CHAPITRE 24: EN PANIQUE
Write by L'UNIVERS DE JOLA
CHAPITRE 24 : EN PANIQUE
**LUCRÈCE MEFOUMANE**
Mélodie : (Nous serrant dans ses bras) Seigneur, je
suis tellement contente de vous voir. Vous m’avez tellement manqué.
Nous : (Souriantes) Tu nous as manqué aussi.
Mélodie : Pardon, ne me refaites plus ce coup. Si vous
voulez partir, prévenez moi pour que j’aille avec vous.
On se met à rire.
Moi : (Riant) Et tu laisses monsieur Makaya avec
qui ?
Mélodie : Que Makaya c’est qui devant ma famille ?
On est né ensemble ? Je pars et je le laisse pian. S’il est trop fâché, il
prend ses pieds pour me suivre où j’irai. C’est ça aussi l’amour.
Nous rions de bon cœur avant de prendre place sur les
fauteuils qu’elle nous présente. Aujourd’hui c’est samedi et Mel nous a invitées
chez elle tata Luce et moi. Elle vient d’accoucher de leur deuxième enfant et
est encore moussonfi (femme qui vient d’accoucher et dont l’enfant a moins de 3
mois). Elle s’en va nous prendre des boissons et amuses bouches avant de
revenir s’asseoir.
Moi : (Souriante) Ton mari est où ?
Mélodie : Il a fait une course avec le petit, il sera
là d’un moment à l’autre.
Moi : (Souriante) Mais mine de rien Makaya ne s’amuse
pas hein. 1 mariage, 2 grossesses en 3 ans seulement. C’est le rattrapage ou
c’est comment ?
Lucia : (Riant) Demande lui bien. Moi-même j’ai demandé
est-ce que les 2 là dorment la nuit ?
Mélodie : (Riant) Manga je ne parle même pas un peu
avec toi. C’est seulement 3 mois qui restent non ? J’attends quand Miss
(MISSIEMOU) va t’attraper ici et on en reparlera. Et ce n’est pas vous deux là
qui pouvez me parler de dormir. Pas avec vos exploits sexuels que je ne connais
que trop bien.
Nous éclatons de rire.
Mélodie : (Riant) Et puis c’est de ta faute hein
madame.
Moi : (Touchant ma poitrine en riant) Qu’est-ce que
j’ai à y voir dans ça ?
Mélodie : Mais quand tu nous répétais ici tous les
mercredis oh les filles cassez comme ça, bloquez et ramenez, tu crois qu’on n’a
pas appliqué ?
On éclate de rire. Non, la folie de cette fille m’a manqué.
Lucia : (Riant) Et donc tu casses et tu bloques avant
de ramener ?
Mélodie : Je suis qui pour ne pas faire ça ? Tu
sais comment Makaya pleure là-bas ?
‘’Oh bébé si je savais que c’était ce qui m’attendais je n’aurais pas
perdu toute ces années pour rien. Je veux mourir, tue moi.’’
On éclate de rire jusqu’à couler des larmes. Cette fille est
incorrigible.
Lucia : (Essuyant ses larmes en riant) Makaya est au
courant que tu le sabotes ici ?
Moi : (Essuyant les miennes) Vraiment.
Mélodie : Lui-même aime le sabotage là. D’ailleurs
c’est bien même comme vous êtes rentrées. On doit reprendre les cours, il me
faut de nouvelles bottes.
Moi : (Riant) Je ne fais plus les choses comme ça
pardon. Je suis une fille sage maintenant.
Mélodie : Ça te regarde même si tu deviens nonne et tu
vas au couvent, ce n’est pas mon problème. Mais tu vas sauf que nous apprendre
de nouvelles bottes.
Moi : (Riant) Tu es bien malade Mel.
