Chapitre 1

Ecrit par Ellie chou

Ornela Baroan naquit dans une famille modeste vivant à yopougon yao ci quartier précaire d’Abidjan,capitale économique de la  Côte d’Ivoire. Fille unique de son  père Maxime Baroan qui les a abandonné à sa naissance sa mère et elle, dépassée par la vie, Ornéla grandie dans un environnement où l’amour manquait cruellement. Sa mère, Émilienne Yapi, une vendeuse de beignets au grand marché, se battait jour et nuit pour joindre les deux bouts. Pourtant, malgré ses sacrifices, il lui était difficile de donner à sa fille l’affection dont elle avait besoin, car pour elle Ornéla etait une malédiction, elle n'avait jamais pardonner a sa fille qui selon elle etait la cause de l'abandon de l'homme qu'elle aimait tant.

Son père, un homme volage, était parti lorsqu’elle avait à peine un an, laissant derrière lui une femme brisée et une enfant marquée par l’abandon. Dès son plus jeune âge, Ornela apprit que dans ce monde, personne ne restait. Personne ne protégeait vraiment.

À l’adolescence, Ornela était une belle jeune fille, élancée, avec des traits fins et des yeux envoûtants. Mais derrière cette apparence se cachait un profond mal-être. À quinze ans, elle chercha l’amour dans les bras d’un garçon plus âgé, croyant enfin avoir trouvé quelqu’un qui la protégerait. Mais il ne tarda pas à la trahir, la laissant seule après l’avoir utilisée. Ce fut sa première grande blessure sentimentale.

Peu après, sa mère tomba gravement malade. Avec les maigres revenus du commerce, les factures médicales devinrent un fardeau insoutenable. Ornela, alors en classe de première, dut abandonner l’école pour travailler. Mais malgré tous ses efforts, l’argent manquait toujours, et la santé de sa mère devenait pire de jour en jour.

C’est à ce moment-là qu’une "amie", Cynthia, lui proposa une solution facile : "Tu es belle, Ornela. Les hommes payeraient cher pour être avec toi. Regarde-moi, je ne manque de rien."

D’abord choquée, Ornela refusa. Mais chaque jour, la réalité la rattrapait. Sa mère souffrait, les dettes s’accumulaient, et la faim creusait son ventre. Finalement, après des semaines d’hésitation, elle céda.

La première fois fut une déchirure. Un hôtel minable, un homme plus âgé, des billets laissés sur la table de nuit. Elle était rentrée chez elle en larmes, se détestant plus que jamais. Mais lorsqu’elle tendit l’argent à sa mère pour payer les médicaments, celle-ci la remercia avec soulagement, sans se douter de l’origine de la somme.

Ce fut ainsi que la spirale commença. Une fois. Puis deux. Puis dix. À force de se donner aux hommes , la douleur s’émoussa, et elle se convainquit que c’était juste un travail, une manière comme une autre de survivre. Elle se mit à fréquenter d’autres filles du milieu, s’habituant à la nuit, aux regards lubriques, aux mensonges qu’elle se racontait pour supporter sa propre réalité. Sa mère décida de se rendre au village pour se soigner, laissant Ornéla livré à elle même. 

Les années passèrent, et Ornela devint une femme recherchée. Son charme et son élégance lui attirèrent des clients fortunés. Elle n’était plus la petite fille naïve d’Abidjan. Désormais, on l’appelait "Perle Noire", une femme que les hommes désiraient, mais que personne ne respectait vraiment. Ornela quitta le quartier pour se prendre un studio américain avec le confort absolu.

Pourtant, derrière les vêtements luxueux et les parfums coûteux, elle restait une âme brisée. À chaque nuit passée dans les bras d’un inconnu, elle sentait son cœur s’éteindre un peu plus.

Alors qu’elle fixait son reflet dans un miroir, une pensée lui traversa l’esprit : "Est-ce vraiment ça, ma vie ?"


La géreuse de Bizi