
Chapitre 6
Ecrit par Verdo
La nuit tombait doucement sur la ville, et Ethiam, épuisé par ses cours du soir, s'apprêtait à rentrer chez lui. Alors qu’il avançait vers sa voiture, il remarqua un homme qui l’attendait, debout non loin du véhicule. L’inconnu avait l’allure d’un quadragénaire, un visage marqué par le temps, mais un regard perçant qui dégageait une aura de détermination. Ethiam, méfiant, ralentit son pas.
— Bonsoir, monsieur, dit l’homme, d’un ton poli, mais chargé d’une étrange familiarité.
Ethiam, légèrement agacé, répondit brièvement :
— Bonsoir.
L’homme esquissa un sourire et demanda :
— Vous ne me reconnaissez pas, Ethiam ?
Le cœur d’Ethiam rata un battement à l’entente de son prénom. Il scruta le visage de l’homme, mais rien ne lui revint en mémoire.
— Non, je ne vous connais pas, répondit-il avec une froideur calculée, espérant mettre fin à cette interaction.
Mais l’homme ne se démonta pas. Au contraire, il sembla légèrement amusé.
— Je suis Nomagno, le fils de l’ancien chef du village de Fongbé-Zogbédzi. Je vous ai connu là-bas, il y a des années.
Ethiam sentit une sueur froide perler sur son front. Ce nom, ce village, ces souvenirs qu’il s’efforçait d’enterrer refaisaient surface avec violence. Pourtant, il garda son masque d’indifférence.
— Je ne vous connais pas, insista-t-il, espérant que l’homme lâche prise.
Mais Nomagno resta immobile, le fixant intensément.
— Il paraît que vous avez tué Mawugno et toute sa famille avant de quitter précipitamment le village à cause de cette fameuse ferme. Regardez-vous maintenant ! Avec cette voiture, cette allure, vous avez l’air d’un homme riche.
Ces mots frappèrent Ethiam comme un coup de poing en pleine poitrine. Il resta sans voix, ses pensées s’embrouillant à une vitesse vertigineuse. Nomagno avait prononcé ce qu’Ethiam redoutait le plus : la vérité. La vérité sur son passé, un passé qu’il croyait enterré, comme cette sacoche maudite.
Sentant qu’il ne pouvait plus feindre l’ignorance, Ethiam changea de tactique. Il prit une grande inspiration et tenta d’amadouer l’homme.
— Écoutez, je crois qu’il y a un malentendu, mais si vous avez besoin d’aide… je peux vous offrir une somme d’argent pour vous remettre sur pied.
Nomagno éclata de rire, un rire amer qui résonna dans la rue déserte.
— Une somme d’argent ? Vous pensez vraiment que ça suffit pour effacer ce que vous avez fait ? Non, Ethiam, je veux bien plus que ça.
Le regard d’Ethiam se durcit.
— Que voulez-vous, alors ? Soyez clair.
Nomagno s’approcha, plongeant son regard dans celui d’Ethiam.
— D’abord, amène-moi chez toi. On discutera une fois que je serai à l'aise.
Ethiam recula légèrement, le regard empli de méfiance.
— Vous êtes fou ? Pourquoi devrais-je vous amener chez moi ?
Nomagno haussa les épaules, un sourire narquois aux lèvres.
— Pour ne pas que tout le monde sache qui tu es vraiment. Écoute, cela fait un moment que je te suis. Je connais tous tes mouvements, je sais où tu habites, à Avépozo. Si tu ne veux pas de problèmes, fais ce que je te dis.
Ces paroles firent trembler Ethiam de rage et de peur. Il tenta de reprendre le contrôle de la situation, son ton devenant menaçant.
— Si j’ai pu tuer Mawugno et toute sa famille, qu’est-ce qui me retient de te faire subir le même sort ?
Nomagno éclata de rire une nouvelle fois, mais cette fois-ci, son regard devint sombre.
— Tu penses que je suis idiot, Ethiam ? J’ai une assurance. Si quelque chose m’arrive, tout ce que je sais sur toi sera révélé. Je sais que tu as vendu tout ce qui appartenait à Mawugno. J’ai des preuves. Maintenant, fais ce que je te dis, ou je promets que ta vie deviendra un enfer.
Ethiam resta figé, abasourdi. Les battements de son cœur résonnaient dans ses oreilles. Cet homme savait tout. Chaque mot de Nomagno était une lame qui menaçait de détruire la vie qu’il s’était bâtie. Il comprit qu’il ne pouvait pas se débarrasser de lui aussi facilement.
