CHAPITRE 23: RAL BOL

Write by L'UNIVERS DE JOLA

CHAPITRE 23 : RAL BOL.

**LUCRÈCE MEFOUMANE « 

Moi : (Fronçant mes sourcils) Toi tu es déjà rentrée dans ma chambre ?

Alicia : (Déstabilisée) Que, que je vais faire quoi dans ta chambre ?

Moi : Sur quelle base tu parles de mes affaires ? C’est toi qui a mis ça là-bas ?

Alicia : Que j’ai besoin de mettre les pieds là-bas pour savoir ? Que qui ne sait pas ici que tu as plein des affaires ? Quand tu fais tes sales vidéos avec l’autre fille stérile là, on ne voit pas ?

Moi : (Silence)

Alicia : Quand tu emmènes tes enfants dans les grandes piscines, dans les grandes maisons et dans les forêts, on ne voit pas ? J’ai d’abord besoin de venir dans ta chambre ?

Moi : (Silence)

Alicia : On peut comparer tout ça avec les miettes qu’elle envoie ici soit disant pour aider ses parents ? Elle aide en quoi au juste ? Elle aide qui ?

Moi : Personne. Je n’aide personne et je l’ai bien compris. (Regardant mon père) Je vais m’en aller.

Papa : Maman ne pars pas fâchée.

Moi : Je ne suis pas fâchée papa. J’ai juste compris que je me faisais du mal. (Lui faisant un câlin) Je vais t’appeler.

Papa : (Silence)

Je me suis retournée et je suis sortie de cette maison troublée par ces échanges. J’ai marché jusqu’à la route et j’ai grimpé dans ma voiture. Je suis restée assise là sans pouvoir démarrer. J’ai toujours su qu’Alicia ne m’aimait pas, c’est pas un fait nouveau, mais à quel moment mes frères se sont rangés de son côté ? Et c’est ainsi qu’ils parlent de moi ? J’ai pris mon téléphone et j’ai bloqué leurs numéros à tous les 3. Comme je l’ai dit, je vais uniquement m’occuper de mon père, pour le reste, je m’en lave les mains. J’ai démarré pour rentrer à la maison.

Moi : (M’affalant sur le canapé en laissant tomber mes clés au sol)

Lucia : C’est comment ?

Moi : (Les larmes coulant toutes seules sur mes joues) Je viens de me rendre compte qu’en fait, en dehors de vous, je n’ai pas de famille.

Lucia : (Venant me prendre dans ses bras)

Moi : (Dans ses bras) Je ne sais vraiment pas ce que je serais devenue si je n’avais pas rencontré cette famille tata Luce, peut-être que je serais morte depuis des années.

Elle me caresse le dos et la tête pendant plusieurs minutes, et quand je finis par m’apaiser elle me demande de sa douce voix.

Lucia : Qu’est-ce qui s’est passé ?

Je soupire et je lui explique.

Moi : Tu te rends compte qu’ils pensent que c’est à cause de moi qu’ils sont ainsi ? Que nos parents les ont dépouillés pour me donner ce qui leur revenait ?

 Lucia : C’est terrible.

Moi : Jusqu’à mettre mes enfants à l’intérieur.

Lucia : Je comprends maintenant pourquoi Loyd a refusé que les enfants retournent là-bas car franchement avec ça, on voit qu’ils ne sont pas en sécurité et si ça se trouve même peut-être que l’attaque qu’ils avaient subie vient de là-bas.

Je me redresse et la regarde dans les yeux interpellés par ce qu’elle vient de dire.

Moi : (Refusant de considérer la chose) Non. Ils sont peut-être beaucoup de choses mais la sorcellerie ? Non, qui va leur apprendre ça ?

 Lucia : (Silence)

Moi : C’était des flèches empoisonnées dans du venin de serpent je te rappelle, ils vont trouver ça où ?

 Lucia : je n’en sais rien. J’ai juste dit ça comme ça par rapport à la colère qu’ils ont envers toi mais après tu as raison. Ce que les enfants ont subi c’était quand même fort et je ne pense pas qu’ils iraient jusqu’à ce niveau pour te nuire.

Je ne réponds pas mais ce petit doute est maintenant là dans mon esprit. Je me repasse ma vie en mémoire et je vois tout ce qui s’est passé avec mes frères et j’en viens à me dire que je peux tout leur reprocher mais pas ça.

Lucia : (Changeant de sujet) Finalement tu dors ici ou tu retournes ?

Moi : Tu ne veux pas rester seule hein ?

Lucia : (Souriant faiblement) Je t’avoue que non. Et si tu pars, je viendrai avec toi.

Moi : Dans ce cas, je reste avec toi. Je vais simplement appeler maman et puis y a

Mon téléphone s’est mis à sonner dans mon sac en m’interrompant. Je l’ai récupéré et j’ai regardé, c’est un numéro non répertorié.

Moi : Ça c’est qui encore ?

