Chapitre 6

Ecrit par Ellie chou

Ornela marchait à grands pas, son cœur battant la chamade. L’odeur de l’alcool et du bruit du maquis s’éloignaient derrière elle, mais à chaque pas, la lourdeur de la culpabilité la suivait comme une ombre. Elle se sentait étrangère à sa propre peau, comme si elle était une autre personne, perdue dans un tourbillon de choix et de regrets. Les mots de Synthia résonnaient encore dans sa tête, leur écho lui rappelant sa place dans ce monde. Mais quelque chose en elle était différent aujourd’hui. Une force invisible la poussait à aller de l’avant, à chercher une issue.


Elle se souvenait de la vieille dame, de son regard bienveillant et de sa promesse de rédemption. Cette promesse d’amour inconditionnel qui n’attendait rien en retour. Ornela n’avait jamais cru à l’idée d’un Dieu qui pouvait l’aimer. Comment aurait-elle pu ? Après tout ce qu’elle avait fait, après tout ce qu’elle avait vécu ? Mais au fond d’elle, une petite lueur d’espoir persistait.

Elle se retrouva devant l’église, sans vraiment savoir comment elle y était arrivée. Elle la fixa un instant, se demandant si elle avait la force d’entrer, si elle était prête à affronter ce qui l’attendait à l’intérieur. Le doute la tenait encore, mais quelque chose de plus fort que la peur la poussait à franchir le seuil. Elle prit une grande inspiration et, sans se retourner, poussa la porte.

À l’intérieur, l’atmosphère était calme et paisible, comme un sanctuaire pour les âmes perdues. Les bancs en bois étaient presque vides, à l’exception de quelques personnes en prière, les yeux fermés, plongées dans leur communion avec Dieu. Ornela s’installa à l’un des bancs arrière, le regard vide, le cœur lourd. Elle se sentit si petite, si insignifiante parmi cette foule de croyants, mais quelque chose en elle commençait à se transformer.

Elle ferma les yeux. Les souvenirs de son passé, les visages des hommes, les transactions, la honte, tout cela la submergea d’un coup. Elle se sentait brisée, inapte à recevoir ce qu’elle espérait. Mais elle n’était pas seule ici. Elle n’était plus seule. Une voix douce et rassurante s’éleva dans son esprit, chassant les ténèbres qui l’entouraient : "Je t’aime, Ornela. Je t’ai toujours aimée."

Les mots de la vieille dame résonnèrent à nouveau dans son esprit. "Dieu t’aime. Il t’attend." Ornela se sentit envahie par un flot d’émotions contradictoires. Elle voulait pleurer, se libérer de tout ce fardeau qu’elle portait en elle depuis si longtemps. Mais elle ne savait pas par où commencer, ni comment s’abandonner.

C’est alors qu’un pasteur  s’avança vers elle, ses pas lents mais déterminés. 

Il s’assit à côté d’elle, observant son visage marqué par la douleur, les yeux pleins de larmes contenues

— "Tu veux parler, ma fille ?" demanda-t-il d’une voix douce.

Ornela hocha la tête, incapable de répondre.

Elle était engloutie dans ses propres tourments, mais la simple présence du pasteur semblait apaiser sa tempête intérieure.

— "Je suis venue pour… chercher quelque chose. 

Je ne sais pas quoi, mais je sens que je ne peux plus continuer ainsi." Elle murmura, sa voix tremblante. "Je suis perdue. Je me sens tellement sale, tellement inutile."

Le pasteur  lui sourit doucement, une lueur de compréhension dans ses yeux.

— "Tu n’es pas sale, ma fille. Tu es précieuse aux yeux de Dieu. 

Peu importe ce que tu as fait dans le passé, ce qui compte, c’est ce que tu choisis de faire maintenant. Dieu t’a toujours attendue. 

Il t’offre son amour sans condition."

Ornela se sentit bouleversée. 

Les mots du pasteur pénétrèrent dans son cœur comme un baume apaisant. 

Elle leva les yeux, cherchant à comprendre.

— "Comment puis-je croire cela ? 

Comment puis-je accepter cet amour alors que j’ai fais tellement de choses ignobles?"

Le pasteur posa une main réconfortante sur son épaule, une présence pleine de douceur et de tendresse.

— "L’amour de Dieu ne se mérite pas, il se reçoit. Tu n’as rien à prouver. Ce que tu as fait n’a pas d’importance pour Lui. Ce qui compte, c’est que tu te tournes vers Lui et que tu acceptes ce qu’Il te donne : Son pardon, Sa paix, Sa rédemption."

Les larmes d’Ornela commencèrent à couler doucement, emportant avec elles des années de souffrance. 

Elle se sentit dévastée, mais en même temps libérée. Un poids immense se levait de ses épaules, et un espace immense s’ouvrait dans son cœur.

— "Je suis prête… Je suis prête à accepter Son amour." murmura-t-elle.

Le pasteur lui sourit avec bienveillance et la conduisit dans une prière. Après, il se mis a l'écart pour lui permettre de prier sans gêne. 

À genoux, Ornela prononça des mots qu’elle n’avait jamais cru pouvoir dire :

— "Seigneur, je viens à Toi. Je Te remets ma vie, mes erreurs, mes souffrances, mes actes ignobles. Toi qui a été crucifié à la croix pour nos péchés, tu nous a dépouillés de tous fardeaux, Pardonne-moi, Seigneur. Je veux être libre. Je veux renaître en Toi." 

Elle se laissa guidée par le Saint Esprit.

À ce moment-là, un calme profond envahit son âme. Elle sentit une chaleur douce envahir son être tout entier, comme si la lumière de Dieu pénétrait en elle, effaçant les ténèbres de son passé. 

C’était comme un grand nettoyage intérieur, un soulagement qu’elle n’avait jamais connu. Elle était à présent libre.

Lorsqu’elle se releva, elle avait l’impression d’avoir laissé derrière elle les chaînes qui l’avaient tenue captive pendant tant d’années. 

Elle ne savait pas ce que l’avenir lui réservait, mais elle savait qu’elle n’était plus seule. 

Elle était désormais l’enfant bien-aimée de Dieu, rachetée, et pardonnée de toutes iniquités .

Elle sortit de l’église avec une légèreté qu’elle n’avait pas connue depuis des années, le cœur empli d’une paix profonde. Ornela avait trouvé la délivrance.


A suivre.

La géreuse de Bizi