Mélodie : (Souriant) Est-ce que c’est encore un secret
pour quelqu’un ? Makaya a lui-même confirmé le code et c’est pourquoi il
est là. Tu vas te débrouiller. Lucia va bientôt se marier et elle doit marquer
Miss au fer donc madame tu n’as aucune excuse.
Moi : Attends toi tu n’es pas moussonfi ?
Lucia : (Riant) Elle cherche déjà le troisième bébé.
C’est pour ça qu’elle brille comme ça non ? Pour que Makaya la touche
encore.
Mélodie : Mais on fait, vous pensez que quoi ?
On a éclaté de rire.
Lucia : (Les grands yeux)Mélodie !
Mélodie : (Riant) Quoi ? C’est mon homme
non ? Et c’est le père de mon enfant. On va attendre quoi ? On a
supporté pendant 40 jours après l’accouchement puis on a fait. Je n’ai pas eu
une grossesse compliquée et même l’accouchent était tranquille. On devait se
priver pourquoi ? Surtout que Makaya est content quand j’ai la chair comme
ça d’après grossesse. Il profite.
Moi : (Riant) À ce rythme, il va passer son temps à
t’enceinter alors vu qu’il n’y a que comme ça que tu prends des rondeurs.
Lucia : (Riant) Vraiment.
Mélodie : Tant qu’on n’a pas encore atteint le nombre
d’enfants que l’on veut, cela ne me dérange pas et si je peux déjà enchaîner
pour me reposer une bonne fois, tant mieux.
Nous : Ok.
Lucia : Sinon notre fille est où ?
Mélodie : Elle est dans la chambre, elle dort.
Moi : Elle ne fait toujours pas ses nuits ?
Mélodie : Rien. Et elle se réveille que quand son père s’approche
de moi.
On éclate de rire.
Lucia : (Riant) Même l’enfant sait que vous abusez.
Moi : (Riant) Elle cale en même temps le petit frère.
On rit et Josué finit par rentrer. On se fait la bise et ils
nous présentent leur premier fils qui a relativement le même âge que les
jumeaux. Mel n’est pas au courant de leur existence. Je le lui dirai mais après
avoir parlé avec le concerné. Présentement, il n’y a que la famille de papa Arsène
qui est au courant de cette histoire, les Ebouma aussi sont au courant car tonton
Paul est passé à la maison jeudi soir et a vu les enfants. Sasha m’a écrit en
même temps pour me demander si j’avais des enfants et j’ai dû lui dire oui. Je
ne veux pas que cette histoire se propage ainsi sans le concerner et qu’il
l’apprenne par quelqu’un d’autre. J’espère juste qu’il me recontactera au plus
vite.
Josué : La grosse valise là c’est pour qui ?
Moi : C’est pour
nos enfants.
Mélodie : Eh. Donc y a rien pour la brave femme que je
suis qui vous a donné ces 2 enfants ?
Josué : Et pour
le donneur de sperme ?
Nous avons éclaté de
rire et la petite s’est réveillée au même moment. Josué est allé la prendre et
est venu nous la mettre dans les bras. Nous nous sommes extasiées devant elle
tellement elle est belle. C’est un parfait mélange des deux. Pendant que Lucia
avait la petite dans les bras, nous avons ouvert la valise pour leur donner les
affaires des enfants et l’argent que nous avons prévu pour eux. On a passé la
journée avec eux avant de prendre congé autour de 18h. Nous sommes montées en
voiture et Lucia a pris le volant.
Moi : Ça s’est plutôt bien passé avec Jo.
Lucia : Ouais. Je suis surtout contente de voir qu’il
n’a pas essayé de me parler du passé.
Moi : C’est vrai et.
J’ai été interrompue par mon téléphone qui s’est mis à
sonner dans mon sac. J’ai récupéré le téléphone et en voyant le nom affiché sur
mon écran, mon cœur s’est mis à battre dans mon cœur.
Lucia : (Remarquant mon trouble) Qu’est-ce qui se
passe ?
Moi : (Regardant l’écran) C’est Loyd tata Luce.
