Chapitre 8
Ecrit par Ngassaa
*30
août -45 kilos*
Ma mère
m’avait raconté ce qui c’était passer et je ne lui en voulais plus, je
comprenais ses raisons.
J’ai
toujours du mal à manger, j’ai grand max un repas par jour et je perds du
poids. En plus c’est bientôt les rattrapages pour le bac et j’ai intérêt à les
réussi.
J’ai repris
la gymnastique, ça m’aide à évacuer le stress.
J’essaye de
me reprendre mais c’est dur. Les médecins m’ont dit que j’étais anorexique et
que c’était une maladie mentale qui entrainait des séquelles physiques.
J’ai eu du
mal à l’accepter, ce n’est pas facile d’entendre qu’on est malade dans notre
tête. On le nie au début en disant que c’est une erreur médicale, puis on
commence à se poser des questions. On s’en pose de plus en plus et on finit par
s’en rendre compte. On a tort et ils ont
raisons.
On pleure,
un peu, beaucoup, pas du tout.
Ca nous rend
encore plus malade qu’avant parce qu’on en est conscient maintenant. On se
concentre sur quelque chose d’autre pour arrêter de se poser autant de
questions, pour juste faire pause et arrêter de réfléchir.
Sauf qu’on
s’abandonne tellement à cette activité, en l’occurrence la gym pour moi, qu’on
oublie tout le reste et on empire la situation.
On commence
à oublier le dernier et le seul repas de la journée. On fait un malaise qui
nous ramène à la réalité. On mange alors un morceau de sucre mais pas plus on
ne veut pas finir diabétique. Pourtant on en est loin. Sauf qu’on ne sait
jamais.
Mais je me
suis surtout battue contre le regard des autres. Nous sommes dans une petite
ville donc en allant au centre, je croise beaucoup de personne de mon lycée.
Les moqueries ont recommencé. Je suis la fille qui a été assez bête pour finir
anorexique ; celle qui était grosse et qui est devenue aussi plate qu’une
planche à repasser. L’équipe des cheerleaders ne veut plus de moi. C’est
dommage disait Fanny, on avait une dernière compétition avant la rentrée.
Dernière compet’ pour les anciennes cheerleaders. Puis elle a rajouté que
j’étais trop fine et qu’elles avaient peur de me casser.
Qu’elle
bande d’hypocrite !
Je me trouve
actuellement devant ma penderie, je cherche un vêtement qui ne vas pas trop
rendre voyant mes côtes qui ressortent beaucoup. Il faut qu je me rende chez
Bastien. Comme ma mère m’a raconter toute l’histoire je sais pourquoi il me
déteste autant et je tiens à m’excuser mais je crois que lui-même ne connais
pas la vrai version.
Je choisis
alors de mettre mon sweet gris avec un jeans noir. Je vais m’enfermer à la
salle de bain. Mes cheveux sont très courts, j’ai une coupe à la garçonne. Tout
ça à cause de ma crise, je les ai coupé mais ils n’avaient pas la même tailles,
je n’ose pas imaginer à quoi ça ressemblais. Ça devait être un carnage !
Bref, je
commence à me déshabiller et le moment que je déteste le plus arrive enfin. Je
me regarde dans le miroir pour voir à quoi je ressemble et si j’ai pris du
poids, je sais très vite que je n’en ai pas pris et je ne veux pas en prendre.
Mais je ne sais pas c’est devenue une habitude pour moi de faire ça. Peut-être
parce que pendant un moment j’ai essayé de guérir, mais mon subconscient me
répétait que je ne faisais que m’enfoncer un peu plus chaque jour dans un
gouffre et que pour en sortir je pourrais y laisser la vie.
Mes joues
sont creusées et je ressemble à un panda avec mes énormes cernes sous les yeux.
Ma clavicule est creusé est ressort tout comme mes côtes et mes hanches. Mes
épaules sont courbées vers l’avant, légèrement seulement mais elles le sont
tout de même. J’observe maintenant mes jambes qui sont devenues des cure-dents.
La vue de mon corps est affreuse pour moi. Je me déteste et je déteste ce que
je suis devenue. Je vois mon corps se creuser de jours en jours mais je ne peux
m’empêcher de me trouver grosse et m’obliger à faire attention à ce que je
mange, le nombre de calories présentes dans chaque aliments, dans chaque
boissons, je me suis forcer à tout apprendre par cœur.
