Chapitre 2

Ecrit par Ellie chou

**Chez les Diallo*

-Fatima était accroupie dans la cour, entrain d’étendre du linge, lorsque son père rentra. 

À sa démarche hésitante, elle sut immédiatement que quelque chose n’allait pas.

— Fatima, viens ici, ma fille.

Sa mère sortit de la cuisine, s’essuyant les mains sur son pagne, et s’approcha.

— Que se passe-t-il, Ibrahim ?

Il prit une longue inspiration, comme s’il cherchait les bons mots.

— J’ai reçu une proposition de mariage pour Fatima.

Le cœur de la jeune femme rata un battement.

— Une proposition… ?

Dans leur famille, une proposition signifiait généralement une décision déjà prise.

— De qui s’agit-il ? demanda Aïssata, les sourcils froncés.

— La famille Al-Farouk. 

Leur fils Idriss  est rentré au pays après une longue durée à l'étranger pour ses études. 

Maintenant qu'il a eu ses diplômes et qu'il sera  la tête de l'entreprise familiale, ils veulent une femme pour lui et leur choix s'est porté sur notre fille. 

Un silence pesant s’installa.

— Les Al-Farouk ? répéta Aïssata, comme si elle n’y croyait pas. 

Ibrahim, ces gens-là sont riches, et  puissants. Pourquoi voudraient-ils de notre fille ?

Fatima n’osait pas parler. 

Son père continua :

— Ils veulent une épouse pieuse pour leur fils. 

Une femme qui saura tenir leur foyer dans la tradition.

Un poids s’abattit sur les épaules de la jeune femme.

 Elle comprit immédiatement ce que cela signifiait : ils ne cherchaient pas une épouse pour leur fils, mais une femme qui correspondrait à leur idéal familial.

— Et moi ? souffla-t-elle. 

J’ai mon mot à dire dans tout ça ?

Son père baissa les yeux.

— J’ai donné mon accord.

Fatima sentit un frisson la parcourir.

— Tu as donné ton accord sans même me demander mon avis ?

Aïssata posa une main sur l’épaule de sa fille, sentant sa détresse.

— Ibrahim… Ce n’est qu’une enfant.

— Une enfant qui doit grandir, répondit-il d’un ton ferme. 

Fatima, tu es une bonne fille, tu seras une bonne épouse. 

Ce mariage sera ta chance.

***Chance???? 

Ce mot résonnait amèrement en elle. 

Était-ce vraiment une chance, ou une prison dorée ?

A suivre.

Un mariage forcé