Chapitre 8 : Pas Comme D'habitude.
Write by L'UNIVERS DE JOLA
Chapitre 8 : Pas Comme D’habitude
**Winnie Fleur Ella**
— Tu es incroyable, Winnie et le sexe avec toi est juste génial.
Je souris heureuse.
— C’est vraiment dommage que ça n’aille pas plus loin que ça.
Je retire mes mains autour de son cou et le regarde avec le cœur qui se comprime dans ma poitrine. Pourquoi il fait ça ?
— Après les résultats des examens, poursuit-il, je m’en irai comme tu le sais. J’ai un mois tout au plus à faire encore au Gabon.
— Ah oui, c’est vrai, réprimé-je mes larmes en esquissant un faible sourire. C’est vraiment dommage comme tu le dis. Mais bon, c’est la vie.
— Ouais.
Je me lève et m’éloigne de lui, mes jambes me font mal, mon corps aussi et j’ai même mal autour des reins, il semble que je les ai excessivement sollicités ces deux jours, mais la douleur dans ma poitrine les surpasse tous.
Il retire le préservatif plein et le jette dans la petite poubelle qu’il y a dans cette chambre. Je détourne mon regard de lui et essaie tant bien que mal de me rendre dans la douche. Je ne sais pas à quel moment il se lève mais je me sens porter par la taille.
— Qu’est-ce que tu fais ? demandé-je déjà dans ses bras en haut.
— Je t’emmène à la douche, je vois bien que tu boites. Je pense que nous avons abusé de ton corps.
Je ne réponds pas et il nous y emmène. À l’intérieur, c’est lui qui me donne la douche, tout en me racontant qu’il l’a aussi fait cette nuit et toutes les simagrées que j’ai faites. Je ris à son interprétation de certains de mes gestes et j’en conteste d’autres, que j’estime qu’il m’attribue à tort.
Nous terminons et il m’essuie avec la serviette que j’avais refusée un peu plus tôt, en me disant qu’elle est neuve et qu’il l’a sortie la veille pour moi. Une fois sèche, il me soulève à nouveau et va me déposer sur le lit.
— Couche-toi sur le dos.
— Pourquoi ?
— Fait-le et tu le sauras.
Je le regarde intriguée mais obéis. Il va vers le meuble près du lit, ouvre l’un des tiroirs duquel il prend un tube. Il monte sur le lit, je le regarde.
— Tu fais quoi avec ?
— On t’a déjà dit que tu es bavarde et curieuse ?
— Oui mais cela ne répond toujours pas à ma question, dis-je en esquissant un faible sourire.
— Et tu sais que je ne te répondrai pas alors attends pour savoir. Maintenant arrange-toi et cesse de parler pour rien.
— Je…
Il tire un oreiller et me le tape au visage. Cela me fait rire. Il se met au-dessus de moi puis pose ses deux mains à plat sur mon dos. La seconde d’après, il fait des petites pressions dessus, faisant craquer mes os. S’en suit une séance de massage qui me soulage automatiquement les muscles.
— Mon père me l’avait achetée la dernière fois quand je me plaignais de douleurs dans l’épaule et cela m’a soulagé, masse-t-il délicatement mon corps. Je pense que ça devrait le faire avec toi.
Je ne réponds rien, appréciant cette nouvelle marque d’attention à mon égard. Il remonte jusqu’à mon cou et le masse, avant de redescendre vers mes mollets. Au bout de quelques minutes, il me demande de me mettre sur le côté. Il masse mon bras gauche, mes côtes, puis ma cuisse. Je change encore de position et il fait la même chose de l’autre côté, puis termine par l’avant.
Il replie mes jambes et masse l’intérieur de mes cuisses jusqu’à l’angle du pubis. Malgré moi, je sens une nouvelle vague d’excitation, qu’il remarque. Cela le fait sourire ; il relève la tête vers moi et nos regards se croisent.
— Tu es maso, n’est-ce pas ? demande-t-il, amusé.
— C’est ta faute, dis-je, me mordant la lèvre.
— C’est ça.
Il regarde à nouveau mon sexe et se met à me masser les grandes lèvres, je me tortille. Au lieu de me laisser, il se concentre davantage, faisant glisser son doigt sur ma fente. Il fait des mouvements de bas vers le haut puis me pince le clitoris, je jouis à la minute. Il tapote légèrement mon sexe jusqu’à ce que je me calme. Sourire aux lèvres, il tire une lingette dans un paquet sur la tablette et m’essuie le sexe avant de le faire avec ses mains.