Après un moment de silence pesant, Ethiam soupira, résigné.
— Monte dans la voiture, dit-il sèchement.
Nomagno sourit, satisfait, et s’installa tranquillement à côté de lui. Alors qu’ils roulaient vers Avépozo, Ethiam ne pouvait s’empêcher de réfléchir frénétiquement. Cet homme était un problème qu’il devait résoudre, mais comment ? Pour l’instant, il devait jouer le jeu, au moins jusqu’à ce qu’il trouve une solution.
La voiture roulait lentement dans les rues éclairées de Lomé, l’atmosphère à l’intérieur lourde de tension. Ethiam, au volant, gardait le regard fixé sur la route, mais son esprit était un véritable tourbillon de pensées sombres. Assis à l’arrière, Nomagno semblait détendu, un sourire narquois étirant ses lèvres, comme s’il savourait pleinement son avantage sur Ethiam.
Ethiam ne pouvait s’empêcher de se demander comment les choses avaient pu prendre une telle tournure. Pendant des années, il avait cru avoir enterré son passé, enfoui les horreurs de Fongbé-Zogbédzi sous des couches de mensonges bien tissés. Il avait raconté à Ayélévi que sa famille entière avait péri lors d’un conflit tribal, une histoire tragique, mais crédible, qui expliquait son isolement et son besoin de recommencer une nouvelle vie à Lomé. Et voilà que ce Nomagno surgissait de nulle part, menaçant de tout détruire.
— Alors, Ethiam, dit soudain Nomagno, brisant le silence, tu es devenu un homme important, hein ? Une belle voiture, une grande maison… Tout ça grâce à quoi, déjà ? Ah oui, grâce au sang des innocents.
Ethiam serra le volant à s’en blanchir les jointures. Ses mains tremblaient légèrement, mais il ne répondit pas. Nomagno continua, son ton moqueur mêlé d’une pointe de cruauté.
— Tu sais, j’ai toujours trouvé intéressant que les gens comme toi pensent pouvoir échapper à leur passé. Mais le passé, Ethiam, a une façon bien à lui de vous rattraper, n’est-ce pas ?
Ethiam inspira profondément, tentant de calmer la tempête qui faisait rage en lui. Des idées lui traversaient l’esprit, certaines si sombres qu’elles le terrifiaient lui-même. Et s’il réglait ce problème ici et maintenant ? Une embardée soudaine dans un ravin, un coup rapide… Le silence éternel de Nomagno semblait être la seule solution pour restaurer son équilibre.
Mais une pensée le retenait : cette "assurance" dont parlait Nomagno. Que pouvait-il bien vouloir dire par là ? Était-ce une simple ruse pour le maintenir en échec, ou avait-il réellement pris des précautions ? Peut-être qu’il avait confié des preuves à une tierce personne, quelqu’un qui les rendrait publiques si quelque chose lui arrivait. Peut-être même avait-il déjà alerté les autorités.
Nomagno, comme s’il pouvait lire dans ses pensées, éclata de rire.
— Je vois ce que tu te demandes. Tu réfléchis à comment te débarrasser de moi, n’est-ce pas ? Je te connais bien, Ethiam. Je t’ai observé suffisamment longtemps pour savoir comment tu fonctionnes. Mais laisse-moi te dire une chose : je suis plus malin que tu ne le penses.
Ethiam ne répondit pas, mais ses mains tremblantes trahissaient son agitation. La voiture s’arrêta à un feu rouge, et il jeta un coup d’œil furtif dans le rétroviseur. Nomagno le fixait intensément, son sourire effrayant toujours en place.
— Si quelque chose m’arrive, tout ce que je sais sur toi sera révélé, poursuivit Nomagno. Tu sais, Ethiam, avec la technologie d’aujourd’hui, c’est si facile de programmer un envoi automatique d’informations… Un simple clic, et tout ton passé remonte à la surface. La ferme, Mawugno, sa famille… tout.
Ethiam sentit un frisson lui parcourir l’échine. Si Nomagno disait vrai, alors toute tentative de l’éliminer ne ferait qu’accélérer sa propre chute. Mais était-il seulement en train de bluffer ? Le doute rongeait Ethiam de l’intérieur.
— Pourquoi fais-tu tout ça ? finit-il par demander, sa voix basse mais empreinte de colère.
— Pourquoi ? répondit Nomagno, haussant les épaules. Disons simplement que je crois en la justice, Ethiam. Mais une justice à ma façon. Et pour l’instant, ma façon inclut que tu me traites comme un roi.