« Moi : (Méfiante) Allô ? »

 « Voix de femme : Allô, svp je peux parler à Rebecca ? »

 « Moi : C’est d’abord qui et pour quel motif ? »

 « Inconnue : C’est Blessing. »

« Moi : (Écarquillant les yeux) Blessing Dumelo ? »

 « Inconnue : Oui. »

Je regarde le numéro et c’est bien un numéro du Gabon. Comment est-ce possible ?

 « Moi : (Remettant le téléphone à l’oreille) Tu m’appelles avec un numéro du Gabon, tu es ici ? »

 « Blessing : Oui. Je suis à l’aéroport et quelqu’un m’a prêté son téléphone pour que je puisse te joindre. S’il te plait, tu peux venir me récupérer ? Je sais que je te prends au dépourvu mais Loyd est injoignable. »

« Moi : Oui, il est à une retraite. Tu dis que tu es à l’aéroport ? »

« Blessing : Oui. »

 « Moi : Ok. Je me mets en route pour venir te chercher. »

 « Blessing : Merci. »

 « Moi : Euh comment je fais pour te joindre dès que je serai là ? »

 « Blessing : Je peux me mettre dans un endroit où tu pourras me repérer. »

« Moi : Tu as beaucoup de bagages ? »

 « Blessing : Non. Un sac à main et une valise. »

« Moi : Ok. Va dans le petit restaurant qui est juste à côté, le nom c’est ‘’Paul’’. Je viendrai te chercher à l’intérieur. »

 « Blessing : (À quelqu’un) Vous pouvez me montrer le restaurant qui s’appelle ‘’Paul’’ ? »

 « Voix d’homme : Bien-sûr. Venez (après quelques minutes) vous voyez là-bas ? »

  « Blessing : Oui merci (À moi) J’ai vu le restaurant et je vais m’y rendre. »

 « Moi : D’accord. Je me mets en route. Accorde moi 20 à 30 minutes. »

« Blessing : D’accord. Et merci pour tout. »

 « Moi : Je t’en prie. À tout à l’heure. »

 « Blessing : Ok. »

Clic ! J’ai retiré mon téléphone à l’oreille.

 Lucia : Blessing est au Gabon ?

Moi : (Encore incrédule) C’est ce qu’elle vient de me dire.

Lucia : Elle est venue pourquoi et Mommy est au courant ?

Moi : (Haussant les épaules) je n’en sais rien. (Me levant) Je vais d’abord aller la chercher et on le saura.

Lucia : (Se levant à son tour) Attends je prends mon sac, je viens avec toi.

Moi : Ok.

Elle est allée prendre son sac à la chambre et en me rappelant que je n’avais plus d’argent sur moi, je l’ai suivie pour aller récupérer quelques billets car on ne sait jamais. J’ai pris 50 mille dans le tiroir et nous sommes parties. Par chance, la route était assez fluide et nous n’avons pas tardé à arriver à l’aéroport. En rentrant chez Paul, on l’a rapidement repérée, elle était assise avec un bel homme qui buvait un jus en sa compagnie. C’est réel, Blessing est vraiment venue au Gabon…

**BLESSING DUMELO**

Je coupe l’appel avec Rebecca et je me tourne vers le monsieur qui m’a prêté son téléphone.

Moi : (Le lui tendant) Merci monsieur Jules.

Jules : (Le prenant) Je t’en prie ma belle, ce fut un plaisir pour moi de t’aider. Et s’il te plait arrête avec ce vouvoiement et ce ‘’monsieur’’ à chaque fois, je pense que tout le temps passé assis l’un à côté de l’autre dans cet avion a fait de nous des connaissances.

Je lui souris sans répondre.

Jules : Et donc ta sœur dit quoi ?

Moi : Je vais l’attendre dans ce restaurant, elle viendra me récupérer.

Jules : Dans ce cas nous pouvons sortir d’ici.

Moi : Oui.

J’ai pris mon trolley et lui son petit sac et nous sommes sortis complètement de l’aéroport et sommes allés au restaurant.

Moi : (Devant la porte) Merci encore pour tout.

Jules : Je t'en prie.

Moi : Bon, au revoir et rentrez bien.

Jules : (Souriant) Tu ne peux donc pas t’empêcher de me vouvoyer ?

Moi : Ce n’est pas un fait exprès. Je ne vous (il arque un sourcil) te connais pas suffisamment pour que je me permette de vous, te tutoyer.

Il a souri.

Jules : Tu sais quoi ? On va faire quelque chose.

Je le regarde.

Jules : Je vais attendre ta sœur avec toi comme cela tu t’habitueras à moi et me tutoieras.

Moi : (Incrédule) Vous êtes sérieux ?

 Jules : (Souriant) Bien-sûr. (Ouvrant la porte du restaurant) Après toi ma belle.

Je le regarde avec les grands yeux.

Jules : (Souriant) Oui je sais que mon visage est agréable à regarder car je suis beau mais pour l’heure entre jeune dame.

Sa réflexion m’arrache un sourire car en effet il est plaisant à regarder mais ce n’est certainement pas pour ça que je le regardais. Je finis par rentrer et il me suit.

Jules : (Montrant une table du doigt) On devrait se mettre ici comme ça nous restons près de la porte.

Moi : D’accord.

