
Chapitre 2
Ecrit par Ellie chou
Ornela Baroan s’était convaincue que sa vie était une forme de liberté. Elle croyait avoir fait un choix, celui de ne dépendre de personne, de contrôler son destin, de tirer profit des hommes au lieu d’être leur victime. Après tout, n’était-ce pas ce que la société lui avait toujours montré ? L’argent ouvrait toutes les portes. L’amour était une illusion. Et la liberté appartenait à ceux qui savaient jouer selon leurs propres règles.
Ornela avait aimé une fois. Ou du moins, elle l’avait cru. Un homme, différent des autres, plus attentionné, plus doux. Il disait l’aimer, lui offrait des cadeaux, la traitait comme une reine. Pendant un instant, elle s’était prise à rêver d’une autre vie, loin des chambres d’hôtel et des regards avilissants.
Mais l’amour, tel qu’elle l’imaginait, n’existait pas pour les femmes comme elle. Elle le découvrit brutalement lorsqu’elle surprit cet homme en compagnie d’une autre, une fille "respectable", une femme qu’il comptait épouser.
— "Ornela, tu sais bien que tu n’es pas une femme à marier."
Ces mots résonnèrent en elle comme une condamnation. Il ne l’avait jamais aimée. Elle n’était qu’un divertissement, une parenthèse exotique dans sa vie bien rangée. Ce jour-là, elle jura de ne plus jamais croire en l’amour.
L’argent coulait à flots. Ornela n’avait plus à s’inquiéter des factures, elle pouvait s’acheter des vêtements de luxe, voyager, dîner dans les plus grands restaurants. Ses "amis" l’enviaient, ses clientes la jalousaient.
Mais l’argent n’achetait ni le respect ni le bonheur.
Car malgré tout ce qu’elle possédait, elle se sentait toujours vide. Les cadeaux perdaient leur éclat. Les fêtes devenaient des mascarades. Chaque matin, elle se réveillait avec une sensation d’oppression, comme si l’or qu’elle accumulait ne servait qu’à masquer un abîme sans fond.
Elle aurait tout donné pour échanger ses nuits contre un peu de paix intérieure.
Ornela aimait dire qu’elle était une femme libre. Libre de son corps, libre de ses choix. Personne ne lui dictait sa vie.
Mais au fond, était-elle réellement libre ?
Elle ne pouvait pas aimer sans être jugée. Elle ne pouvait pas arrêter sans craindre de perdre son confort. Elle dépendait de cet argent facile et de ces hommes qui la consommaient comme un produit de luxe. Chaque soir, elle devait sourire, séduire, plaire, même quand elle n’en avait pas envie.
Elle était prisonnière d’une cage dorée.
Un soir, alors qu’elle rentrait chez elle après une nuit particulièrement éprouvante, elle s’arrêta devant son miroir. Elle observa son reflet, cherchant désespérément la jeune fille qu’elle avait été autrefois.
Mais tout ce qu’elle voyait, c’était une femme fatiguée, usée par une vie qui lui échappait.
Elle posa une main tremblante sur son cœur et murmura :
— "Tout ça... à quoi ça sert ?"
Ce fut la première fois qu’elle osa remettre en question tout ce en quoi elle avait cru.
A suivre.