
CHAPITRE 22: VOL D'INTELLIGENCE
Write by L'UNIVERS DE JOLA
CHAPITRE 22 : VOL D’INTELLIGENCE.
**LUCRÈCE MEFOUMANE**
Aujourd’hui c’est samedi et j’ai l’intention de faire un
tour chez papa, d’abord pour déposer les fournitures scolaires des enfants mais
aussi récupérer tous ceux dont je m’en occupe pour aller les inscrire et
acheter leurs uniformes. Cette année, j’ai décidé de ne plus donner l’argent à
qui que ce soit, étant sur place, je fais tout moi-même. Les années antérieures
comme je passais par Brandon, très souvent je payais double car au bout de 1 ou
2 mois, les enfants me disaient qu’il leur manquait telle ou telle autre chose
qui pourtant aurait dû être payée car budgétiser. Je renvoyais l’argent pour
les racheter, mais cette année non, j’ai fait toutes les courses avec tantine
Lucia quand j’achetais les choses des enfants pour l’école. J’ai acheté pour
tout le monde et même pour Toby, je pensais simplement faire un remplacement,
prendre sa tenue de l’école et une ou 2 chaussures avec l’argent que son père
devait donner mais bon, j’ai mis une croix dessus et j’ai pris l’argent de ma
poche pour acheter ça aujourd’hui avec les autres.
Moi : (À Lucia) Tu restes ou tu viens avec moi ?
Lucia : Je viens à la maison, je vais t’aider à charger
les fournitures. J’aurais bien voulu t’accompagner à Atsimi Tsoss mais je n’ai
pas envie de croiser qui tu sais là-bas.
Moi : Oui. Tu commences déjà à avoir les petits signes
d’une femme enceinte, il ne faut pas que le vampire des gens-là te voit.
Lucia : (Silence)
Moi : En tout cas allons signaler que nous allons
ensemble si tu es prête.
Lucia : Laisse-moi prendre mon sac.
Elle est allée chercher son sac et nous sommes sorties
toutes les deux pour rejoindre la famille en bas. Oui, ma chambre avait été
rouverte et à nouveau mise à ma disponibilité. Mes affaires sont toujours à
l’intérieur mais cela n’a pas d’importance. Nous avons dit aux parents que nous
partions et ils ont dit ok. Timé était avec papa et Brain dans le bureau de ce
dernier et maman avec les filles au salon.
Maman : N’oublie pas le dépôt oh.
Moi : Non.
Nous avons dit au revoir et nous sommes parties. J’ai fait
escale rapide à la banque pour déposer l’argent avant de continuer chez moi où
nous avons chargé les fournitures.
Lucia : (À la fin) Tu vas repasser par ici ou aller
directement au Fromager ?
Moi : Je ne sais pas. Ça va dépendre du temps que je
mettrai là-bas. Ce qui est sûr, je vais t’appeler et si ça me prend même, je
viendrai dormir avec toi.
Lucia : (Souriant) Les deux autres sont avec leurs
vrais parents.
Je souris sans lui répondre. Les enfants-là ne nous
cherchent jamais quand ils sont avec les parents donc je ne me soucie pas de
l’endroit où je vais dormir sans eux. Bref. On se fait la bise et je monte dans
la voiture.
Lucia : Le sang-froid à toute épreuve.
Moi : Je tâcherai de m’en souvenir.
J’ai démarré et je suis partie. Une fois non loin du
quartier, j’ai appelé Toby pour lui dire de monter avec les autres pour
m’attendre à la route et il a dit ok. Sur place, je n’ai trouvé personne.
Moi : Attends les enfants-là ne sont pas encore
là ?
Je prends le téléphone et je l’appelle.
« Toby : Allô ? »
« Moi : Mais vous êtes où ? »
« Toby : À la maison. »
« Moi : Attends, je ne vous ai pas dit de venir
m’attendre à la route ? »
« Toby : Si. »
« Moi : Et maintenant vous faites quoi
encore à la maison alors que je suis déjà là ? »
« Toby : Maman a dit qu’on ne vient pas. »
« Moi : (Hurlant presque) Pardon ? »
« Toby : Elle nous a interdit de sortir de la
maison. Et »
« Alicia : (En fond) Répète bien ce que j’ai
dit. Je n’ai pas accouché mes enfants pour être vos boys (garçons de courses)
Il faut porter vos bagages vous-mêmes. »
Moi : (Dans ma tête) Vous voyez ? Si je décide de
rentrer chez moi on va dire que c’est moi la mauvaise ?