Nous allons vers cette table et il me tire la chaise pour me permettre de m’asseoir.

Moi : Merci.

Il sourit et va s’asseoir en face de moi après avoir mis nos bagages dans un coin moins gênant. Il a fait signe à une serveuse qui s’est approchée et nous avons commandé des boissons.

Jules : (Me regardant) Alors la belle Bénédiction, je suis tout à toi et prêt à faire en sorte que nous devenions des amis.

Moi : (Souriant) Je ne vois pas comment cela pourrait se faire en un seul jour.

Jules : (Souriant) Tu portes bien ton prénom tu le sais ?

Moi : Dites-moi.

Jules : La Bénédiction, tout le monde la veut mais très peu l’obtiennent.

Moi : Ah bon ?

 Jules : Oui. Je veux avoir ton amitié mais il me semble que ce n’est pas chose aisée.

Moi : Ça dépend de quel côté l’on se trouve.

Jules : Hum

Nos commandes nous ont été servies.

Jules : (Après le départ de la fille, prenant un gorgée) Tu as dit que c’est ta première fois au Gabon ?

Moi : C’est ça.

Jules : Alors c’est le boulot ou les vacances qui t’y emmènent.

Moi : C’est la famille.

Jules : Tu es là pour voir ta sœur ?

Moi : Si on veut.

Il sourit.

Jules : Tu n’es pas très conciliante en répondant de façon aussi énigmatique.

Moi : Je ne m’épanche que très rarement.

Jules : Je vois que tu es méfiante.

Moi : Il paraît qu’elle est la mère des sûretés.

Jules : Qui ça ?

Moi : La méfiance.

Il sourit.

Jules : Ce n’est pas faux car après tout on ne se connait pas. Même si je cherche à le faire. J’aimerais vraiment avoir l’opportunité de te connaître Blessing.

Moi : Pour quelle raison ?

Jules : Je te trouve intéressante et j’avoue que le mystère que tu mets tout autour de toi a un côté attractif. Ça change de ces personnes qui sont ouvertes sur tous les concernant et je trouve cela fascinant.

Moi : Je vois.

Jules : Tu consentirais à me donner ton numéro de téléphone ?

Moi : Je

Jules : Ou alors à prendre le mien ?

Moi : (Silence)

Il a ouvert son porte-monnaie et a sorti une petite carte qu’il a déposé devant moi.

Jules : Je t’en prie Blessing, ça me ferait énormément plaisir de te revoir pour prendre un verre et discuter. Qui sait, je peux même te servir de chauffeur et de guide si tu veux, je serai très ravi de le faire mais cela me ferait une véritable peine au cœur de ne pas pouvoir te revoir.

Je le regarde.

Jules : (Faisant un visage d’enfant) Pitié.

Je me mets à rire et je prends la carte.

Moi : Je ne vous promets pas que vous serez un jour mon guide ou chauffeur mais je veux bien prendre votre numéro et si vraiment j’ai un peu de temps, vous aurez de mes nouvelles.

Jules : Même si ce n’est pas très encourageant comme réponse, je prends.

On se regarde dans les yeux et il me sourit, je réponds avant de porter ma boisson à ma bouche.

Moi : Vous m’aviez dit avoir été au Ghana pour un travail.

Jules : Exact. Ma société m’y a envoyé. Quoique ce n’était pas ma première fois et que le Ghana est un pays que je connais un peu pour l’avoir visité plus jeune en famille.

Moi : Je vois. Et

Voix : Blessing.

J’ai levé la tête pour tomber sur Rebecca et Lucia qui étaient en train de venir vers notre table.

Moi : Vous êtes déjà là ?

Rebecca : Oui. J’espère que tu n’as pas trop attendu.

Moi : Non ça va et je n’étais pas toute seule. Ce gentil monsieur s’est proposé d’attendre avec moi.

Rebecca : C’est le monsieur du téléphone ?

Moi : Oui.

Rebecca : (À lui) Merci à vous pour le service et de lui avoir tenu compagnie afin qu’elle ne soit pas seule.

Jules : Je vous en prie.

Rebecca : Nous pouvons nous en aller ?

Moi : Oui bien-sûr (Me levant) Encore merci pour tout Jules et ce fut un plaisir de vous rencontrer.

Jules : (Se levant à son tour en souriant) Plaisir partagé ma belle et j’espère avoir très rapidement de tes nouvelles. Je resterai en alerte pour cela.

Je souris et il me passe ma valise que Rebecca prend. Je fouille les poches pour régler ma consommation mais il m’interrompt.

Jules : Ne te dérange pas, je le prends à mon compte.

Moi : (Esquissant un faible sourire) Merci. On va y aller.

Jules : J’en fais de même, juste le temps de régler la facture.

Moi : D’accord. (Regardant les filles) On y va.

Elles m’ont devancée et je les ai suivies jusqu’à une voiture. Rebecca a mis ma valise dans le coffre et m’a ouvert la portière puis elles sont toutes les deux monter à l’avant et elle a démarré pour une destination inconnue…


 

L'AMOUR SUFFIT-IL? T...