Ethiam serra les dents. Il savait qu’il n’avait pas d’autre choix que de jouer le jeu, du moins pour le moment. Mais cela ne signifiait pas qu’il s’était résigné à accepter cette situation. À mesure que la voiture approchait de sa maison, il élaborait déjà des plans dans sa tête. Des plans pour découvrir cette fameuse "assurance", pour renverser la situation.
Quand ils arrivèrent devant la maison, Ethiam coupa le moteur et resta assis un moment, les yeux fixés sur le volant.
— Allez, Ethiam, on y va, lança Nomagno avec un ton moqueur. Je suis curieux de voir à quoi ressemble ta petite vie de bourgeois.
Ethiam sortit de la voiture, son esprit en ébullition. Il devait trouver un moyen de reprendre le contrôle. Une chose était certaine : cette nuit-là, il ne dormirait pas. Le retour de Nomagno avait ouvert une boîte de pandore, et il savait que ses jours de tranquillité étaient comptés.
La nuit tombait doucement sur Avépozo lorsque Ethiam et Nomagno franchirent les grilles de la somptueuse villa. À l’intérieur, Ayélévi s’affairait dans le salon, ajustant les coussins et vérifiant que tout était en ordre. Elle entendit le bruit des pas dans l’entrée et se tourna, un sourire léger sur les lèvres, prête à accueillir son compagnon. Mais son sourire s’effaça lorsqu’elle aperçut un homme inconnu entrer aux côtés d’Ethiam.
— Ayélévi, voici Nomagno, annonça Ethiam avec un ton qui se voulait léger mais qui trahissait une certaine nervosité. C’est un cousin éloigné, un bras long du village. Il est juste de passage à Lomé, et je me suis dit qu’il pourrait passer la nuit ici.
Ayélévi plissa légèrement les yeux, une expression indéchiffrable sur le visage. Elle jeta un regard discret à Nomagno, qui, malgré un sourire courtois, semblait tout sauf à l’aise. Elle sentait que quelque chose clochait, mais elle ne dit rien.
— Bienvenue, monsieur Nomagno, répondit-elle poliment en tendant une main délicate. Vous êtes le bienvenu chez nous.
Nomagno hocha la tête, acceptant la main tendue avec un sourire qui semblait forcé.
— Merci beaucoup, madame. C’est un plaisir de rencontrer la femme d’Ethiam. Vous avez une belle maison ici.
Ayélévi inclina légèrement la tête, un sourire énigmatique sur les lèvres. Elle était habituée à recevoir des invités, mais il y avait quelque chose chez cet homme qui la mettait mal à l’aise. Sa tenue un peu négligée, son regard qui semblait constamment évaluer les lieux… Tout cela laissait un goût étrange dans l’air.
Ethiam, quant à lui, s’efforçait de paraître détendu.
— Ayélévi, pourrais-tu préparer quelque chose pour nous ? Nomagno a fait un long voyage, et il doit être affamé.
— Bien sûr, répondit-elle calmement. Je vais voir ce que je peux faire.
Elle se dirigea vers la cuisine, jetant un dernier regard à Ethiam et à Nomagno avant de disparaître derrière la porte. Une fois seule, elle posa les mains sur le comptoir et inspira profondément. Elle connaissait suffisamment Ethiam pour savoir quand il mentait. Cette histoire de cousin éloigné ne tenait pas la route. Qui était vraiment cet homme ? Pourquoi avait-il l’air si nerveux ? Et pourquoi Ethiam semblait-il marcher sur des œufs depuis son arrivée ?
Dans le salon, Nomagno s’était installé dans un fauteuil, observant les lieux avec un sourire narquois.
— Une belle maison, vraiment, murmura-t-il. Tu as bien réussi, Ethiam.
— Merci, répondit Ethiam, s’efforçant de garder un ton neutre. Tu veux boire quelque chose ?
— Un verre d’eau suffira, dit Nomagno avec un geste désinvolte.
Ethiam se leva et alla chercher de l’eau, laissant Nomagno seul un instant. Celui-ci en profita pour balayer la pièce du regard, son sourire s’élargissant. Il savait qu’il tenait Ethiam dans sa main, et il comptait bien tirer parti de la situation.
Lorsque Ethiam revint avec le verre d’eau, il s’assit en face de Nomagno et le regarda fixement.
— Alors, Nomagno, dit-il doucement, qu’est-ce que tu attends de moi exactement ?
Nomagno éclata de rire, un rire qui résonna étrangement dans le salon.
