Chapitre 4 : La belle-famille qui trahit

Ecrit par Ellie chou

Le soleil était haut dans le ciel lorsque Marguerite se rendit au marché, son panier vide sur la tête.

Depuis la mort d’Henri, elle évitait autant que possible de croiser les membres de sa belle-famille, mais aujourd’hui, elle n’avait pas le choix.

Elle devait acheter quelques provisions pour ses enfants, même si cela signifiait affronter les regards lourds et les murmures des villageois.

Alors qu’elle avançait dans l’allée poussiéreuse bordée d’étals colorés, elle aperçut Victor et Madeleine Kouassi, les parents d’Henri, assis sous un arbre, entourés de plusieurs membres de la famille.

Leur présence fit naître en elle un mélange de colère et de tristesse.

Comment pouvaient-ils l’avoir abandonnée ainsi, elle et leurs petits-enfants ?

Marguerite détourna le regard, espérant passer inaperçue.

Mais à peine avait-elle fait quelques pas que la voix stridente de Madeleine s’éleva.

« Tiens, tiens… Voilà la veuve errante ! »

Les rires moqueurs fusèrent autour d’elle.

Marguerite serra les dents et continua son chemin, mais Victor se leva brusquement et lui barra la route.

« Tu crois que tu peux nous ignorer après tout ce que tu as fait ? » lança-t-il avec mépris.

Marguerite le fixa, incrédule. « Après tout ce que j’ai fait ? C’est vous qui m’avez tout pris ! »

« Tout ce qui appartenait à Henri nous revenait de droit ! » répliqua Victor d’un ton tranchant.

« Et puis, n’étais-tu pas une simple ménagère ? Comment aurais-tu pu gérer un foyer sans lui ? »

Marguerite sentit son cœur se serrer.

Comment pouvaient-ils être aussi cruels ? Elle voulait crier, leur rappeler qu’elle était la mère de leurs petits-enfants, qu’Henri l’aimait et avait bâti cette maison avec elle.

Mais elle savait que ça ne servirait à rien.

C’est alors que Madeleine prit la parole, son regard empli de mépris.

« Nous avons pris une décision. Julien peut revenir vivre avec nous. Il est notre héritier, le fils de notre fils. Quant aux filles… elles resteront avec toi. »

Un silence glacial s’abattit autour d’eux. Marguerite sentit son sang se glacer. Ils voulaient lui arracher son fils.

« Jamais ! » s’écria-t-elle en serrant les poings.

Madeleine haussa un sourcil. « Tu n’as pas ton mot à dire. Nous avons déjà parlé aux anciens du village. Si tu refuses, ils pourraient juger que tu n’es pas capable d’élever correctement tes enfants. »

Marguerite sentit une rage froide monter en elle.

Ils voulaient lui enlever son fils après l’avoir déjà dépouillée de tout.

Elle planta son regard dans celui de Victor. « Julien n’ira nulle part. Il reste avec moi, avec ses sœurs. Vous n’aurez plus jamais aucun droit sur mes enfants. »

Un silence pesant s’installa. Puis Victor ricana, secouant la tête.

« Très bien. Mais souviens-toi d’une chose, Marguerite : la misère finira par t’arracher ce que tu refuses de nous donner. »

Sans un mot de plus, elle tourna les talons et s’éloigna, son cœur battant à tout rompre.

Elle ne leur pardonnerait jamais.

La trahison de sa belle-famille était désormais gravée en elle, une plaie ouverte qui ne guérirait jamais.

Mais une chose était certaine : tant qu’elle aurait un souffle de vie, jamais elle ne laisserait quiconque lui prendre ses enfants.


Le combat d'une vie...