J détourne
le regard et ouvre l’eau chaude. Pendant qu’elle coule et remplit ma baignoire,
je rentre un pied, puis le deuxième. Je m’assois tout doucement et fini par
m’allonger. Quand la baignoire est pleine je ferme l’eau et commence à frotter
mon corps avec su savon de Marseille. J’y vais doucement comme si j’avais peur
de me casser, c’est ridicule je sais, mais je suis ridicule !
Pourquoi
continuer à vivre si c’est pour être en souffrance sans que jamais ça ne
s’arrête. Je plonge ma tête sous l’eau et je ferme les yeux. J’essaye de me
remémorer les moments de ma vie où j’ai été heureuse.
C’est quand
il était encore là… On était une vraie famille ! Je me souviens quand il
me réveillait le matin, il me faisait faire l’avion dans toute la maison.
J’avais peur mais j’adorais ça car c’était un des rares moments père fille
qu’on avait. Puis on allait s’asseoir à la cuisine et ma mère nous grondait en
disant que c’était dangereux de le faire en courant. On se regardait tous puis
on se mettait à rire tellement qu’on avait du mal à s’arrêter.
Je souris la
tête toujours sous l’eau. Je ne ressens plus rien juste une sensation de
légèreté. Plus de problème.
Je suis
libree !!
Je souris de
plus belle. Comme la vie peut-être belle sans obligation. Je ne respire plus,
une obligation en moins, la plus importante, celle qui élimine toutes les
autres ! Je commence à suffoquer, du moins je viens de m’en rendre compte.
Vivre ou
mourir..
Un choix pas
facile à faire..
Vivre et
souffrir chaque jours de plus en plus en ayant l’espoirs que les choses
changent sans jamais que ça n’arrive..
Ou mourir en
ayant en tête uniquement les meilleurs moments de sa vie et sans rancune pour
les personnes qui m’ont mené à avoir ce choix à faire..
Mais c’est
aussi laissé ma mère seule, avec un mauvais souvenir de moi...
Nan je veux
qu’elle me voie heureuse, elle le mérite ! Je veux que si je meure elle me
voit sourire une dernière fois et lui dire combien je l’aime..
Je ressors
la tête de l’eau en prenant une grande bouffé d’air. Mes poumons me font mal et
j’essaye de retrouver mon souffle. C’est pour elle que je suis encore là et
pour lui aussi enfin ça va dépendre de la tournure de notre discussion. Ils
sont mes seules raisons de vivres actuellement.
Je me rince
en vitesse et me dépêche de sortir de cette baignoire. J’enroule ma serviette
autour de moi et regarde la baignoire ce
vider de l’eau dans laquelle j’ai failli me suicider quelque seconde auparavant
après avoir enlevé le bouchon.
Je me sèche
et m’habille après avoir mis de la crème sur moi. Je me maquille légèrement
puis descend prendre mon petit déjeuner, c’est-à-dire un verre d’eau et un tout
petit morceau de pancake. Je vais mettre mes chaussures et ma veste et sort de
chez moi.
Je marche
jusque chez Bastien et sonne. Il vient m’ouvrir la porte. Il porte un boxer et
est torse nu. Il est surpris de me voir et ne s’attendait sûrement pas à ce que
la personne qui sonne chez lui aussi tôt pendant les vacances soit moi.
J’esquisse ce qui ressemblerait plus à une grimace qu’à un sourire.
-tu veux quoi ?
-Salut. Oui je vais bien et
toi ?
-Ouais, si tu veux salut et oui
jusqu’à ce que tu arrives. Bon tu veux quoi ?
-Je sais que ma visite un peu voire
carrément inattendue, mais tu pourrais au moins faire semblant de m’apprécié ou
du moins être poli.
-Ecoute si tu es venue pour me faire
une leçon de morale tu peux retourner d’où tu viens !
Il commence
à vouloir fermer la porte mais je l’en empêche.
-Non attend ! Je suis désolé
j’aurais pas dû dire ça..
-Du coup ? Tu comptes répondre à
ma question un jour ?
-Je.. Il faut que je te parle c’est
important.
-A quel sujet ?
-De la mort de ton père. Je sais ce
qui s’est réellement passer et je pense que tu es en droit de savoir également.
Et puis peut-être que tu me détestera moins après ça..