— Tu es rapide, Ethiam. Je t’ai dit que nous discuterions de tout ça quand je serai à l’aise. Pour l’instant, profitons de cette soirée.
Ethiam serra les dents, mais il n’insista pas. Il savait qu’il devait jouer le jeu pour l’instant.
Quelques minutes plus tard, Ayélévi revint avec un plateau chargé : du riz au gras, du poulet grillé et quelques légumes soigneusement disposés.
— Voilà de quoi vous restaurer, dit-elle avec un sourire.
Nomagno applaudit légèrement, visiblement impressionné.
— Merci beaucoup, madame Ayélévi. Vous êtes vraiment une femme formidable.
Ayélévi inclina légèrement la tête, mais ses yeux se posèrent un instant sur Ethiam, cherchant des réponses qu’il ne semblait pas prêt à donner.
Au cours du dîner, elle resta silencieuse, observant les deux hommes échanger des banalités. Nomagno, avec son ton jovial, semblait vouloir se faire passer pour un invité ordinaire, mais Ayélévi n’était pas dupe. Elle pouvait sentir les tensions sous-jacentes, les regards furtifs qu’ils échangeaient.
Quand le dîner fut terminé, Ayélévi débarrassa la table et alla se retirer dans la chambre, laissant les deux hommes seuls. Elle voulait donner l’impression qu’elle ne s’intéressait pas à leurs affaires, mais en réalité, elle tendait l’oreille, espérant capter un mot, une phrase qui pourrait éclairer cette situation étrange.
Dans le salon, Ethiam se pencha légèrement en avant, ses coudes sur les genoux, fixant Nomagno.
— Maintenant que tu es à l’aise, dis-moi ce que tu veux vraiment, murmura-t-il, sa voix basse et tranchante.
Nomagno sourit, savourant chaque instant.
— Patience, Ethiam, répondit-il. Tout vient à point à qui sait attendre.
Ethiam serra les poings, mais il savait qu’il devait garder son calme. Ce jeu ne faisait que commencer, et il devait trouver un moyen de le gagner avant que Nomagno ne renverse complètement sa vie.
— Je dois dire, Ethiam, que tu as su te construire une vie des plus confortables.
— Merci, répondit Ethiam, tentant de masquer son agacement. Mais dis-moi, combien de temps comptes-tu rester ?
Nomagno posa son verre sur la table basse, son regard se durcissant.
— Pour être franc, je me plais bien ici. Je pense que je vais m'installer définitivement.
Le cœur d'Ethiam s'emballa.
— Il n'en est pas question. Tu ne peux pas rester ici indéfiniment.
Nomagno esquissa un sourire froid.
— Si tu refuses, je n'aurai d'autre choix que de tout révéler à ta chère Ayélévi. Imagine sa réaction en apprenant la vérité sur ton passé.
Ethiam sentit la colère monter en lui, mais il se força à rester calme.
— Tu es en train de me faire chanter, Nomagno.
— Appelle ça comme tu veux. Je veux juste ma part du gâteau.
Ethiam se leva brusquement, faisant les cent pas dans le salon.
— Et si je te dénonçais à la police pour chantage ?
Nomagno éclata de rire.
— Allons, Ethiam. Tu sais aussi bien que moi que tu n'oseras pas. Trop de choses à perdre, n'est-ce pas ?
Les poings serrés, Ethiam réalisa qu'il était pris au piège.
— Très bien, dit-il enfin. Tu peux rester. Mais sache que je ne tolérerai aucun écart de ta part.
Nomagno sourit, satisfait.
— Ne t'inquiète pas. Je saurai me faire discret.
Cette nuit-là, Ethiam dormit peu, rongé par l'angoisse et la frustration.
Les jours suivants, la présence de Nomagno devint de plus en plus oppressante. Il s'immisçait dans la vie quotidienne, posant des questions indiscrètes, s'intéressant de trop près aux affaires d'Ethiam. Ayélévi, bien que polie, ne pouvait s'empêcher de ressentir une profonde méfiance envers cet "cousin" inattendu.
Un soir, alors qu'Ethiam travaillait tard dans son bureau, Ayélévi frappa doucement à la porte.
— Puis-je entrer ?
— Bien sûr, entre.
Elle s'assit en face de lui, le regard sérieux.
— Ethiam, je dois te parler de Nomagno.
Le cœur d'Ethiam se serra.
— Qu'y a-t-il ?
— Je ne sais pas qui il est vraiment, mais je sens qu'il n'est pas celui que tu prétends.