« Moi : Je suis garée à la route Toby, si dans 10
minutes vous ne montez pas récupérer vos fournitures, je démarre et je rentre
chez moi. »
Clic ! J’ai raccroché.
Moi : Regardez-moi les conneries comme ça. Non mes
enfants ne sont pas vos boys, que ce que j’emmène ici c’est moi qui mange
ça ? Même mon pauvre père pour qui j’achète ça, le fait à peine. Si ça ce
n’est pas les choses du vampire le matin c’est quoi ? Ne venez pas dans 10
minutes et je pars d’ici. Ce ne sont pas les orphelinats qui manquent. L’argent
des tenues je donne à mon père et on n’en parle plus. Regardez moi-même les
conneries, c’est toi qui n’a rien mais on doit te supplier pour prendre soin de
tes propres enfants dont tu es incapable d’en prendre soin ? (Piaffant en
tapant mes mains l’une contre l’autre) Quelle malchance !
Je suis restée dans ma voiture et au bout de 5 minutes, je
les ai vus monter de la descente qui mène à la maison.
Moi : (Parlant toute seule) Hun. Il ne fallait pas
venir et je devais voir comment ils allaient partir à l’école. N'importe quoi.
Ils sont venus jusqu’à ma voiture et j’ai baissé la vitre.
Eux : Bonjour tantine Lucrèce.
Moi : (Visage fermé) Bonjour. Ouvrez la portière
arrière et le coffre vous soulevez tous les sachets qui sont là-bas pour aller
déposer à la maison. Je vous attends ici pour aller prendre vos tenues et vos
chaussures. Si vous me faites poireauter ici, je vais rentrer chez moi et
personne ne devra m’appeler après.
Eux : (Silence)
Moi : J’espère que j’ai été claire.
Eux : Oui.
Moi : Prenez les choses.
Ils se sont exécutés et sont revenus quelques minutes après
avec les plus petits. Les 6 d’Alicia et 2 autres de mes frères 4 et 3 ans.
Moi : (À mon niveau) Vous emmenez les enfants là
où ?
Carmen : Tonton
Brandon a dit qu’ils viennent aussi pour que tu achètes leurs chaussures et les
habits de l’école.
Moi : Attends vous vous fichez de moi ? Les
affaires que j’ai envoyées au début des vacances-là sont où ?
Eux : (Silence)
Moi : Je suis quoi ?
Je prends mon téléphone et je lance l’appel sur le numéro de
Brandon, il ne répond pas. Je tente deux fois avant d’essayer son frère, il ne
prend pas aussi.
Moi : (Tentant mon père en parlant toute seule) Vous
avez trop raison, c’est moi la maboule oh, j’ai compris.
« Papa : (Décrochant) Allô maman ? »
« Moi : Papa tu vois ce que tes enfants font
non ? »
« Papa : (Silence) »
« Moi : Donc je fais mal de vouloir aider
hein ? Je fais mal ? Ok. Dis-leur que j’ai compris et cette année
c’est la dernière fois. Comme c’est moi la maboule dans cette histoire. Dis
bien à tes enfants que la maboule que je suis leur dis merci. »
Clic !
Moi : (Déposant mon téléphone) C’est moi la maboule de
cette histoire. Donc comme j’ai dit que je fais pour aider, non toute la charge
doit venir sur mes épaules. Quand je suis rentrée de Belgique je n’ai pas
envoyé des vêtements ici ? C’est quels habits que je dois encore
acheter ? Je paie les fournitures et sacs, je dois aussi acheter les
vêtements ? Ils font quoi ?
Les enfants : (Silence)
Moi : Vous avez raison oh, vous avez raison.
Mon téléphone se remet à sonner et cette fois ci c’est papa
Arsène qui m’appelle.