Lucia : Eh bien décroche. Tu attendais son appel
non ?
Moi : Oui mais je ne savais pas qu’il me rappellerait
aussi vite.
Lucia : Décroche et met le haut parleur pour que nous
comprenons ce qu’il veut te dire. Attends je gare même.
Elle a emmené la voiture sur le côté avant de la garer.
L’appel s’est coupé et ça a de suite repris. J’ai décroché en mettant sur main
libre.
«Moi : Allô ? »
«Loyd : Bonsoir Lucrèce. »
«Moi : Bonsoir Loyd. »
« Loyd : Je reviens vers toi par rapport au
coup de fil que tu m’as passé hier. »
«Moi : Ok. »
«Loyd : Tu disais que c’était important c’est
ça ? »
«Moi : C’est exact et il faut vraiment que je
t’en parle. Plus vite sera le mieux. »
«Loyd : Tu es présentement occupée ? »
« Moi : Euh non, je suis libre. »
« Loyd : Dans ce cas, on peut se rencontrer
maintenant ? »
Mon cœur a fait un boom dans ma poitrine et j’ai levé les
yeux pour regarder Lucia, elle en a fait de même.
Lucia : (Mimant) Comment ça maintenant ? Il
est sur Libreville ?
Moi : (Mimant à mon tour) Je l’ignore.
«Loyd : Allô ? »
« Moi : Oui, je t’écoute. Euh quand tu dis
maintenant c’est pour dire tout de suite là ? »
« Loyd : Oui. À moins que tu aies quelque chose de
prévu. »
« Moi : Tu es ici ? »
«Loyd : Oui. »
« Moi : Depuis quand ? »
« Loyd : Ce midi. Je suis venu mais je ne compte
pas mettre du temps alors si c’est possible que l’on se voit maintenant, cela
va m’arranger. »
« Moi : Euh, je peux te rappeler dans une 20taine
de minutes pour te donner ma position ? »
« Loyd : Ok. Dans ce cas j’attends ton
appel. »
« Moi : D’accord. »
Clic !
Moi : (Regardant Lucia en paniquant) Je fais quoi tata
Luce ?
Lucia : (Prenant mes mains) Calme toi Lucrèce.
Moi : (Le cœur battant) Je ne me suis pas du tout
préparée à le rencontrer ce soir. Je ne sais même pas quoi dire. Et
Lucia : (Serrant davantage mes mains) Calme toi,
regarde comment tu trembles ? Ce n’est pas bien. Respire fortement par la
bouche et calme toi.
Je m’exécute et je prends de grosses bouffées d’oxygène pour
me calmer, je le fais peu à peu et lorsque je suis plus calme je reprends la
parole pour la rassurer car j’étais littéralement en train de faire une crise
de panique.
Moi : Ça va mieux.
Lucia : Tu es sûre ?
Moi : Oui.
Lucia : Ok.
Moi : Qu’est-ce que je fais ?
Lucia : Tu vas aller le rencontrer.
Moi : Je ne me suis pas préparée du tout et je ne sais
quoi lui dire là sur le coup.
Lucia : Il n’y a pas 36 façons de le lui dire. Tu iras
et tu lui diras qu’en partant d’ici il y a 3 ans tu as découvert que tu étais
enceinte. Enfin l’histoire tu la connais et tu la lui raconteras.
Moi : Et s’il le prend mal et ne comprend pas mes
raisons ?
Lucia : On avisera mais pour l’instant le mieux est que
tu ailles le rencontrer maintenant comme ça cela nous fera un problème en
moins. Avec la façon dont cette histoire est en train de sortir, tout le monde
sera au courant de l’existence des enfants là très vite alors mieux tu en finis
aujourd’hui.
Moi : Tu crois ?
Lucia : Oui.
Moi : (Soupirant) D’accord. Il faut que j’envois un
message à maman.
Lucia : Pourquoi ?
