
Chapitre 12 : Les rêves d’une jeune fille
Write by Ellie chou
La nuit tombait doucement sur le village, enveloppant les toits de tôle dans une brise tiède.
Sous la lumière vacillante d’une lampe tempête, Élise Kouassi, assise à son bureau de fortune, la tête appuyée sur ses mains, laissait son esprit vagabonder au-delà des murs de leur modeste maison.
Elle avait toujours su ce qu’elle voulait faire de sa vie. Elle voulait devenir une grande dame de ce pays.
Dans ses rêves, elle se voyait marcher dans les couloirs d’un grand bureau, prendre des décisions importantes, aider les plus démunis, changer les choses…
Elle voulait que son nom résonne au-delà de leur quartier, au-delà de leur village, qu’il soit synonyme de courage et de réussite.
Mais parfois, ses ambitions semblaient si lointaines, presque irréelles…
Ce jour-là, à l’école, son professeur principal avait abordé la question de l’avenir.
« Alors, Élise, que veux-tu faire plus tard ? »
Fière, elle avait répondu sans hésiter :
« Je veux devenir une grande dame de ce pays. »
Un silence s’était installé dans la classe, avant qu’un garçon ne ricane.
« Toi ? Une simple fille de vendeuse de maquis ? Tu crois que tu peux vraiment réussir ? »
Les rires moqueurs avaient fusé. Son cœur s’était serré.
Elle était rentrée ce soir-là, le regard triste, son rêve fissuré par la méchanceté des autres.
Assise sous le manguier de la cour, elle tenait un vieux cahier contre elle, comme si elle cherchait à y enfermer son espoir avant qu’il ne s’échappe. Marguerite, qui revenait du restaurant, la remarqua et s’approcha.
« Ma fille, pourquoi ce visage triste ? »
Élise hésita, puis murmura :
« Maman… Tu crois que je peux vraiment devenir une grande dame ? »
Marguerite s’agenouilla devant elle et prit son visage entre ses mains usées par le travail.
« Élise, écoute-moi bien.
Les gens riront toujours de ceux qui rêvent grand. Mais ce sont ces mêmes rêveurs qui finissent par changer le monde. »
Élise leva les yeux vers sa mère, émue.
« Regarde où nous étions hier et où nous sommes aujourd’hui.
Si j’avais écouté ceux qui me méprisaient, je n’aurais jamais ouvert ce restaurant.
Toi, tu iras encore plus loin. »
Une larme roula sur la joue d’Élise, mais cette fois, ce n’était pas une larme de tristesse.
C’était une larme d’espoir.
Cette nuit-là, Élise resta éveillée plus tard que d’habitude.
Elle ouvrit son cahier et écrivit, en lettres bien tracées :"Je deviendrai une grande dame de ce pays.Peu importe les obstacles, je réussirai."
Elle referma son cahier et sourit.
Son rêve était peut-être encore loin, mais il était vivant.
Et désormais, elle savait qu’elle ne laisserait plus jamais personne l’éteindre.
A bientôt.