Chapitre 8 : Éloignement

Write by Ellie chou

Le vent froid de novembre balayait les rues de Paris, transportant avec lui une fine bruine qui rendait l’atmosphère encore plus mélancolique.

Jean-Philippe marchait d’un pas rapide sur les pavés humides, le col de son manteau relevé pour se protéger du froid. Son téléphone vibra dans sa poche. 

Il le sortit, espérant voir un message de Mariana. Mais ce n’était qu’un rappel de réunion.

Il soupira et entra dans son bureau, situé au dernier étage d’une agence d’architecture en plein cœur de la capitale. 

Les plans du nouveau projet sur lequel il travaillait étaient éparpillés sur son immense table en bois massif.

Il s’agissait d’un complexe moderne pour un quartier d’affaires en pleine expansion. Pourtant, malgré l’importance du projet, son esprit était ailleurs.

À New York.Chez  Mariana.

Cela faisait maintenant trois mois qu’elle était partie. Trois mois qu’ils tentaient de faire fonctionner leur relation à distance. 

Les appels se faisaient de plus en plus courts, les messages espacés. 

La vie effrénée de New York avait avalé Mariana tout entière, et Paris retenait Jean-Philippe avec la même force.

Lui qui avait renoncé à son poste à Dubaï pour se consacrer à des projets plus personnels, il avait finalement accepté une opportunité à Paris. 

Un retour aux sources, un projet qui lui tenait à cœur, mais qui le tenait aussi loin d’elle.

---New York, quartier de SoHo,

Mariana traversait son atelier d’un pas pressé, son téléphone collé à l’oreille.

— Jean-Philippe, tu es là ?

— Oui, désolé, je suis en réunion.

Elle soupira en attrapant une toile et en la retournant contre le mur.

— J’avais juste besoin d’entendre ta voix.

Il y eut un silence à l’autre bout du fil.

— Moi aussi, finit-il par dire.

Elle ferma les yeux.

— On ne se parle presque plus.

— Je sais… 

Le silence s’étira, pesant.

— Tu es heureux à Paris ? demanda-t-elle doucement.

Jean-Philippe hésita.

— Je fais ce que j’aime. Et toi ?

Elle laissa échapper un petit rire sans joie.

— New York est… intense. Chaque jour, je me bats pour me faire une place. 

Mais parfois, j’ai l’impression de courir après quelque chose d’inatteignable.

— Tu es une artiste incroyable, Mariana. Tu réussiras.

— Et nous, Jean-Philippe ?

Cette question suspendit le temps. Il se leva de son bureau et fixa la fenêtre, regardant la pluie tomber sur Paris.

— Je ne sais pas… avoua-t-il enfin.

Mariana sentit une douleur sourde lui serrer la poitrine.

— Alors peut-être qu’on devrait arrêter d’essayer.

Jean-Philippe ferma les yeux. Il savait que ce moment arriverait. Il savait qu’ils s’éloignaient, inexorablement.

— Est-ce vraiment ce que tu veux ? demanda-t-il, la gorge serrée.

— Non. Mais est-ce que ça a encore un sens ?

Un long silence s’installa entre eux.

— Je t’aime, Mariana, murmura-t-il.

Elle ferma les yeux, laissant une larme rouler sur sa joue.

— Moi aussi.

Mais parfois, l’amour ne suffit pas à retenir deux âmes qui suivent des chemins différents.

La communication se coupa. Mariana resta un moment immobile, le téléphone toujours dans sa main. 

Puis elle prit une grande inspiration et se remit à peindre, comme pour étouffer la douleur qui menaçait de l’engloutir.

À Paris, Jean-Philippe resta assis dans le silence de son bureau, fixant l’écran de son ordinateur sans vraiment le voir.

L’éloignement avait gagné la bataille.

Mais la guerre entre le cœur et la raison était loin d'être terminée.


 

A bientôt.

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