
Chapitre 4
Ecrit par Ellie chou
**Chez les Diallo**
Fatima était assise devant la maison, les genoux repliés contre sa poitrine. Repensant a son avenir , car elle avait été contrainte d'arrêter les études en classe de première par faute de moyens.
Elle aidait sa mère à vendre des beignets devant la cours.
Elle qui pensait reprendre un jour la route de l'école ou même suivre une formation se vois , donner en mariage comme une marchandise.
La nuit tombait sur leur quartier modeste, et les bruits familiers de la rue emplissaient l’air : des enfants riaient en jouant au football sur le sable, des femmes discutaient en revenant du marché, et un muezzin appelait à la prière du soir.
Mais ce soir, Fatima ne trouvait aucun réconfort dans cette routine qu’elle aimait tant.
Ce soir, elle savait que sa vie allait changer à jamais.
Son père était assis sur un tabouret à quelques mètres d’elle, le regard perdu dans le vide.
Aïssata, sa mère, s’affairait à l’intérieur, mais Fatima savait qu’elle écoutait la conversation, anxieuse.
— Baba… murmura-t-elle, rompant le silence pesant.
Ibrahim se tourna vers elle, son visage fatigué marqué par les années de labeur et de sacrifices.
— Oui, ma fille.
— Pourquoi as-tu accepté ce mariage ?
Le vieil homme soupira longuement avant de répondre.
— Parce que c’est ce qu’il y a de mieux pour toi, Fatima.
Elle sentit la colère monter en elle.
— Pour moi ? Ou pour toi ?
Son père fronça légèrement les sourcils, mais ne s’emporta pas.
— Tu penses que je t’abandonne, que je te vends comme une marchandise ?
Elle ne répondit pas, mais son silence était éloquent.
— Fatima, ma fille… Si j’avais refusé, qu’aurais-tu fait ? Passer ta vie ici, à vendre des beignets avec ta mère, à lutter pour survivre comme nous l’avons toujours fait ?
Elle sentit sa gorge se serrer.
— Je préfère lutter plutôt que d’être donnée à un homme qui ne m’aimera jamais.
Ibrahim passa une main sur son visage ridé.
— L’amour n’a jamais nourri personne, ma fille. Moi aussi, j’ai épousé ta mère sans la connaître, et pourtant, regarde où nous en sommes.
— Mais est-ce que tu l’aimes ?
Il ne répondit pas immédiatement. Puis, après un silence lourd, il murmura :
— L’amour vient avec le temps.
Fatima sentit les larmes lui monter aux yeux.
— Et s’il ne vient jamais ?
Ibrahim la regarda avec une tristesse infinie.
— Alors tu apprendras à survivre.
Sa mère sortit à ce moment-là, portant un bol de lait chaud.
— Ma fille, viens boire quelque chose. Tu réfléchis trop.
Fatima regarda sa mère, une femme douce mais résignée, qui avait accepté son propre sort sans jamais se plaindre.
Était-ce donc cela, être une femme ? Se taire et accepter ?
A suivre.