s’installa entre elles. Puis, contre toute attente, Synthia détourna les yeux, comme gênée.

"Tu sais, Ornela… Je t’ai toujours enviée. Parce que malgré tout ce qu’on a vécu, toi, tu as trouvé une issue. Moi, je suis encore là, à me perdre chaque jour."

Ornela sentit son cœur se serrer.

"Tu peux aussi t’en sortir, Synthia. Il n’est jamais trop tard."

Pour la première fois, Synthia ne répondit pas par le sarcasme. Elle baissa simplement la tête, troublée.

Ornela comprit que son amie n’était pas encore prête, mais elle lui laissa son numéro avant de partir.

Elle venait de faire un pas de plus vers la véritable restauration.

Ornela continua son chemin avec plus de paix.

Elle reprit ses études, se forma dans l’accompagnement des femmes en difficulté et trouva même un travail dans une association d’aide aux jeunes filles vulnérables.

Chaque jour, elle croisait des femmes qui portaient en elles les mêmes blessures qu’elle avait eues. Et chaque jour, elle leur disait :

"J’étais comme toi. Mais Dieu m’a relevée. Il peut aussi te restaurer."

Elle n’était plus l’ombre d’elle-même.

Elle était une femme guérie, debout, prête à embrasser le futur avec confiance.


La géreuse de Bizi