Moi : Pour leur dire que je vais rencontrer Loyd et lui
parler des enfants. Ils savent qu’il ne connait rien sur les enfants et je ne
veux pas qu’après ils découvrent que je l’ai vu en cachette ou qu’ils pensent
que j’avais menti que je n’avais plus de contact avec lui.
Lucia : Tu crois que c’est nécessaire ?
Moi : Je ne sais pas mais je ne veux plus de problèmes.
Ou que les gens pensent que je refais les choses dans leur dos.
Lucia : Ok. Rappelle Loyd et demande lui où vous
pourrez vous voir. Ensuite tu vas écrire à tantine Leslie pour lui donner les
détails de cet entretien.
Moi : Ok.
J’ai repris mon téléphone et j’ai rappelé Loyd.
«Loyd : (Décrochant) Oui Lucrèce. »
«Moi : Je suis d’accord pour qu’on se voit maintenant
mais je ne viendrai pas seule, je serai avec tantine Lucia. »
Elle me regarde avec les grands yeux.
«Loyd : Je pensais que tu voulais que l’on parle
d’un sujet qui nous concernait tous les deux. »
« Moi : C’est le cas mais tantine Lucia sait
de quoi il est question et elle sera là juste au cas où. »
Lucia : (Mimant) Mais qu’est-ce que tu racontes ?
Moi : (Mettant mon doigt devant la bouche pour lui dire
de ne rien dire, mimant) Shut.
« Moi : Allô ? »
« Loyd : (Parlant à nouveau) Je vois. Dans
ce cas, je peux également venir avec Marwane ? »
«Moi : Il n’y a pas de problème. »
« Loyd : Ok. Alors où peut-on se
retrouver ? »
«Moi : Tu es présentement chez toi ? »
«Loyd : Non, je suis chez Marwane. »
«Moi : Nous allons vous rejoindre là-bas car vu
la délicatesse du sujet ce serait bien que l’on se voie dans un cadre privé et
la maison de tonton Marwane est la mieux indiquée. »
«Loyd : Ok. On vous y attend. »
«Moi : D’accord. À tout à l’heure. »
Clic !
Lucia : Mais pourquoi tu lui as dit que j’allais venir
avec toi ?
Moi : Parce que je ne peux pas aller le voir toute
seule tata Luce. Je ne suis pas préparée à le voir là maintenant alors j’ai
besoin de quelqu’un pour m’empêcher de faire n’importe quoi. Et puis je ne sais
pas comment il va réagir alors si tu es là, je serai plus confiante.
Lucia : (Soupirant) Ok. Fais le message et on s’en va.
-Moi : (À maman) Bonsoir maman, j’espère que vous allez
bien. Nous ici ça va. Je vous écris pour vous dire que hier soir j’ai appelé
Loyd pour lui dire que je voulais lui parler d’un sujet important, j’avais en
vue de lui révéler l’existence des enfants. Il vient de me rappeler en me
disant qu’il est venu à Libreville aujourd’hui et veut écouter ce que j’ai à
lui dire. On s’est donné rendez-vous pour maintenant chez tonton Marwane et je
suis en train d’y aller avec tantine Lucia. Je voulais juste que vous le
sachiez.
J’ai montré le message à tata Luce avant de l’envoyer. La
minute d’après, j’ai reçu sa réponse.
-Maman : Bonsoir. Ok !
Lucia : Elle dit quoi ?
Moi : (Lui montrant le message) Regarde.
Lucia : En tout cas, tu le leur as dit. (Démarrant) On
va y aller.