« Moi : (Tendue) Allô papa. »
« Papa : C’est comment la voix là ? »
« Moi : C’est une situation-là qui m’énerve. Tu
veux quelque chose ? »
« Papa : C’était pour te demander si tu as emmené
le petit téléphone avec toi. »
« Moi : Non. C’est sur le meuble derrière les
escaliers. »
« Papa : (À quelqu’un) Regarde sur le meuble
derrière les escaliers. Tu as vu ? Ok. »
« Moi : C’est bon ? »
« Papa : Oui c’est bon merci. Tu es déjà chez
Benoît ? »
« Moi : Oui. »
« Papa : Et c’est quoi le souci
là-bas ? »
Je lui explique.
« Papa : (Après m’avoir écoutée) Je vois. Tu as
suffisamment d’argent sur toi ? »
« Moi : 200 mille. »
« Papa : Dans ce cas fais le. Achète ce que
tu peux avec et si tu as besoin, fais-moi signe, je vais compléter. Garde-toi
de beaucoup discuter et la prochaine fois prends de meilleures dispositions
pour faire uniquement ce que tu as résolu dans ton cœur. »
« Moi : (Silence) »
« Papa : Tu comprends ? »
« Moi : (Soupirant) Oui. »
« Papa : Ne donne aucune occasion à tes frères de
te déstabiliser, reste au-dessus de ça. Grandis. »
« Moi : J’ai compris »
« Papa : Je vais te laisser et on
s’appelle. »
« Moi : D’accord papa. »
Clic ! J’ai mis ma main sur mon visage en prenant
de forts mouvements de respiration pour essayer d’évacuer toute la colère en
moi.
Moi : (Les regardant debout près de la voiture) Montez.
Ils se sont exécutés et se sont serrés à l’intérieur comme
ils ont pu. J’ai monté les vitres et verrouillé les portières avant de partir
de là. On a fait la ronde des établissements scolaires pour les uniformes puis
je les ai entraînés à la gare routière. Les plus grands ont pris 2 paires de
chaussures chacun et j’ai pris quelques vêtements pour les autres ainsi que des
chaussures. Je suis sortie de là sans 100f à la main puis je les ai ramenés à
la maison et je suis descendue avec eux. Nous avons trouvé leurs parents devant
la télé.
Moi : (Déposant les plus petits que j’avais dans mes
bras, visage fermé) Bonjour.
Eux : (Me regardant) Bonjour.
Moi : Mika va me voir si papi est dans sa chambre et tu
lui dis que je veux le voir s’il te plait.
Michael : D’accord.
Il est parti et est revenu quelques minutes après.
Michael : Il a dit qu’il arrive.
Moi : Ok.
Carmen : Tu ne t’assois pas tantine Lucrèce ?
Moi : Non.
Alicia : (Riant) Hum. Elle attache le visage pour
influencer qui ?
Gilles : Je
wanda.
Mon père est sorti de la chambre et une fois à mon niveau,
je lui ai fait le câlin.
Papa : C’est comment tu es debout ?
Moi : Parce que
je ne vais pas durer, ma voiture n’est pas correctement garée.
Alicia : Les grandes expressions. C’est une nouvelle
voiture ?
Moi : (Ne la calculant pas) Je voulais te parler papa.
Papa : Si c’est par rapport au comportement de tes
frères, je comprends que tu te fâches car moi-même je me suis fâché ici et je
leur ai dit que ce n’est pas normal.
Alicia : C’est le contraire qui allait nous étonner oh.
On est habitué. Dès que l’autre-là vient aboyer, tu vas encore dire quoi ?
Papa : Et quand vous voyez votre attitude c’est normal.
Votre petite sœur se bat pour vos enfants et vous vous déchargez pour tout
mettre sur ses épaules ? C’est bien comme ça ?
Gilles : Si tu nous avais aussi bénis, nous aussi on
aurait eu l’argent papa.
Papa : Mais qu’est-ce que vous racontez ?
Gilles : Ta
femme et toi avez tout donné à Lucrèce et à nous rien. Maintenant vous vous
plaignez de quoi ?