— Celui qui t’aura après moi aura de quoi faire avec toi, déclare-t-il en se levant. Je lui ai bien préparé le chemin.
—…
Il va vers son placard et récupère un caleçon propre qu’il enfile. Il ramasse les vêtements qui traînent au sol, se dirige vers le panier à linge pour les mettre à l’intérieur.
— On va laisser une heure à ton corps pour que tu reprennes un peu de force et j’irai te déposer chez toi.
—…
Il reporte son pantalon et sort de la chambre. Je ferme mes yeux, les larmes que je retiens depuis tout à l’heure se mettent à couler toutes seules…
**Calvin Harris Otando**
Ça fait une heure et demie que Winnie dort dans la chambre. Nous aurions dû partir depuis une trentaine de minutes, mais je n’ai pas eu le cœur de la réveiller. Je sais qu’elle est fatiguée : entre l’alcool, le peu de sommeil et l’intensité de cette nuit et de tout à l’heure, il y a de quoi. Elle a besoin de récupérer, alors je la laisse dormir.
Je suis déjà prêt. C’est elle que j’attends, assis devant un film que je regarde sans vraiment le voir ; il sert juste à meubler le silence.
Mon téléphone vibre à côté de moi. Je le prends. C’est un message de l’un de mes potes avec qui j’étais au snack hier. Il a écrit dans le groupe, comme on le fait souvent, pour éviter d’envoyer plusieurs messages.
Loïc : Les gars, je n’ai pas la force de sortir ce soir pour la plage, je viens de me lever d’une cuite. J’ai sauvagement cogné la petite go là et je suis mort.
Moi : L’homme fort, c’est toi, non. Combien de coup, man ?
Loïc : Djaï, presque trois coups gars, la go avait l’endurance. J’ai dû donner de ma personne. Il en allait de mon honneur, réplique Loïc.
Yohan : Fier de toi bro, tu nous as fait honneur. Moi, j’ai fait deux coups à l’autre là, je n’ai pas démérité.
Je regarde leurs messages et je ris. Ils pensent avoir fait quelque chose ? Ils n’ont qu’à essayer Winnie, elle va les prendre les deux pour les laisser chaos, elle ira chercher quelqu’un pour achever le reste. Je pousse un rire de gorge, Winnie ? C’est la machine. C'est moi-même qui l’ai initiée mais je confirme qu’elle a le niveau, elle sait baiser l’homme.
En matière de fellation, ce n’est pas son fort ; dans la branle, c’est moyen mais si elle t’a mis dans son sexe, tu vas apprendre la vie. Elle est d’abord bien serrée, elle sait tourner des reins et elle est d’une endurance que si tu n'es pas un vrai homme, tu ne tiendras pas. Elle peut rendre quelqu’un chèvre. Avec sa manie d’enchaîner de coups là, vraiment tu ne peux pas. Je dame les filles tout le temps, mais Winnie, c’est un autre niveau, ils ne peuvent pas avec elle.
Moi : Un jour, je serai comme vous.
Yohan : La petite de LPIG là t’a encore fait l’étoile de mer ? Kiakiakiakia.
Loïc : Kiakiakiakia. Sois compatissant toi aussi.
Moi : Tu ne perds rien pour attendre, Yo , enfoiré.
Yohan : Kiakiakiakia. L’aigreur est à ta porte, C.H. On t’avait pourtant bien dit de zapper ça dès l’instant qu’elle t’avait calé l’année dernière. Tu as insisté… voilà les conséquences.
Moi : Humm.
Yohan : En tout cas, peut-être tu auras le temps de te rattraper demain si on sort. Sinon ce soir, moi aussi je suis off.
Moi : Pas grave. De toute façon, j’ai un programme avec mes vieux cet après-midi, je ne pourrai donc pas sortir.
Yohan : Sinon le savon peut toujours servir à quelque chose.
Loïc : Kiakiakiakia.
Moi : Enculé.
On parle comme ça pendant quelques minutes où ils me charrient mais je ne me défends pas.