J’ai posé mon téléphone sur le tableau de bord et je me suis
bien arrangée sur mon siège en serrant fortement la ceinture de sécurité. Je
suis tellement stressée que j’ai même les palpitations et mon corps qui
commence à s’humidifier de partout. 3 ans que je ne l’ai pas vu autre part
qu’en photos et en vidéo. Après l’appel d’hier soir, je ne m’attendais pas à ce
qu’il me recontacte aujourd’hui, je croyais qu’il prendrait quelques jours
avant de le faire et qu’une fois fait, nous prendrions rendez-vous 1 ou 2 jours
avant pour nous préparer mais là comme ça, j’ai été prise au dépourvue, c’est
trop brusque et mon être entier est figé, j’arrive pas à réfléchir sur ce que
je vais lui dire et tout cela m’angoisse. J’essaie de m’encourager jusqu’à ce
que tata Luce gare sa voiture dans l’allée de l’appart de tonton Marwane, mon
angoisse monte d’un cran.
Lucia : Nous y sommes.
Moi : Je sais. (La regardant) J’ai peur tata Luce, mon
cœur bat comme s’il va sortir de ma poitrine d’un moment à l’autre.
Lucia : (Prenant ma main) Moi aussi je stresse mais je
suis sûre que tout va bien se passer.
Moi : Tu veux bien faire une petite prière car
présentement je n’arrive même plus à réfléchir correctement.
Lucia : D’accord.
Elle a retiré sa ceinture et j’en ai fait de même.
Lucia : Donne moi tes mains.
Je l’ai fait et elle les a prises dans les siennes. Nous
avons toutes les deux fermées les yeux.
Lucia : (Chantant) Nous te présentons ce moment
Seigneur !
Moi : (Répondant) Nous te présentons ce moment, Sei-gneur !
Lucia : Nous te
présentons nos paroles, Seigneur !
Moi : Nous te présentons nos paroles Seigneur !
Lucia : Nous
trempons ce moment dans le sang de l’agneau oooh.
Moi : Ce moment dans le sang de l’agneau.
Lucia : Nous trempons nos paroles dans le sang de
l’agneau oooh.
Moi : Nos paroles dans le sang de l’agneau.
Lucia : Papa nous te disons merci pour ces temps et
circonstances que tu as rendu possible. Nous reconnaissons que depuis plusieurs
années nous avons mal agi en cachant la vérité à Loyd sur l’existence des
enfants mais toi mieux que quiconque tu connais les motivations qui nous ont
poussées à agir de la sorte. Nous sommes là aujourd’hui pour rétablir les
choses et nous avons besoin de ton secours. Toi qui nous précèdes en toute chose,
fait le encore ce soir et aplanit notre chemin, que cet entretien que nous te
présentons se passe bien. Mets les paroles qu’il faut dans nos bouches et prépare
le cœur de Loyd afin qu’il soit prompt à écouter sans s’emporter. Dispose ce
moment favorablement à notre égard et prend le plein contrôle sur tout ce qui
se passera au nom de Jésus, Amen !
Moi : Amen.
Nous avons ouvert les yeux
Lucia : On peut y aller ?
Moi : (Soupirant) Oui, allons-y.
Nous avons pris nos sacs et nous sommes toutes les deux
descendues de voiture. Nous avons marché vers la maison et une fois devant la
porte, nous avons cogné.
Marwane : (À l’intérieur) J’arrive.
Nous avons entendu des pas se rapprocher avant que la porte
ne s’ouvre sur lui.
Marwane : (Souriant) Ça alors, nos Dora sont de retour
au pays. Bonne arrivée et soyez les bienvenues.
Nous : Merci. On peut rentrer ?
Marwane : (Se mettant sur le côté) Bien sûr. On peut se
faire la bise non ou bien ?
Nous : Bien-sûr.
Nous lui avons fait la bise en rentrant dans la maison.
Marwane : (Nous devançant au salon) Venez vous asseoir.
(Ce que nous faisons) La Belgique vous a réussi, vous avez toutes les deux très
bonnes mines.
Nous : Merci.
Nous avons pris place sur les fauteuils.
Marwane : Je peux vous offrir quoi à boire ?
Lucia : Peu importe. De l’eau du jus, c’est toi qui
voit.