Papa : Attends
c’est une nouvelle forme de sorcellerie ? C’est votre mère et moi qui
avons fait de votre sœur qui elle est à votre détriment ?
Eux : Bien-sûr.
Papa : (Dépassé) Hein ? C’est nous qui avons dit à
Leslie de la prendre pour l’envoyer à l’école ?
Alicia : Tu
aurais pu refuser, pourquoi tu ne l’as pas fait ? Tu as pris ton enfant et
tu l’as donnée à une étrangère. Qui fait des choses comme ça ? On se
souvient tous que tu n’aimais pas cette femme impolie et tu étais même contre
le fait que maman aille travailler pour elle, alors pourquoi vous lui avez
donné votre fille préférée ?
Brandon : Question !
Alicia : Comme
si cela ne suffisait pas, c’est encore à elle que vous avez fait les fétiches
pour prendre tout notre intelligence à l’école pour lui donner. Les
bénédictions, c’est elle qui prend. Jusqu’à même pour les enfants c’est
toujours pour elle qui reçoit. Maintenant pour s’occuper un peu des enfants de
cette famille elle crie sur les gens et vient attacher le visage ? Si vous
ne voulez pas, qu’elle rende alors notre intelligence que vous avez prise pour
lui donner et chacun va se débrouiller.
Je les regarde et je cligne des yeux plusieurs fois
tellement je n’en reviens pas. Je suis en train de réaliser que la fille-là est
en fait une vraie sorcière et que je dois prendre son cas au sérieux.
Alicia : Elle a acheté les fournitures et quelques
chiffons, elle veut bomber le torse et soulever les épaules pour impressionner
qui ? Qu’elle fait quoi d’exceptionnel avec tout ce qu’elle nous a
pris ? C’est quoi par rapport aux choses luxueuses qu’elle achète à ses
enfants ? C’est quoi ? C’est quoi comparé à ce que ses enfants
ont ?
Moi : J’ai compris Alicia et je vous dis merci pour
tout. J’ai eu tort, depuis le début c’est moi qui ai tort. Comme vous savez ce
que vos parents ont pris pour vous pour me donner, allez-y où vous voulez pour
récupérer ce qui est à vous, personne ne s’y opposera. Quant à moi, j’en ai
fini. Vos enfants sont là avec les chiffons que j’ai achetés, vous pouvez même
les brûler si vous voulez, ce n’est pas grave. Mais j’ai dit que c’est la dernière
fois. Je me lave les mains de toutes les responsabilités que j’avais prises
dans cette famille. Comme personne ne m’avait forcée, c’est comme ça que
personne ne m’obligera à continuer de le faire. Ne vous inquiétez pas, je ne
demanderai plus rien ni à vous ni à vos enfants. Je sais désormais que dans
cette maison je n’ai que mon père et personne d’autre, c’est donc à lui seul
que je viendrai donner mes miettes.
Papa : Ne parle pas comme ça maman.
Moi : Non papa il le faut pour que cette histoire finisse
une bonne fois pour toute parce que ça a trop duré.
Alicia : (Riant) Fais comme tu veux madame, est-ce que
ça me surprend. (Aux autres) Vous avez entendu non ? C’est ce que j’ai
toujours dit. C’est son fond qui est là, mauvaise et menteuse, toujours à se
jouer les victimes. Non c’est toi qu’on persécute à chaque fois. Mais tu ne
fais pas ça avec moi car tes conneries ne passent pas avec moi. Il faut faire
ça avec tes frères qui pensent que tu les aides. Cette histoire a vraiment trop
duré. Une personne qui voyage comme si c’était quoi mais le travail qu’elle
trouve à ses frères c’est bricoler dans les petits chantiers ? Elle ne pouvait pas leur trouver un vrai
travail ? Elle est là, avec tout l’argent que les gens-là lui ont donné,
elle ne pouvait pas ouvrir un magasin de vente de vêtements pour moi ?
Elle aide qui avec tous les grands sacs et grands habits qu’elle achète à tout
moment et qui n’ont même plus de place là-bas.
Moi : (Fronçant mes sourcils) Toi tu es déjà rentrée
dans ma chambre ???