Oui, ils étaient avec moi la première fois que j’ai rencontré Winnie et ils ont assisté à la scène quand elle m’a rembarré. Ils s’étaient d’ailleurs bien marrés et je leur avais dit que j’aurais le dernier mot dans cette histoire. Ils étaient au courant du fait que j’allais à son lycée au début, puis c’était le silence radio jusqu’à ce que Loïc nous croise un jour en sortant d’un restaurant, peu après la perte de son père.
Le lendemain, il m’a pris la tête avec ça et m’a demandé pourquoi je ne leur avais pas dit que j’avais conclu avec elle.
Devant mon silence, Yohan a conclu que ce n’était pas un bon coup et que, certainement, elle devait être du genre à faire l’étoile de mer. Je n’ai rien dit, on n’en était pas encore arrivés là avec elle.
Plus tard, quand nous l’avons fait, ce n’était pas non plus quelque chose d’extraordinaire, mais très vite elle s’est ajustée, au point même de se démarquer et de devenir numéro un dans le classement. Seulement, je n’ai jamais rien dit à mes potes et, à chaque fois qu’ils la voient, ils rient. Si seulement ils savaient.
On zappe le sujet et on parle de la soirée d’hier. Ils me racontent ce qui s’est passé après mon départ. C’est à ce moment-là que Winnie sort de la chambre, vêtue de sa longue robe, et vient me rejoindre au salon. Je l’observe.
Elle a les yeux rougis et légèrement gonflés, comme si elle avait pleuré. Je mets ça sur le compte du fait qu’elle vient de se réveiller. Sa démarche est de nouveau normale ; la pommade et le massage ont dû faire effet.
Elle s’assoit non loin de moi.
Je jette un regard à mon téléphone.
— Ça va ?
— Oui. J’ai juste l’impression que ça fait une éternité que je dors, répond Winnie.
Je garde le silence.
— Il est quelle heure ?
— Treize heures.
Elle me regarde avec de grands yeux.
— Va récupérer tes affaires, je vais te déposer chez toi.
Elle ne dit rien. Elle se lève et retourne dans la chambre. Elle en revient quelques instants plus tard avec son sac.
— C’est bon ? demandé-je.
— Oui.
— Ok.
Je me lève, vais prendre mon porte-monnaie dans la chambre et la rejoins.
— N’oublie pas tes croissants et la pommade. Tu vas la frotter chez toi.
Elle les récupère et les range dans son sac.
Je fouille mon portefeuille pour voir combien j’ai à l’intérieur : soixante mille. J’en retire trente mille que je lui tends.
— Merci, dit-elle en les prenant.
Je range le portefeuille.
— On y va. Tu passes par l’arrière et je te récupère à la route.
— Ok.
Nous sortons tous les deux du studio. Elle prend la route du portillon arrière et moi celle de la maison, je récupère l’une des clés des voitures de mon père —trois au total que je roule à volonté — et je vais grimper dans la voiture. Je démarre sans attendre mon reste, le gardien qui me voit ouvre le portail sans que je ne lui demande et je pars de là. Je récupère Winnie non loin puis je file pour la déposer dans son quartier. On ne met pas du temps en chemin, la route est assez dégagée, c’est dimanche et ce n’est pas une heure de pointe.
— On s’écrit pour prendre des nouvelles, dis-je en garant à son entrée.
— D’accord. Et merci de m’avoir déposée.
— Je t’en prie.
Elle me regarde un moment, puis retire sa ceinture avant de descendre du véhicule. Je la regarde emprunter la piste qui mène chez elle. Une fois hors de mon champ de vision, je démarre pour rentrer chez moi.
Je repense à cette journée et je confirme qu’elle n’était pas elle-même. Du moins, quand nous n’étions pas en train de coucher ensemble. D’habitude, elle est bavarde, collante, solaire et câline. C’est aussi une grande boudeuse et, sur ce point, elle peut être vraiment chiante.
Aujourd’hui, ce n’était pas le cas. Elle est restée dans son coin. Je suppose que la mise au point de la dernière fois l’a bousculée. Je ne sais pas si je veux que les choses restent ainsi ou non.
J’arrive à la maison, mes parents ne sont toujours pas rentrés, il manque une voiture. Je me gare, descends, verrouille le véhicule et vais m’enfermer dans mon studio. Je retire mes chaussures et file tout droit dans la chambre pour me jeter sur le lit. Winnie a changé les draps avant de s’en aller.