Il me regarde.
Moi : La même chose.
Marwane : (Souriant)À voir vos mines, j’ai envie de
vous proposer de l’alcool pour vous détendre un peu mais je n’ai pas envie
qu’on m’accuse de vous avoir enivrées.
Lucia : (Souriant) Ça se voit que nous sommes
stressées ?
Marwane : (Souriant) Bien sûr (me désignant du menton)
surtout elle. Regardez comment vous attrapez vos sacs comme si vous étiez à la
gare routière et qu’on allait vous les voler à tout moment ?
Nous baissons nos regards sur nos positions et constatons
qu’il a raison, cela nous arrache un petit rire qui nous détend également car
effectivement nous étions tendues. Nous déposons nos sacs sur le côté pendant
qu’il disparaît en cuisine. Loyd n’est nulle part et c’est la première question
que Lucia lui pose quand il revient avec un carton de jus et deux verres dans
un plateau. Il les pose devant nous et fait le service avant de s’asseoir en
face de nous.
Nous : (Prenant nos verres) Merci.
Lucia : (Après sa gorgée) Loyd n’est pas là ?
Marwane : Si. Enfin, il est sorti pour faire une
transaction chez le boutiquier à côté, il ne va pas tarder.
Lucia : D’accord.
Un petit silence s’est installé pendant lequel tonton
Marwane s’est mis à me fixer avec un sourire sur les lèvres.
Moi : (Posant mon verre) Il y a un problème tonton
Marwane ?
Marwane : (Toujours souriant) Du tout. Si je te regarde
autant c’est parce que je réalise combien tu es forte.
Moi : (Regardant Lucia avant de le regarder) Je ne
comprends pas. Que veux-tu dire par là ?
Marwane : (Souriant) Je veux dire que malgré le temps,
tu n’as pas perdu le pouvoir d’attraction que tu as sur lui.
Moi : (Le regardant, en arquant un sourcil)
Marwane : (Souriant) Ça fait 3 ans que Loyd a quitté
Libreville, un peu plus de deux semaines après que vous soyez parties du Gabon et
il n’a jamais remis les pieds ici. J’ai essayé pendant près de 2 ans maintenant
de le faire revenir ne serait-ce que pour une demi journée mais je n’ai pas
réussi car il avait juré ne plus revenir.
Nous : (Silence)
Marwane : (Élargissant son sourire) Pourtant ton coup
de fil hier soir a réussi à le faire revenir sur sa parole et à le ramener sur Libreville
en un temps record. Du coup je réalise que tu as toujours autant de poids sur
sa prise de décision et ses actions.
Moi : (Ne sachant pas quoi dire après cette
information) Je vois.
Marwane : (Souriant) Et ce matin en partant de
Lambaréné pour ici avec lui, je me suis promis de te féliciter et te dire en
face que ce que tu utilises sur lui est très puissant.
Moi : (Confuse) Euh, je n’utilise rien du tout sur lui.
Marwane : (Souriant grandement) Nous savons tous les
deux que si mais bon, nous en parlerons un autre jour.
Au même moment, nous avons entendu le bruit des clés à la
porte indiquant que quelqu’un voulait l’ouvrir.
Marwane : (Se levant) Le voici qui revient. (À haute
voix) Attends je viens t’ouvrir, il y a une clé derrière la porte.
Il est parti là-bas et mon cœur a commencé une course folle
dans ma poitrine et le stress est remonté à son maximum. Je me suis mise à
transpirer des aisselles et mes mains sont devenues toutes moites.
Lucia : (Posant la main sur ma cuisse, juste pour moi)
Calme toi Lucrèce, tout va bien se passer.
Moi : (La regardant en silence)
Marwane : Nous sommes là.
Nous avons tourné nos têtes dans sa direction et nous sommes
tombés sur Loyd qui se tenait juste derrière lui. Mon cœur est tombé dans ventre
tellement il a battu trop fort…