Chapitre 1 : L’aube d’une vie brisée

Write by Ellie chou

Le village était encore enveloppé dans la brume matinale lorsque Marguerite Kouassi referma doucement la porte de la chambre où dormaient ses trois enfants.

Elle prit une profonde inspiration, tentant de contenir le flot d’émotions qui menaçait de l’engloutir.

Son regard se posa sur le lit vide à ses côtés, là où Henri dormait autrefois, là où il la rassurait chaque soir d’un simple sourire.

Mais Henri n’était plus là. Son absence résonnait comme un cri silencieux dans chaque recoin de la maison.

Dans la cour, des murmures s’élevaient parmi les voisins venus présenter leurs condoléances. Marguerite, vêtue d’un simple pagne noir, s’avança lentement.

Son regard était perdu, ses traits tirés par la fatigue et le chagrin. Tout était allé si vite. Une simple fièvre, quelques jours d’agonie, et puis l’inévitable.

Henri était parti, laissant derrière lui une femme et trois enfants, dont la plus jeune, Élise, n’avait que quatre ans.

Le cri perçant de Madeleine Kouassi, la belle-mère de Marguerite, brisa le silence du matin. « Nous voulons parler ! » déclara-t-elle d’une voix tranchante, s’avançant vers Marguerite avec son mari, Victor, à ses côtés.

Marguerite se redressa, sentant son cœur se serrer. Elle savait que ce moment viendrait.

Elle savait que la famille d’Henri ne l’avait jamais totalement acceptée. Mais elle ne s’attendait pas à ce qui allait suivre.

« Tu n’es plus rien ici, Marguerite, » lança Victor d’un ton sec. « Henri était notre fils. Tout ce qu’il possédait appartient à sa famille. Tu n’es qu’une étrangère. »

Un murmure d’indignation parcourut l’assemblée. Marguerite sentit ses jambes trembler.

Elle regarda autour d’elle, cherchant un soutien, un regard compatissant. Mais personne ne parla.

« Vous ne pouvez pas faire ça ! » s’exclama-t-elle d’une voix brisée. « C’est ma maison, celle que j’ai bâtie avec mon mari ! C’est ici que vivent nos enfants ! »

Madeleine croisa les bras, son regard dur comme la pierre. « Tes enfants sont les nôtres aussi, mais toi… toi, tu n’es plus la bienvenue. »

Sans attendre de réponse, Victor fit signe à deux hommes robustes qui pénétrèrent dans la maison et commencèrent à sortir les affaires de Marguerite et de ses enfants.

Marguerite sentit les larmes lui brûler les yeux. Elle se précipita pour arrêter les hommes, mais une poigne ferme l’arrêta net.

« Ne rends pas les choses plus difficiles, Marguerite, » murmura une voix dans son dos. C’était un oncle d’Henri, un homme qui l’avait toujours respectée, mais qui aujourd’hui baissait la tête, impuissant face à la tradition.

Les pleurs d’Élise résonnèrent à l’intérieur de la maison. La petite venait de se réveiller et cherchait sa mère.

Marguerite se dégagea d’un geste brusque et courut vers sa fille. Elle la serra contre elle, murmurant des paroles apaisantes.

Julien, l’aîné de la fratrie, serra les poings. À douze ans, il comprenait déjà l’injustice qui s’abattait sur eux. Isabelle, quant à elle, ne pouvait retenir ses larmes.

Quand enfin tout fut terminé, Victor s’avança une dernière fois. « Pars, Marguerite. Pars avant que nous ne décidions de te retirer aussi tes enfants. »

Le sang de Marguerite ne fit qu’un tour. Retenir ses enfants ? Cette menace lui donna la force dont elle avait besoin. Elle se releva, le regard brûlant de détermination.

« Vous pouvez me prendre cette maison, vous pouvez me dépouiller de tout ce que nous avons construit, mais une chose est sûre : mes enfants, vous ne les toucherez jamais. »

Elle prit Élise dans ses bras, attrapa la main d’Isabelle, et fit signe à Julien de la suivre. Ils quittèrent la maison sous les regards silencieux des villageois, le cœur brisé, mais la tête haute.

Ce matin-là, sous le ciel pâle d’un nouveau jour, Marguerite et ses enfants marchèrent sans se retourner, abandonnant derrière eux tout ce qu’ils avaient connu.

Mais une promesse naquit en elle à cet instant précis : quoi qu’il arrive, elle se battrait pour offrir un avenir digne à ses enfants.

Ainsi commença l’histoire d’Élise, dans la douleur, l’injustice et l’arrachement......

A bientôt. 

Le combat d'une vie...