
Chapitre 6 : Les Étoiles s'Alignent
Ecrit par Ellie chou
La nuit enveloppait Lisbonne d’un voile de mystère et de douceur.
Jean-Philippe et Mariana marchaient lentement le long des quais du Tage, bercés par le clapotis discret des vagues contre les pierres.
Les réverbères diffusaient une lumière tamisée, projetant leurs ombres qui se frôlaient sans jamais se toucher.
Ils avaient dîné dans un petit restaurant caché du quartier de l’Alfama, un endroit que Mariana adorait pour son ambiance feutrée et ses plats aux saveurs authentiques.
À présent, ils se laissaient guider par leurs pas, sans destination précise.
Mariana frissonna légèrement. Jean-Philippe, sans un mot, retira sa veste et la posa délicatement sur ses épaules.
— Merci, gentleman parisien, murmura-t-elle avec un sourire en coin.
— Je tiens à ce que ma guide ne tombe pas malade avant la fin de mon séjour, plaisanta-t-il.
Mais derrière cette légèreté, une tension palpable flottait entre eux. Une tension faite de non-dits, d’attentes, de désirs retenus.
Ils s’arrêtèrent sur un petit pont en pierre qui surplombait le fleuve. Devant eux, le Cristo Rei se dressait au loin, illuminé, tandis que la ville s’endormait doucement.
— Lisbonne est encore plus belle la nuit, souffla Jean-Philippe.
— C’est pour ça que j’aime me promener ici. Le silence, les lumières, et surtout… le ciel.
Elle leva la tête vers la voûte céleste, où des myriades d’étoiles scintillaient.
— Regarde ça, dit-elle en pointant une étoile filante qui traversait le ciel. Fais un vœu.
Jean-Philippe fixa l’étoile un instant avant de poser les yeux sur elle.
— Je n’ai pas besoin de faire de vœu, murmura-t-il. Je sais déjà ce que je veux.
Le cœur de Mariana s’emballa. Elle sentit son regard brûlant sur elle et détourna légèrement les yeux.
— Jean-Philippe…
— Non, attends, laisse-moi parler.
Il se tourna complètement vers elle, posant une main sur la rambarde du pont.
— Depuis que je suis arrivé, je ressens quelque chose que je n’avais pas prévu. Quelque chose que je ne peux plus ignorer.
Mariana sentit son souffle se raccourcir.
— Tu es une femme incroyable, Mariana. Indépendante, talentueuse, libre… Tu as cette façon de voir le monde qui me fascine. Et, je ne vais pas mentir, j’ai peur.
— Peur de quoi ? murmura-t-elle.
— Peur de ce que je ressens pour toi. Peur que ce ne soit qu’un rêve passager, que le quotidien nous rattrape. Peur de ne pas savoir comment concilier ma vie avec… toi.
Un silence s’installa. Le vent souleva légèrement les cheveux de Mariana. Elle plongea ses yeux sombres dans ceux de Jean-Philippe.
— Moi aussi, j’ai peur, admit-elle finalement. Peur de m’attacher à quelqu’un qui pourrait partir du jour au lendemain. Peur d’ouvrir mon cœur et de le voir brisé.
Jean-Philippe s’approcha d’un pas. Il pouvait sentir la chaleur de son corps, voir son hésitation, sa vulnérabilité.
— Alors on fait quoi ? demanda-t-il dans un souffle.
Elle ne répondit pas immédiatement. Puis, lentement, elle leva une main et la posa sur la joue de Jean-Philippe. Il ferma les yeux un instant sous ce contact léger mais chargé d’émotions.
— On arrête de penser… chuchota-t-elle.
Elle se haussa légèrement sur la pointe des pieds et, enfin, leurs lèvres se trouvèrent.
Le baiser fut d’abord hésitant, comme s’ils testaient cette frontière qu’ils venaient de franchir. Puis, en une fraction de seconde, la retenue s’effaça. Jean-Philippe l’attira contre lui, ses mains glissant dans le creux de son dos. Mariana s’abandonna complètement, ses doigts s’agrippant à sa chemise.
Autour d’eux, le monde cessa d’exister. Il n’y avait plus que le bruit lointain de l’eau, la fraîcheur de la nuit et la chaleur de leurs corps enlacés.
Lorsqu’ils se séparèrent, à bout de souffle, Mariana posa son front contre celui de Jean-Philippe.
— Tu pars dans quelques jours… murmura-t-elle, une pointe de tristesse dans la voix.
— Je sais.
— Et après ?
Il passa une main dans ses cheveux, l’observant avec une intensité nouvelle.
— Je ne veux pas que ce soit juste une parenthèse. Mais je ne veux pas non plus te faire de promesses que je ne pourrais pas tenir.
Elle hocha lentement la tête.
— Alors vivons ce qui doit être vécu.
Un sourire naquit sur les lèvres de Jean-Philippe.
— Toi et moi, sous les étoiles, à Lisbonne… C’est déjà un bon début, non ?
Elle sourit à son tour et, cette fois, ce fut elle qui l’embrassa.
La nuit était à eux. Mais l’aube, elle, apporterait avec elle la question inévitable du lendemain.
A bientôt .