J’ai besoin de me reposer quelques heures, je me suis beaucoup dépensé. Je ferme les yeux, le sommeil ne tarde pas à m’emporter.
****
(Coups frappés sur la porte avec insistance)
J’ouvre les yeux.
— Harris, maman t’appelle, martèle une voix de fille à ma porte. Harris ? Harris ?
C’est ma petite sœur Camille, la dernière et seule fille de mes parents, elle a douze ans et c’est une vraie peste.
Elle continue à tambouriner à la porte et elle n’arrêtera pas jusqu’à ce que je me pointe. Je peste sur mon lit puis je me lève avec le visage fermé. J’ouvre la porte de façon brusque, ce qui la fait avoir un mouvement de recul — Quoi ? lancé-je d’un ton dur.
— Maman a dit que je vienne t’appeler, répond Camille.
— Tu es obligée de cogner de la sorte ?
— Bah, il fallait répondre.
— Tu veux que je te gifle ? Tu réponds à qui ?
Elle ferme aussitôt la bouche.
— Il faut encore refaire ça… tu vas voir.
Je lui claque la porte au nez.
— Hé !
Camille cogne encore, bruyamment.
J’ouvre la porte et elle fait la course de sa vie jusqu’à dans la grande maison. Elle ne perd rien pour attendre, si elle n’encaisse pas une taloche aujourd’hui c’est que ce n’est pas moi.
J’enfile une babouche et vais dans la grande maison où je trouve ma mère dans le grand salon en train de déballer un carton.
— Bonsoir, lancé-je.
Elle jette un coup d’œil sur moi sans vraiment me regarder. Elle laisse les cartons pour s’asseoir sur les fauteuils.
— Je dis hein, monsieur, tu veux quoi au juste ? commence-t-elle le visage fermé.
—…
— La dernière fois, je ne t’ai pas parlé ? Tu fais découcher les enfants d’autrui pour les ramener dans ma maison ?
—…
— Ce n’est pas la petite fille là que tu avais dit n’être personne ?
—
— Va me chercher la clé de mon studio, tu viens me la remettre
Je la fixe dans les yeux.
— Va me chercher mes clés, insiste-t-elle, comme tu crois que tu es trop un homme, tu iras faire ton désordre hors de ma concession.
Je tourne mes talons et sors de la pièce. Je l’entends parler dans mon dos.
— Je n’ai jamais vu un petit garçon qui couche on dirait un obsédé sexuel. Tous les jours. Même les vraies gens se fatiguent mais le bangala de l’enfant là rien. C’est la grossesse ou la maladie que j’attends, et tu dégageras définitivement de ma maison, je verrai tous mes parents, tu ne vas pas me reconnaître. Tout ça c’est ton père qui t’encourage dans les conneries. J’avais bien dit que tu ne devais pas sortir de la maison là. Non c’est un grand garçon et il a besoin de son espace, voilà les conséquences, même le motel ne reçoit pas autant de monde par semaine.
Je sors de la maison pour le studio et je claque la porte derrière moi. Dire que je suis en colère présentement est un euphémisme.
Entre ma mère et moi, ce n’est pas l’amour fou, et ce depuis que je suis tout petit. Je n’ai jamais su pourquoi elle ne m’a jamais aimé. Nous sommes trois enfants, je suis celui du milieu, mais j’ai toujours eu l’impression de ne pas être vraiment son enfant.
En tout cas, je me suis posé la question à plusieurs reprises, surtout à cause de la différence de traitement entre mes frères et moi. De sa part, je n’ai jamais reçu autre chose que de la tolérance, et cela a fini par se traduire par des affrontements et des clashs entre nous à la maison.
Nous avons eu droit à plusieurs réunions familiales à cause de nos conflits, et mon père m’a interdit de lui répondre quand elle me gronde. C’est pour cette raison que je ne le fais plus.
Je trace dans ma chambre récupérer mon téléphone et j’appelle mon père.
— Allô ? dit-il en décrochant.
— Ta femme m’a chassé du studio, annoncé-je.
Il soupire.
— Je vais régler ça à mon retour.
— Ok.
Clic ! Je balance le téléphone sur le lit et je soupire grandement par la bouche pour évacuer la tension dans mon corps…