Chapitre 10

Ecrit par Ellie chou

Après les épreuves et le rejet qu’elle avait subis, Ornela se sentait plus seule que jamais. Sa famille la regardait encore avec méfiance, certains fidèles de l’église murmuraient dans son dos, et son ancienne amie Synthia ne cessait de la provoquer. Pourtant, malgré tout, elle refusait d’abandonner.

Elle se raccrochait à une certitude : Dieu l’avait acceptée, même si le monde la rejetait.

Un dimanche aux envde quatorzes heures, alors qu’elle assistait à une réunion de prière, une femme d’une quarantaine d’années s’approcha d’elle avec un sourire sincère. C’était Sœur Béatrice, une femme respectée dans la communauté, connue pour son amour des âmes perdues.

"Ma sœur, tu as un témoignage puissant. Dieu a un plan pour toi, ne te laisse pas décourager par les regards des hommes."

Ornela, touchée par cette bienveillance, sentit ses yeux s’embuer.

"Merci, Sœur Béatrice. Ce n’est pas facile… J’ai l’impression d’être une étrangère ici, comme si je n’avais pas ma place."

Béatrice posa doucement une main sur son épaule.

"Tu es une nouvelle créature en Christ. Il t’a purifiée et restaurée. Ne laisse personne te voler cette vérité."

Grâce à Sœur Béatrice, Ornela fut introduite à un groupe de femmes chrétiennes qui se réunissaient chaque semaine pour partager la Parole et s’encourager mutuellement.

Parmi elles, il y avait Clarisse, une femme d’une trentaine d’années qui avait traversé des moments difficiles avant de trouver refuge dans l’église, et Mariam, une veuve qui avait perdu son mari très jeune et avait trouvé sa force en Dieu.

Lors de leur première réunion ensemble, Ornela partagea son histoire avec hésitation. Elle s’attendait à des regards de pitié ou de jugement, mais à sa grande surprise, elle trouva des femmes qui l’écoutaient sans interruption, sans froncer les sourcils, sans murmurer entre elles.

Quand elle eut terminé, Mariam lui prit la main.

"Nous avons toutes un passé, Ornela. Ce qui compte, c’est ce que nous faisons maintenant. Dieu t’a relevée, et c’est cela qui importe."

Clarisse ajouta avec un sourire :

"Tu n’es pas seule. Nous sommes là pour t’aider à avancer."

Ces paroles réchauffèrent le cœur d’Ornela. Pour la première fois depuis sa conversion, elle se sentit réellement acceptée.

Au fil des semaines, Ornela commença à s’impliquer activement dans la vie de l’église. Elle rejoignit l’équipe d’accueil et s’occupa des nouveaux venus, les aidant à se sentir intégrés. Elle trouvait ironique que ce soit elle, l’ancienne rejetée, qui maintenant accueillait les autres.

Le pasteur l’appela après le culte du soir.

"Ornela, j’ai entendu parler de ton engagement. Dieu fait une belle œuvre dans ta vie."

Elle baissa timidement les yeux.

"Merci, Pasteur. J’essaie juste de faire de mon mieux."

"Et si tu témoignais devant l’assemblée dimanche prochain ?"

Elle sentit son cœur s’arrêter.

"Moi ? Devant tout le monde ?"

"Oui. Beaucoup ont besoin d’entendre ce que Dieu peut faire dans la vie de quelqu’un. Ton témoignage peut sauver des âmes."

Elle hésita, mais au fond d’elle, elle savait que c’était une opportunité.

Le dimanche suivant, Ornela se tint devant l’assemblée. Les regards étaient posés sur elle, certains bienveillants, d’autres sceptiques. Mais elle n’avait plus peur.

Elle raconta son histoire, non pas avec honte, mais avec reconnaissance. Elle parla de son passé, de la nuit où elle avait touché le fond, de la vieille dame qui lui avait parlé de Dieu, de ses luttes et des rejets. Mais surtout, elle parla de la paix qu’elle avait trouvée en Christ.

À la fin, un silence pesa sur l’assemblée. Puis, un applaudissement éclata, suivi d’un autre. Plusieurs personnes vinrent la voir après le culte, certaines en larmes, d’autres lui demandant comment elles pouvaient aussi trouver la paix.

Ce jour-là, Ornela comprit qu’elle n’était plus une ancienne prostituée aux yeux de Dieu. Elle était une enfant de Dieu, restaurée, aimée et acceptée.

L’église, malgré ses imperfections, était devenue son refuge.

La géreuse de Bizi