Ethiam baissa les yeux, incapable de soutenir son regard.
— Pourquoi dis-tu cela ?
— Il pose trop de questions, s'intéresse à des choses qui ne le concernent pas. Et puis, il y a cette tension entre vous.
Ethiam soupira profondément.
— C'est compliqué, Ayélévi.
— Je suis ta femme, Ethiam. Si quelque chose ne va pas, tu dois me le dire.
Il sentit les larmes lui monter aux yeux.
— Je... je ne peux pas. Pas maintenant.
Ayélévi posa une main douce sur la sienne.
— Quand tu seras prêt, je serai là pour t'écouter.
Elle se leva et quitta la pièce, laissant Ethiam seul face à ses démons.
La présence de Nomagno devint de plus en plus insupportable. Il profitait de la situation, exigeant toujours plus d'attention et de privilèges. Ethiam sentait la colère monter en lui, mais il savait qu'il devait rester maître de lui-même.
Un matin, alors qu'ils prenaient le petit-déjeuner, Nomagno lança nonchalamment :
— Je pensais inviter quelques amis à la maison ce week-end pour une petite fête.
Ethiam faillit s'étouffer avec son café.
— Quoi ? Absolument pas.
Nomagno haussa les épaules.
— Après tout ce que j'ai fait pour toi, c'est ainsi que tu me remercies ?
La rage d'Ethiam éclata.
— Écoute-moi bien, Nomagno. Tu es ici parce que je l'ai permis. Mais ne pousse pas ta chance trop loin.
Nomagno sourit, mais ses yeux lançaient des éclairs.
Le crépuscule enveloppait le jardin d'une douce lumière orangée. Ethiam, assis sur un banc de pierre, était plongé dans ses pensées, cherchant désespérément une solution pour se débarrasser de Nomagno. La présence oppressante de ce dernier menaçait non seulement sa tranquillité, mais aussi le fragile équilibre de sa vie avec Ayélévi.
Soudain, le bruissement des feuilles signala l'arrivée d'Ayélévi. Elle s'approcha doucement, son visage marqué par l'inquiétude.
— Ethiam, nous devons reparler.
Il releva la tête, tentant de masquer son trouble par un sourire forcé.
— Bien sûr, chérie. Que se passe-t-il ?
Elle s'assit à ses côtés, posant une main douce sur la sienne.
— Depuis l'arrivée de Nomagno, je ressens une tension entre vous deux. Tu m'as dit qu'il était ton cousin, mais... pourquoi ne m'as-tu pas prévenue de sa venue ?
Ethiam sentit son cœur s'emballer.
— C'était... imprévu. Il est arrivé à l'improviste, je n'ai pas eu le temps de t'en parler.
Ayélévi fronça les sourcils, peu convaincue.
— Et quel est exactement votre lien de parenté ? Tu n'as jamais mentionné ce cousin auparavant.
Pris au dépourvu, Ethiam chercha une réponse plausible.
— C'est un parent éloigné. Nous n'étions pas très proches, mais il traverse une période difficile et j'ai accepté de l'héberger temporairement.
Ayélévi le regarda intensément, cherchant la vérité dans ses yeux.
— Ethiam, je sens qu'il y a quelque chose que tu ne me dis pas. Nomagno ne m'inspire pas confiance. Il est intrusif, pose des questions indiscrètes... J'ai l'impression qu'il cache quelque chose. Je te l'avais dit l'autre jour. Et cette fête qu'il veut organiser avec ses amis!
Ethiam baissa les yeux, incapable de soutenir son regard.
— Je comprends tes inquiétudes. Mais je t'assure que tout est sous contrôle. Il ne restera pas longtemps.
Ayélévi soupira, partagée entre l'amour qu'elle portait à son mari et les doutes qui l'assaillaient.
— Très bien. Mais promets-moi que s'il y a le moindre problème, tu m'en parleras.
Ethiam hocha la tête, bien que son esprit soit en proie à une tempête de pensées contradictoires.
— Je te le promets.
Elle se leva, déposant un baiser sur son front avant de retourner à la maison. Resté seul, Ethiam sentit le poids de la culpabilité l'écraser. Il savait qu'il ne pourrait pas mentir indéfiniment à Ayélévi. Mais comment lui avouer une telle vérité ?
La nuit tombait, apportant avec elle son lot d'incertitudes. Ethiam réalisa que, pour protéger son foyer, il devait trouver une solution définitive à la menace que représentait Nomagno.
Écrit par Koffi Olivier HONSOU.
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