Chapitre 13 : Les études, une revanche sur la vie

Ecrit par Ellie chou

Le soleil se levait doucement sur le village, éclairant les rues poussiéreuses où les premiers commerçants s’installaient pour la journée.

Dans la petite maison de Marguerite Kouassi, une nouvelle journée commençait, et avec elle, un combat silencieux : celui du savoir.

Depuis qu’ils étaient enfants, Julien, Isabelle et Élise avaient compris que l’école n’était pas seulement un lieu d’apprentissage, mais une revanche sur la vie.

Marguerite le leur avait répété encore et encore :

« Vous n’avez peut-être pas d’héritage matériel, mais l’éducation sera votre plus grande richesse. »

Chaque matin, malgré la fatigue, malgré les sacrifices, elle les regardait partir avec leurs cartables usés mais remplis d’espoir.

Elle se privait de beaucoup pour qu’ils aient accès à ce que tant d’autres prenaient pour acquis.

Mais la route était semée d’embûches…

Julien, maintenant en classe de terminale, était un élève brillant.

Mais la tentation d’abandonner l’école pour chercher un travail revenait souvent hanter ses pensées.

Un jour, un voisin du quartier, un homme qui avait réussi dans le commerce sans jamais avoir terminé l’école, l’interpella :

« Julien, tu perds ton temps avec ces cahiers. Regarde-moi, j’ai quitté l’école et aujourd’hui j’ai un magasin. Viens travailler avec moi, tu gagneras de l’argent rapidement. »

Le jeune homme hésita.

Il voyait sa mère se tuer à la tâche, il voyait les factures qui s’empilaient.

Était-ce vraiment raisonnable de continuer ?

Mais ce soir-là, alors qu’il était plongé dans ses pensées, Marguerite posa une main sur son épaule.

« Julien, je t’ai toujours fait confiance.

Ne cherche pas la facilité. Cherche la grandeur. »

Ces mots résonnèrent en lui.

Il savait qu’abandonner serait une défaite, non seulement pour lui, mais pour toute leur famille.

Isabelle, elle, excellait en classe, mais elle était souvent la cible de remarques désobligeantes.

« Pourquoi tu t’acharnes à étudier ? Une femme n’a pas besoin de ça, trouve-toi un bon mari et ta vie sera plus facile. »

Ces paroles la blessaient, mais elles ne faisaient que renforcer sa détermination.

Elle voulait prouver qu’une femme pouvait réussir par elle-même, qu’elle n’avait pas besoin de dépendre de qui que ce soit.

Un soir, alors qu’elle révisait tard dans la nuit, Élise la regarda avec admiration.

« Isa, tu crois qu’un jour on pourra vraiment changer notre destin ? »

Isabelle sourit et lui répondit :

« On ne va pas seulement changer notre destin, Élise. On va changer l’histoire. »

Élise, la benjamine, voyait en l’école une porte ouverte sur le monde.

Chaque nouveau livre, chaque nouvelle leçon, chaque mot appris était une victoire sur les privations de leur passé.

Un jour, alors qu’elle recevait un prix d’excellence à l’école, elle leva les yeux vers le ciel, les larmes aux yeux.

Elle pensait à son père qu’elle n’avait presque pas connu.

"Papa, si tu nous regardes de là-haut, sache que nous nous battrons jusqu’au bout."

Les trois frères et sœurs savaient que rien ne leur serait donné facilement.

Mais ils étaient prêts à affronter chaque obstacle, chaque humiliation, chaque difficulté.

Parce que leurs études n’étaient pas seulement un moyen de réussir…

Elles étaient leur revanche sur la vie.


Le combat d'une vie...